FILS DE
dans ce moment à l'infirmerie de Sainte-Pélapift. M. le baron de Richemont c'est autre que le fils de Louis XVI. D'après ce qui vient de se passer entre lui et M. d'Aiguillon, cela ne peut nullement être douteux. M. le baron de Richemont ayant aperçu M. d'Aiguillon, l'a fixé attentivement, et quelques instants après le dialogue suivant s'est établi entre eux :
— « M. deRich. Monsieur, plus je vous examine, plus il me semble vous reconnaître?
— « D'Aig. C'est possible, monsieur ; à mon âge, on peut m'avoir vu et rencontré souvenl.
— « M. de Rich. N'avez* vous pas habité Versailles?
— « D'Aig. Oui, monsieur.
— « M. de Rich. Que faisiez-vous à Versailles?
— « D'Aig. Monsieur, vous êtes trop curieux; je ne vous demande pas ce que vous faisiez, moi ; vous me permettrez donc de ne pas vous répondre.
— « M, de Rich. Puisque vous refusez de me répondre y eh bien ! je vais répondre pour vous, je suis même sûr de ne pas me tromper. Vous habitiez Versailles, au château de Trianon ; vous étiez logé au troisième étage; il y avait dans votre chambre les portraits de tel,... et de tel....; votre tft était placé de telle manière.... ; enfin vous étiez un des pages de Louis XVI. Vous rappelez-vous d'un jeune enfant avec qui vous vous entreteniez souvent? Vous preniez plaisir à favoriser ses jeux. Vous rappelez- vous <ju'un jour ce jeune enfant ayant fait une espièglerie à un capitaine des gardes-du-corpj, vous vous empressâtes d aller demander grâce pour lai épargner une punition, et vous l'obtîntes?
« M. d'Aiguillon, se jetant aux pieds de M. le baron de Richemont, lui dit : « Vous êtes le fils de Louis XVI, vous êtes mon roi. »
« Paris, ce 29 décembre 1849.
Dans la pièce suivante, la reconnaissance se fonde sur une cicatrice signalée par la nourrice du Dauphin et existant au doigt de M. de Richemont.
Pièce 90. — « Je, soussignée, certifie la vérité des faits que je vais rapporter :
« Dans le courant de Tannée 1835 , étant sage-femme en chef de l'école d'accouchement de Paris, Maternité, une frmme, paraissant âgée d'environ soixante et quelques années, vint me recommander une jeune fille à laquelle elle
IDENTITÉ. 20o
portait de l'intérêt. Cette femme me dit qu'elle était la nourrice du duc de Normandie, fils de Louis XVI ; elle me parla de mon père, do mon oncle, comme les ayant connus particulièrement. Tous les doux étaient employés dans la maison du roi et de la rrine. Ma surprise fut extrême ; l'âge de cette femm<\ Fon langage, sa position, ses manières plus que simples, me firent douter de sa véracité. Je lui demandai à quel signe el'.p avait reconnu celui qu'elle disait être son élève. EMe me dit que le prince, dans son enfance, s'était blessé au pptit d<>igî. de la main gauche, dont il 'était resté une cicatrice très visible; elle ajouta que, ayant été appelée chez le ministre de la police, elle lui parla de cette cicatrice, comme d'un moyen de reconnaître le prince. Ce fait est vrai; je me rappelle parfaitement avoir entendu raconter cet accident par le mari d'une de mes parentes, qui était officier de la chambre du roi. Je revis cette femme une seconde fois avec sa protégée, et depuis je n'en ai plus entendu parler; mais je restai convaincue que le fils de l'infortuné Louis XVI existait dans la personne de M. le baron de Richemont.
« Lorsque, dans le courant de janvier dernier, j'en entendis parler de nouveau par M. Durandeiu, le mari d'une de mes eJêves, établie à Versailles , il me procura des journaux qui me donnèrent le plus vif désir de le connaître. J'eus ce bonheur; nous eûmes une conversation d'une heure et demie, dont nos souvenirs du temps firent tous les frais; et ma conviction était déjà complète, 'or;que, lui rappelant la blessure qu'il s'était faite, il m'en a montré la marque, qui fut vue par quatre personnes présentes à notre entrevue, entre autres par MM. Barreau frères.
« ÉTeët donc par un acquit de ma conscience, par reconnaissance , et avec une conviction sincère que j'ai reconnu l'existence et l'identité du fils de Louis XVI daus la personne de M. le baron de Richemont. C'est pour servir à prouver cette vérité que j'ai fait et signé le présent certificat.
« Fait à Versailles, le 15 octobre 185 1.
« Signé : M. Legrakd, « Sage-femme en chef, honoraire, de l'Ecole d'accouchement de Paris,
« Boulevart de la Reine, n° 9. »
Le ceriilcat était accompagné d'une lettre constatant le refus (io i< galisation.
Pièce 91. — « Versailles, le 22 octobre t8oi.
« Je vous envoie, ci-joint, un certificat concernant M. le baron de Richemont, fils de Louis XVI , délivré par madame Legraud, sage-femme honoraire en chef de l'Ecole de la Maternité de Paris; je me suis présenté à la mairie pour faire
206 FILS DE LOt'IS XV1.
légaliser sa signature, mais M. de S-ûnt-Germain, adjoint du maire de Versailles, après avoir lu attentivement ce certificat, roe le rendit et me dit qu'il ne pouvait pas le légaliser ; rayant prié de m'en dire le motif, il me répondit que ce certificat n'était pas ordinaire, qu'il ne pouvait lui donner le caractère d'aoïhenticité et qu'il s y refusait positivement.
