‹ La responsabilité médicaleChapitre 23 sur 105 · QUELLES SONT LES LIMITES DU SECRET MÉDICAL · texte numérisé non relu

QUELLES SONT LES LIMITES DU SECRET MÉDICAL

tout ce monde portait répée,etpar conséquent les duels, les rixes et les assassinats se répétaient si souvent que Boileau fait de la capitale ce tableau charmant (1) :

Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est, au prix de Paris, uu lieu de sûreté, Malheur doue à celui qu'une affaire imprévue Engage un peu trop tard au détour d'une rue !

Cet édit n'était applicable qu'à Paris, et toutes les fois qu'il y eut des troubles, sous la Révolution ou l'Empire, on songea à l'appliquer; du reste, il n'a jamais été abrogé.

Le 9 juin 1832, après les journées des 5 et 6 juin, le préfet de police Gisquet fît afficher une ordonnance, aux termes de laquelle les chirurgiens des hôpitaux devaient donner le nom des insurgés blessés, soignés dans leur service. Cette ordonnance souleva dans le corps médical une indignation générale que Dupuytren a bien interprétée, quand il répondit à celui qui venait chercher des renseignements : « Je n'ai pas vu d'insurgés dans mes salles d'hôpital, je n'ai vu que des blessés. »

Celte formule doit être la nôtre, et il est bien certain qu'aujourd'hui, il serait impossible de faire revivre cet antique édit, qui blesserait les sentiments de toute la population.

Je vous ai dit. Messieurs, que cette ordonnance de police ne valait que pour Paris ; cependant, il y a trois semaines environ, j'ai reçu une lettre d'un médecin de la Guadeloupe, qui se plaint qu'une ordonnance analogue soit encore appliquée dans toute sa rigueur. Cela tient sans doute à ce que jusqu'à ces dernières années les colonies étaient sous la dépendance de la marine et que les indigènes et les colons étaient regardés un peu comme des insoumis. J'ai écrit à ce sujet au ministre des colonies et j'attends sa réponse.

Vous avez remarqué dans le texte de l'article 378 ces mots : «. Hors le cas où la loi les oblige à se porter dénon-

(1) Boileau, Satire des Embarras de Paris.

ciateurs ». Autrefois, le médecin devait dénoncer les complots contre l'Empereur, contre la sûreté de l'État et le crime de fausse monnaie. Ces articles ont été abrogés par la loi du 28 avril 1832.

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