SUBSTITUTION
\ A cause de la surveillance exercée dans la prison du Tem-
Île, il eût été, sinon impossible, du moins très difficile d'efectuer l'enlèvement sans substitution. Avec la substitution il devenait aisé, moins dangereux surtout. Car un enfant à peu près de même âge et de même figure, dans une pièce sombre, trompait infailliblement l'œil des geôliers pendant le temps nécessaire à la fuite. Las émissaires du prince de Condé conduisaient l'enfant en lieu de sûreté, s'éloignaient et se mettaient à l'abri des poursuites de la police. Sans substitution, l'enlèvement pouvait être immédiatement découvert et entravé. La substitution eut donc lieu, ainsi que l'a dit la femme Simon. Nous allons demander à d'autres la confirmation du même fait, des détails et le nom du substi-
Preuve*.
Pièce 19. — M. J... B... Baillot, ex-sommelier de Louis XV11I, déclare :
« A l'époque de la prétendue mort du Dauphin, un nommé Lapierre, porte-clefs au Temple, me déclara que le fils de Louis XVI ce avait été remplacé dans sa prison par un autre «nfant. »
Pièce 20.— « Le conventionnel, Prieur, de la Côte-d'Or, membre du comité de salut public, a plusieurs fois avoué à M. X..., ancien pair de France, qui lui-même l'a répété à M. B..., ex-préfet, à propos de M. de Richemont :
«Qu'il était très certain ae l'enlèvement du Dauphin du Temple et de la substitution d'un autre enfant à sa place; que l'enfant mort au Temple, à la date officielle du 20 prairial, 8 juin 1795, était le substitué. »
« Paris, le 12 avril 1850. Signé : Fovatier.»
Pièce 21.— Le 30 janvier 1849, madame veuve P...., demeurant à Paris, rue d'Assas, déclare :
«De 1820 à 1822, je travaillais en qualité de couturière ■ chez madame la comtesse de Bussenne, demeurant alors rue du Four, en face de la rue des Canettes : un monsieur, qui semblait âgé de cinquante ans, se présenta sous le nom de M- le baron de Tardif: je me rappelle bien son nom, car c'est moi qui l'annonçai. Ce monsieur dit « qu'il arrivait de Milan ; qu'il y avait vu le prince fils de Louis XVI ; » il ajouta, après avoir demandé à madame s'il pouvait parler