‹ La responsabilité médicaleChapitre 88 sur 105 · Secret médical. Fille mineure. Avortement · texte numérisé non relu

Secret médical. Fille mineure. Avortement

Monsieur et très honoré Maître,

J'ai l'honneur de soumettre à votre haute appréciation un cas de déontologie médicale qui a dû se présenter bien rarement, je crois.

En mars dernier, je suis appelé auprès d'une jeune fille pour combattre une hémorragie utérine survenue brusquement, au dire de la mère, à lasuite d'une violente dispute avec une voisine.

Connaissant très bien la conduite légère de la jeune fille, je flaire un avortement, et demande à cette dernière si, depuis quelques mois, ses règles n'étaient pas supprimées. Elle m'avoue que oui et me supplie de n'eu rien dire.

Devant la mère qui ne me demande pas le pourquoi, j'examine minutieusement tous les caillots, à la recherche d'un embryon que je ne trouve pas. Jinstitue le traitement d'usage et recommande pour être fixé qu'on ne jette absolument rien sans me l'avoir présenté.

Le lendemain, pendant que la mère et la sœur aînée étaient occupées dans la chambre, la jeune fille me montre le placenta, qu'elle fait ensuite rapidegient disparaître dans son lit.

Le o août courant, je suis appelé de nouveau auprès de la même personne pour une nouvelle perte assez considérable. La jeune fille me soutient énergiquement que depuis le mois d'avril, elle n'a cessé d'avoir tous les mois une perte plus ou moins irrégulière et que par conséquent elle ne croit pas être grosse.

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