‹ La Restauration convaincue d'hypocrisie, de mensonge et d'usurpation de complicité avec les souverains de la SainteAlliance ou preuves de l'existence du fils de Louis XVIChapitre 24 sur 54 · PREMIER ASILE · texte numérisé non relu

PREMIER ASILE

« Quelques mois après, au moment où j'étais occupée dans ma maison qui, à raison de mon commerce, était constamment ouverte à tout venant, un monsieur se présente inopinément chez moi; quoique je fusse loin de me douter de sa qualité, il me parut néanmoins, par sa tenue et ses manières, bien au-dessus de la classe ordinaire, ce qui m'engagea à l'examiner attentivement... Je fus si frappée de sa ressemblance, de face, avec la reine Marie -Antoinette, et de profil, avec le roi martyr, que je ne pus m'enu pêcher de lui raconter alors ce qui m'était arrivé dans mon enfance... Après un entretien dans lequel j'eus occasion de parler de M. Bryon, qui avait présidé la cour d'assises de Paris, et que j'avais vu chez un homme respectable, le personnage me dit qu'il était effectivement la victime qui fut condamnée en 1834, non

{>our être ou ne pas être le fils du roi Louis XVI, incident que a cour s'obstina, malgré son insistance et celle de son conseil, à écarter; mais pour avoir fait un complot avec des complices demeurés inconnus... Il portait alors le nom de baron de Richemont... 11 ajouta que, depuis l'amnistie de 1810, il pouvait paisiblement et ostensiblement résider dans sa patrie, dont les événements et les révolutions l'avaient tenu si longtemps éloigné...

« Pensant qu'une attestation de ma part pourrait être un jour utile à ce rejeton de tant de rois, j'ai signé la présente déclaration que je certifie ne contenir que la vérité.

a Signé : Marie-Françoise Duplessis, femme Richard. « Fait à Paris, le 15 mai de l'an 1844. »

Qu'y a-t-il de plus croyable que le témoignage de l'impératrice elle-même, déclarant à madame la comtesse d'Aumale, son amie, « qu'elle a vu le fils de Louis XVI le jour de son enlèvement du Temple? » Et non-seulement elle l'a dit à celte dame, mais elle l'a répété à la sœur de madame Joubert, qui le raconte dans les mêmes termes, pièce 4, p. 21.

N'est-ce pas évidemment à cette circonstance que se rapporte encore le passage suivant, extrait d'un ouvrage attribué a M. de Canisy, intitulé : ['Empire, ou dix ans sous Napoléon, par un ancien chambellan, tome 111 : « Il courut dans le temps un bruit singulier : on dit qu'au moment de sa dernière séparation, Joséphine sollicita de son époux une conversation secrète... Napoléon n'en répéta rien, Joséphine garda le même silence... Une fois, pourtant, ses enfants la pressèrent de dévoiler ce mystère. « J'ai promis de ne jamais révéler, sans le consentement de Bonaparte, ce que vous souhaitez de savoir, leur répondit-elle; contentez- vous d'apprendre que, dans un moment décisif, j'ai été assez heureuse pour donner à l'empereur an dernier gage de mon amour, en le prévenant d'un fait qui, plus longtemps ignoré de lui, aurait pu avoir plus

FILS DE LOtfS tTl.

tard une itfluênce "sur sa destinée î... Wfts biffants, * les morts ne reposent pas tous dans les tombeaux, êtc. » A ces affirmations non équivoques de la présence de José*

Îihine dans la maison où fut caché le fils de Louis XVI enlevé u Temple, certaines personnes, s'étayant de l'autorité ver^ baie de l'historien des Guerres de ta Vendée , opposent une fin de non-recevoir péremptoire , à leur avis : Joséphine, di* sent-elles, n'a pu se trouver à Pendroit désigné, ni voir le Dauphin le 19 janvier 1794, parce qu'elle était incarcérée à Sainte^ Pélagie depuis 1793.

Cette objection est fondée sur un passage des Hervnitts eh prison, de Jay et Jouy, 2? édit., Paris, Î823, 1er V0 L, p. 63, Se Consolation, Histoire de ma chambre, Chambre u° 4, Saintè -Pélagie, où il est dit, à propos de Joséphine : « Elle fut arrêtée parles hommes de la Terreur, en 4793, et elle est restée « plusieurs» mois à Sainte- Pélagie. » Sacs même vérifier à quelle époque de 93 avait eu lieu l'arrestation, et quelle foi méritaient les paroles de MM. Jouy et Jay, qui, certes, ne sont point historiens, on a eu le tort de faire de 93 une date sacramentelle et des « plusieurs » mois de MM. les H ermites assez de mois pour que Joséphine se trouvât en prison le 19 janvier 1794.

Or, de tout cela, il n'y a pas un mot de vrai, si ce n'est que MM. Jay et Jouy se sont trompés, et qu'on a répété et propagé leur erreur, m\olontairement ou à dessein.

Afin de fournir à l'historien des Guerres de la Vendée et à ceux qui, d'après lui, croiraient fausse l'assertion des Mémoires dun Contemporain relative à Joséphine, une preuve irrécusable de i't'rreur de MM. Jouy et. Jay, nous allons copier l'excellente note tue nous remet M. l'abbé M... :

Pièce 37. — a 11 est constant que Joséphine Tascher de la Pagerie, femme du général Alexandre de Beauharnais, a été incarcérée aux Carmes, comme son mari, qui fut condamné parle tribunal révolutionnaire le 5 thermidor, an u, 23 juillet 1794, et exécuté le 7 d . même thermidor. 11 est certain que Joséphine sortit de la même prison après la chute de Robespierre, c'est-à-dire le 19 thermidor; son élargissement ayant été obtenu par Tallien.

« Mais on veut absolument qu'elle ait habité la prison de Sainte- Pélagie en 1793; on va jusqu'à affirmer qu'elle y fut incarcérée en novembre 1793. M. Barthélémy Maurice, dans son Histoire politique et anecdotique des prisons de là Seine, 1840, est moins affirmai if, lui qui fouilla, par ordre supérieur,' tous les documents conservé» dans les archives publiques.

« Il commence son article sur Sainte-Pélagie, par célébrer cette prison illustrée par la détention de Joséphine; puis, arrivé à cette incarcération, il dit, page 130: « Tous les bio-

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