PREFACE. VII
qu'en d'autres pays. Elle a une conséquence regrettable.
A la première heure, la société a fait appel à ceux qui détiennent une part quelconque de l'autorité chargée de la proléger.
Obéissant presque de suite à la seconde impression, la société se défie de ceux qui ont mission de remplir la fonction qu'elle vient de leur confier. Qu'il s'agisse de l'agent inférieur, du sergent de ville, ou de l'avocat général, peu importe, il est suspect, en tout cas il ne sera jamais populaire.
Le médecin se trouve souvent associé à ces actes invoqués comme tutélaires par la société. Il en est ainsi du médecin expert près les tribunaux, du médecin hygiéniste ayant mission de protéger la santé des ouvriers qui travaillent dans une industrie dangereuse, ou d'indiquer à une agglomération les mesures capables de prévenir ou de faire cesser une épidémie. Son impopularité égale celle du commissaire ou de l'avocat général.
Il en est de même dans les actes de la vie ordinaire, alors que le médecin agit comme protecteur de la santé d'une famille ou d'une personne.
Pendant la première période, alors que la maladie n'est pas encore sous la main de la thérapeutique, les témoignages d'affection sont prodigués ; mais même si le malade guérit, qu'il surgisse une question incidente, celle des honoraires ou toute autre, le sentiment de protestation se manifeste.
Il n'en est pas toujours ainsi, je le sais, mais quand la maladie s'est terminée d'une façon fâcheuse, quand la famille n'a pas obéi à ce second sentiment, elle vous le dit, elle s'en fait gloire, elle est fière de ne pas avoir succombé à la tentation. Tant il est vrai que ce même sentiment existe chez tous!