‹ La Restauration convaincue d'hypocrisie, de mensonge et d'usurpation de complicité avec les souverains de la SainteAlliance ou preuves de l'existence du fils de Louis XVIChapitre 13 sur 54 · EMPOISONNEMENT BU DOCTEUR DÊJSÀULÏ · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT BU DOCTEUR DÊJSÀULÏ

L'enfant substitué était scrofuleux et naïade , dès le jour de son introduction au Temple, v9 janvier l794, J comme le certifie son père, et c'est seulement le 47 floréal ai v«i, 6 mai 1795, dix^nuit mois après la sortie des Simon, que le Comité, forcé par les rapports réitérés des gardiens, songe à s'occuper de lui. Unelelle insouciance s'expliquerait-elle si le prison nier idei cette époque eût été le filsde Louis XVI, qui, suivant l'expression^ u secrétaire de Barras, wécE 16, était « la sau- ^egarde des républicains, » et on otage ^conserver soigneur

Le 17 floréal an m, le docteur Desault, premier chirurgien de l'Hôtel-Dieu, recevait un arrêté ainsi conçu:

« DuHfloréal an m, «—6 mai .795,— delà République une et indivisible.

• « Le Comité de sûreté générale, instruit par les rapports des Çardiens de Penfant Capet qu'il éprouve une indisposition et des infirmités qui paraissent prendre un caractère grave, arrête que le premier officier de santé de l'hospice d'Humanité se transportera auprès du malade, pour le visiter et lui administrer ies remèdes nécessaires; il ne pourra faire sa visite qu'en présence des gardiens.

« Les représentants du peuple composant le Comité J de sûreté générale, Signé: Mathieu, Pemartin, Auguis, Sevestrî, Kervelegan, Pierre Guyomard, Penin, Calée. »

Remarquez ces termes de l'arrêté : a il ne pourra faire sa

Desault. Craignait-on qu'il ne favorisât l'évasion ? Mais il^ avait assez de guichets, de surveillants et vie troupes pour rassurer ; et puis d'ailleurs ce n'était plus le Dauphin, et totft indique qu'on te savait. Craignait-on que Desault ne soignât trop bien Penfant , ou ne blâmât ouvertement les procédés dont on avait usé envers lui. Alors on ne l'aurait pas nommé. Avait-on peur qu'il ne le fit périr? Desault se pouvait étte soupçonné d'une telle action, ni lé Gouvernement d ? o ne telle crainte. La restriction n'a donc plus que deux motifs raiso»nables, ou celui de faire croire, à force de précautions afïec- -tées, que Ten fa nt était encore le fris de Louis XVI, ou bien d'empêcher, au moyen des gardiens, Desault, qui avait* vu

plusieurs fois le jeune prince avant le 10 août 1702 , qui avait soigné le Dauphin aîné, mort à Meudon en 17*9, de faire transporter l'enfant dans un lieu moins obscur, d'observer sa physionomie, de l'interroger et de découvrir la fraude. Dans tous les cas, la restriction est significative.

En exécution de l'arrêté transmis régulièrement au docteur, il se rendit au Temple, visita l'enfant qu'on lui pré* senta, et s'apercevant immédiatement qu'il n'était pas le fils de Louis XVI, il en témoigna son étonnement aux gardiens et leur fit diverses questions auxquelles ils ne surent ou, ne voulurent pas répondre. Après plusieurs jours d'hésitation, de recherches, d'investigations et de démarches, Desault envoya son rapport au Comité. 11 y déclarait: « que l'enfant qu'il venait de visiter, d'après l'invitation du gouvernement, n'était pas le dauphin , qu'il connaissait pour l'avoir vu à Meudon et ailleurs, avant le 10 août 1792. »

Lors de la délégation du 6 mai, le Comité ignorait-il l'évasion et la substitution ? Ou, la sachant, pensait-il que -Desault se méprendrait sur l'identité, ou au 1 accompagné des gardiens il n'oserait s'expliquer, ou qu'enfin la crainte des vengeances de la Convention le retiendrait? Comptait-il sur sa complaisance? Si le Comité ignorait l'évasion, il dut être étrangement surpris du rapport de Desault, et dut chercher immédiatement les moyens d'arrêter l ébruitement de cette révélation compromettante. S'il comptait sur sa crainte ou sa complaisance, il se trompa. Dans tous les cas, Desault devenait un témoin redoutable dont il fallait se débarrasser. Sa perte résolue, il Ait invité à un repas donné par les Conventionnels» Au sortir de table, à peine rentré chez lui, il est pris de violents vomissements, meurt, et sa famille et ses amis demeurent convaincus et attestent qu'il a été empoisonné.

Preuves.

Pièce 23. — Madame veuve Thouvenin, nièce dn docteur Desault écrit:

« Je, soussignée, Agathe Calmet, veuve de Pierre- Alexis Thouvenin, demeurant à Paris, place de l'Estrapade, 34 ;

« Déclare que, du vivant de M. Thouvenin, mon mari, neveu de M. le docteur Desault, j'ai souvent entendu madame Desault, ma tante, me raconter que le 17 floréal au m de la Ré-

Jmblique, mai 1795 , le docteur Desault, chirurgien en chef de 'Hôtel-Dieu, fut appelé pour visiter «l'enfant Capet, » qui était à cette époque enfermé au Temple, ce sont les expressions dont se servirent les membres du Comité de sûreté générale de la Convention dans Tordre écrit qui fut transmis à M. Desault. :j uK .1 -,

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