‹ La responsabilité pénale des toxicomanesChapitre 13 sur 27 · SD. : EUR · texte numérisé non relu

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Enfant de l’Assistance Publique, elle ne connaît rien de sa famille. Après une enfance normale, marquée des maladies banales de cet âge, elle vint à Paris à 17 ans « comme dame de compagnie ».

Là, rapidement elle se débauche. A 21 ans, on l’opère de salpingite; à 26 ans, elle contracte la syphilis.

Lancée de bonne heure dans le théâtre, elle devient ensuite danseuse et s’exhibe pendant quelques années à « l'Abbaye de Thélème » et au « Pigal/s ». Puis nous la trouvons gérante d’un bar de nuit, après quoi elle vit avec un ami qui lui fait apprendre le métier de manucure. Abandonnée par son ami, elle exerce ce métier auquel elle a adjoint le massage chez les artistes qu’elle avait connus dans ses jours de splendeur. Elle est actuellement bonne à tout faire chez une femme U..., qui l’a recueillie à sa sortie de prison.

Devenue toxicomane à 28 ans, elle avait coutume de prendre de la cocaïne, de l'héroïne, de l’opium et du laudanum, et de ce fait était plusieurs fois passée en justice. Mais en raison de ses condamnations antérieures et de son manque d'argent, elle ne prerd plus que du laudanum.

Elle explique le vol qu’elle a commis par le désir d’obvier à son impécuniosité et la nécessité de se procurer du laudanum.

Elle estd’ailleurs en mauvais état général, son pouls est rapide, sa langue sale, et elle se plaint d’angoisses et d’insomnies qu’elle attribue à son manque de toxique.

Ses flancs et ses cuisses sont couverts des cicatrices d’abcès habituelles chez les toxicomanes invétérés.

L'expert la déclare responsable, laissant au Tribunal le soin d'apprécier la valeur de circonstance atténuante de sa déchéance physique actuelle.

Cette observation illustre bien la déchéance progressive du toxicomane. De chutes en chutes, il en ar-

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