‹ La Restauration convaincue d'hypocrisie, de mensonge et d'usurpation de complicité avec les souverains de la SainteAlliance ou preuves de l'existence du fils de Louis XVIChapitre 18 sur 54 · II. — DISCUSSION · texte numérisé non relu

II. — DISCUSSION

Sont-ce là, je le demande, non pas seulement à l'esprit de critique et d'observation, mais au sens commun le plua vuW gaire, sont-ce des circonstances et des faits propres à établir que l'enfant mort au Temple était le fils de Louis XVI?

Non , évidemment non.

Car,

Si c'eût été le fils de Louis XVI,— après avoir, antérieurement au I* janvier 4794, constitué un gardien spécial , exigé de Simon une surveillance active sévère, cruelle, le Gouvernement, changeant toui-à-coup de système au départ de Simon, aurait-il supprimé le gardien spécial, abandonné Tentant pendant six mois à des commissaires presque inconnus, renouvelés chaque jour, et à la vigiteace desquels il ne devait ni ne pouvait se fier? — Non.

Ou il avait des remonta de sa conduite envers le prînee, ou il n'en avait pas ; s'il en avait, la prudence conseillait de n'en

rien faire paraître, par conséquent de ne rien changer ouvertement au réaime de la prise* ; s'il n'en avait pas, il fallait choisir un nouvel et unique exécuteur de ses ordres secrets. L'institution d'une surveillance mobile prouve clairement qu'il craignait l'œil d'an geôlier peruianeut, qu'il voulait empêcher l'attention de se fixer sur le prisonnier, et surtout qu'il n'avait plus le même intérêt à le garder ou à le tuer... parce qu'il n'était plus le même enfant.

Mais, peut-on objecter, au bout de six mois le Gouvernement rétablit des gardiens spéciaux ; l'argument tiré de leur suppression est donc sans portée? — Non. Avouera-t-il, cachera-t-il l'évasion? L'avouer, c'est s'exposer à une accusation d'incurie, de connivence et de trahison. La cacher est plus sûr ; sa résolution est arrêtée en ce sens ; l'état maladif du substitué la détermine. Six mois se passent en démarches infructueuses pour arrêter le tilsde Louis XVI et pour trouver des gardiens discrets ou ignorants.

Si c'eût été le fils de Louis XVI, — aurait-on donné de lui ce signalement : « Dos voûté, bras, jambes et cuisses singulièrement allongés aux dépens du buste. » — Non. Car cette description suppose un cou long et une poitrine étroite, tandis que les bustes authentiques du Dauphin montrent qu'il avait le cou court, les épaules larges et la poitrine très développée. Il n'y a pas de tortures capables d'opérer une pareiHe désorganisation osseuse -

Si c'eût été le fils de Louis XVI, — l'aurait-on, malgré les réclamations des commissaires et des gardiens, malgré les rapports des députés conventionnels, délaissé sans médecin depuis le 49 janvier 1794 jusqu'au 6 mai Uyîi? Aurait-on refusé à M. Hue la permission de le soigner? Aurait-on empêché sa sœur d'approcher de lui? — Non.

Le Gouvernement avait antérieurement, il est vrai, recommandé de faire périr le jeune prince à force de mauvais traitements, mais, par simple pudeur politique, il n'aurait pas osé violer à ce point l^s principes de l'humanité, s'il n'avait eu la certitude que le médecin, que M. Hue, que Marie Thérèse verraient dans le malade un enfant étranger.

Si c'eût été le fils de Louis XVI, — aurait-on choisi pour lui donner des soins des médecins qui, excepté Desault, victime de sa franchise, ne l'avaient jamais vu, tandis qu'il existait encore une foule de médf ciusde sa famille? — Non.

Si c'eût été le lils <le Loui* XVI, — aurait-on, pour dérober sa figure à toute investigation, affecté de le reléguer au fond d'une pièce obscure, et rétabli les abat-j >ur precédemmeut enlevés? — Non.

Si c'eût été le fils de Louis XVI, — serait-il, de bruyant qu'il était, devenu subitement muet? — N jn.

Si c'eût été le ti $ de LonisXVl, — serait-il mort <c d'un

vice scrofuleuï existant depuis longtemps, » lai qui, de notoriété publique, n'en était point atteint, lui si pétulant, si ▼if, si gai, caractère essentiellement différent de celui des personnes affectées de cette maladie? — Non.

Si c'eût été le fils de Louis XVI , — les termes du procèsverbal d'autopsie seraient-ils vagues au point de n'affirmer ni Tâge, ni l'identité? — Non.

Si c'eût été le fils de Louis XVI, — l'aurait-on mis dans le cercueil à une heure du soir assez avancée pour qu'il fût impossible de distinguer ses traits? L'aurait-on transporté au cimetière clandestinement et sans appareil funèbre? — Non*

11 était au contraire du devoir et de l'intérêt du gouvernement de requérir l'intervention d'hommes qui eussent notoirement connu le fils de Louis XVI, de leur faire constater au grand jour la personnalité du cadavre, et de procéder à l'inhumation avec un certain éclat, ne fût-ce qu'an* n d'apprendre au peuple que la République venait d'être délivrée de l'héritier légitime d'un roi.

Enfin, signalement, mutisme, affection scrofaleuse, procédés du Gouvernement , rien ne s'applique au fils de Louis XVI ; tout convient parfaitement au substitué, au fils du baron de Tardif.

Nous pourrions borner là notre discussion, et elle serait concluante ; mais, tout récemment, on a saisi l'occasion d'un

Î>rocès intenté par les héritiers d'un aventurier à madame a duchesse d'Angoulême pour rajeunir les vieilles objections des complaisants de la Restauration ; nous allons les réfuter malgré leur faiblesse.

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