‹ La Restauration convaincue d'hypocrisie, de mensonge et d'usurpation de complicité avec les souverains de la SainteAlliance ou preuves de l'existence du fils de Louis XVIChapitre 23 sur 54 · PREMIER ASILE DU DAUPHIN · texte numérisé non relu

PREMIER ASILE DU DAUPHIN

La nécessité de lier entre elles les diverses circonstances qui font de l'évasion dnfils de Louis XVI un événement incontestable nous a détourné de l'ordre chronologique; nous y rentrons pour ne plus nous en écarter.

Au sortir de la prison du Temple, le fils de Louis XVI fut condait par Ojardias dans une maison où se trouvaient M. de Frotté et deux dames* dont Tune était madame de Beau harnais, depuis impératrice Joséphine. Daus quelle rue? Combien de temps resta-t-il? Sur ces deux points, heureusement peu importants, il y a divergence complète. Les uns désignent la rue Pbélip peaux, d'autres, la rue Neuve-des- Petits-Champs, uelques-uns, des rues plus retirées; certaines personnes aN rment que l'enfant y demeura plusieurs jours, d'autres» . peu d'heures: le plus intéressé dans la questiou, le fils de Louis XVI, nous apprend dans ses Mémoires d'un Contemparam, p. 55, non d'après ses propres souvenirs, car ii était trop faible et trop malade pour garder mémoire de ce qui se passait alors autour de lui, mais d'après quelques mots échappés au prince de Coudé, recueillis à la dérobée, a qu'il alla rue Phélippeaux, et n'y séjourna qu'un petit nombre d'heures. » C'est en effet ce qu'il y a de plus présumante. Ou nedut être en repos qu'en le voyant hors de Paris. Cependant, iL ne serait pas impossible que la surveillance exercée aux barrières eût contraint M. de Frotté à prolonger son séjour, et qu'afin de mieux dépister la police, le Dauphin eu: changé plusieurs fois de résidence.

Quoi qu'il eu soit, si on n'est pas d'accord sur le lieu et la durée du séjour, on est unanime sur la présence de Joséphine dans la maison choisie.

A cause de l'apparente contradiction de renseignements sur l'endroit précis de la retraite, je me bornerai à établir la présence de Joséphine, objet culminant de ce chapitre.

Pièce. 36. — « Je, soussignée, Marie-Françoise-Duplessia, femme Richard, demeurant à Paris, rue Saint Jacques, 126, déclare sur monàme et conscience que les faits suivants sont vrais et de toute exactitude.

€ Lors du deuxième mariage de l'empereur Napoléon, l'im-

Ï)ératrice Joséphine, ne voulant pas se trouver présente aux êtes et aux Téjouissances qui devaient naturellement avoir lieu en France, quitta secrètement et momentanément son

château de Navarre, et se rendit en Suisse, où elle passa quelques semaines à Montchoisi, près de la petite ville d'Orbe, canton de Vaud, chez madame Duplessis, née comtesse d'Aumale, qu'elle connaissait beaucoup.

« L'impératrice parlait souvent à madame Duplessis, ma marraine, c des malheurs du fils de l'infortuné Louis XVI, de son évasion et des autres vicissitudes de sa vie; elle savait qu'il avait été reconnu par la femme Simon, qu'il avait trouvée aux Incurables... L'impératrice l'avait elle-même vu le jour de son enlèvement du Temple, et revu plus tard à son retour d'Italie •••• f

« Ce fut encore cette princesse qui facilita sa sortie de France, où il n'était plus en sûreté depuis l'arrestation dePichegru, chez lequel on avait trouvé des papiers compromettants.

* Dans le moment où l'on me croyait le plus occupée des jeux de mon âge, — j'avais environ dix ans, — mon attention fut tout-à-coup détournée par l'exclamation suivante faite par ma marraine: Eb quoi! le fils de l'auguste et infortuné Louis XVI existe encore!... — Oui, répondit la princesse, j'en ai la certitude.

« Cette conversation, dont je n'entendis pas la suite, parce que ces dames sortirent du salon, est encore présente a ma mémoire.

« Bien des années se sont écoulées depuis, et après une foule d'événements à la suite desquels je perdis mon mari de vue, Je me suis fixée en France, où je réside depuis 4837.

« En 1843, parut une brochure intitulée : Le Contemporain... Ayant parcouru avec attention cet ouvrage, qu'on disait écrit par le fils de Louis XVI lui-même, je fus étrangement surprise d'y trouver, dans les premières pages, une partie de ce que j avais entendu raconter par l'impératrice Joséphine à ma marraine en 1810.

«. Les connaissances que j'avais acquises en peinture, en travaillant avec mon mari, grand amateur de cet art que j'avais cultivé dans ma jeunesse, m'avaient permis de faire plusieurs portraits qui étaient toujours présents à ma pensée... Après la lecture de la brochure, je desirai ardemment voir l'auteur de cette publication qui m'avait intéressée au dernier point, afin de juçer par moi-même de l'analogie qui devait naturellement exister entre ses traits et ( ceux des augustes victimes de la révolution française.

«Pendant que je cherchais les moyens d'arriver à mon but, la personne qui m'avait confié la brochure et qui en connaissait l'auteur, vint me voir, je lui fis part de mon désir et du motif qui m'engageait à me trouver en présence du personnage... Elle me dit que ce serait assez difficile; qu'elle ferait cependant son possible pour qu'une entrevue pût avoir lieu.

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