COMITÉ DE SURVEILLANCE RÉVOLUTIONNAIRE
« Le concierge de la maison d'arrêt des Carmes, — ensuite « les mots: anglaises, rue de l'Oursine sont biffés, — recevra « le citoyen ne Beauharnais femme du gêner suspect, aux « termes de la loi du 17 septembre dernier, pour y être dé- « tenu jusqu'à ce qu'il soit autrement ordonné et par mesure « de sûreté générale.
* Fait au Comité, le 2 floréal 1793, « L'an u de la République française une et indivisible. » — Suivent tes signatures des membres et du président du Comité. —
c Il est évident que la date imprimée, 1793, a été laissée par mégarde, et que Joséphine fut incarcérée le 21 avril 1794. Il est évident que Joséphine avait été dirigée d'abord sur la prison de l'Oursir.e, ce qui a pu donner lieu à des rumeurs d'emprisonnement ailleurs qu'aux Carmes, comme la date de 1793 aura pu faire croire à une incarcération antérieure à celle gui eut lieu aux Carmes le 21 avril 1794. Mais cet ordre rectifié par la réflexion et par l'écrou, qui est de la même date, 2 floréal an u, fournit la preuve authentiqua et instrumentale que Joséphine a été incarcérée à la date du 2 floréal an u, 21 avril 1794, et non à une autre, en la prison des Carmes et non ailleurs.
« Et du reste, l'opinion de l'incarcération de Joséphine à la prison de Sainte-Pélagie est expliquée parla confusion de personnes, si facile à faire à une époque de désordres, et par les négligences de celui qui a écrit l'ordre d'arrestation dont j'ai donné copie.
«Donc Joséphine est restée libre pendant la Terreur jusqu'au 21 avril 1794.
« Signé : l'abbé M... »
Ainsi, contrairement au dire de MM. Jouy et Jay, et à la reproduction verbale de l'historien de la Vendée, Joséphiue fut arrêtée le 21 avril 1794, et non en 1793 ; elle fut incarcérée aux Carmes et non à Sainte-Pélagie ; elle était libre au 19 janvier 1794 ; par conséquent, a elle a pu voir le Dauphin dans la maison où il fut caché après son évasion. »
L'erreur de MM. Jouy et Jay vient probablement de ce que le mandat d'arrêt est écrit sur papier portant formule et date de 1793 imprimées; ils auront lu, s'ils ont lu quelque chose, la date imprimée, et non la date écrite au pied du mandat, qui est du 2 floréal an u. De la part de romanciers, la faute est pardonnable ; elle ne le serait plus de la part d'auteurs sérieux. . .„
Voilà comment naissent les erreurs historiques ; voila comment elles se propagent sur parole, jusqu'à ce qu'un écrivain consciencieux les détruise, en remontant à leur source.
Il est donc incontestable maintenant que Joséphine a vu et pu voir le fils de Louis XVI le jour de son enlèvement.
LE DAUPHIN EN VENDEE