« Le caractère honorable de M. de Siint-Gernnin et Testirree générale dont il jouit à Versailles, me font présumer que depuis que M. le baron de Richemont, fils de Louis XVI, a pu se procurer son acte de naissance, il y a, surtout à Versailles, quelque empêchement supérieur dont l'administration municipale est obligée de tenir compte.
a Agréez, etc.
« Signé : DuiiAiNDEAU, 40, rue de l'Orangerie. »
Cest toujours le procédé signalé à la suite de la pièce 47.
Si la question d'identité n'est pas tranchée encore en faveur de M. de Rxhemont, invoquons deux autorité* qui feront loi, le prince de Condé et la duchesse douairière d'Orléans. Le témoignage d'un ancien aumônier du prince, d'un côté, et le témoignage du bibliothécaire de la duchesse, de l'autre, prouveront qu'ils voyaient dans M. de Richemont le fils de Louis XVI, et qu'ils le traitaient comme tel.
Monsieur l'abbé Jacolet, ancien aumônier du prince de Condé pendant l'émigration, successivement curé de Vaugirard et de Sûnt-Ambroise-Popincourt, enfin chanoine hono* raire, avait vu le Dauphin au eamp en 1795, et a étô, jusqu'à sa mort, confesseur de M. le baron de R»chemont. lt le connaissait donc intimement, et par le priuce de Coudé, et par lui-même.
J'ai sous les yeux deux lettres et deux bUlets de lui.
La première lettre, dalée de Maupenhy, Seine-et-Marne, 13 juillet 1843, contient une invitation à M. de Richemont, malade, de venir achever sa guérison à la campagne, et se termine par ces mots :
Pièce 92. « Agréez, M..., l'assurance de notre profond
respect et de nos hommages les plus humbles, les plus respectueux et les plus sincères, tt D... V... A.««,
« Le très humble et obéissmt serviteur, « S gué : Jacolet, chan. hon. »
La deuxième, sans date, est une lettre de félicitations, au nouvel an ; M. Jacolet y dit :
Pièce 93. — * Qu'il ne passe pas un jour sans adresser au ciel les vœux les plus sincères et le3 plus fervents pour le par-
Ml
fait rétablissement de M. de Richemont; » et il fiait airuk <i C'est dans cette heureuse attente que je tous prie de me oroire pour la vie, « le plus humble, le plus fidèle et affection ué serviteur. »
« Signé : J...., chan. bon. »
Le premier bilîet est conçu en ces termes :
Pièce 94. — « Monseigneur,
« Comme je suis tenu à Paris pour quelques jours, je ne voudrais pas repartir* sans avoir le plaisir de vous voir et de savoir des nouvelles de votre santé. (Test pourquoi, en cas que je ne vous trouve pas, j'ai laissé ce petit mot à votre portière.
« Signé : Jacolet, clan. bon. »
Eufin, le deuxième billet porte :
Pièce 95. — « Monseigneur,
« C'est pour avoir l'honneur de vous prévenir que je dirai demain une messe à neuf heures précises; « si vous me faites l'honneur d'y assister, » sans que cela vous incommode, à cause de l'heure un peu matinale, ainsi que de votre éloignement, je serai charmé d'unir mes prières aux vôtres et, a pris la messe, de vous offrir une tasse de chocolat, à déjeuner. Tout à vous, Monseigneur.
a Signé : Jacolet, chan. bon. »
M. Jacolet appelle M. de Richemont : « Monseigneur, »> considère « comme un honneur qu'il veuille assister à sa messe, » et lui dit : « D... V... A..., M..., » — ce qui signifiie : de Votre Altesse, Monseigneur, — « le plus humb!e, le plus respectueux, le plus fidèle et affectionné serviteur, » expressions qui ne s'emploient que vis-à-vis des princes. Or, à cette époque, M. de Richemont avait écrit et publié qu'il était le fils de Louis XVI, qu'en 1795, il avait été remis entre les mains de Condé, et, qu'en 1816, ce dernier l'avait présenté à la duchesse d'Angoufème, sa sœur; l'ancien aumônier du prince, qui Ta suivi en émigration, qui a partagé ses pensées, qui a vu et su ce qui se passait autour de lui, confirme donc expressément les assertions de M. de Richemont, le reconnaît fils de Louis XVI, et ne peut être, sur ce point, que l'écho des convictions de Condé ; donc Condé croyait M. de Richemont fils de Louis XVI; et il est impossible que Condé ait été trompé.
M. l'abbé G.... atteste, en ces termes, les rapports de M. de Richemont avec M. Jacolet, et l'opinion de M. Jacolet :
Pièce 96. — « A Monsieur le rédacteur de Yln/lexible. « Monsieur,
« J'ai lu, dans le n° de votre journal daté du 31 juillet dernier, deux lettres du vénérable M. Jacolet, ex-cure de Saint - Àmbroise-Popincourt, ancien aumônii-r du prince de Coudé. Ces deux lettres attestent qu'il connaissait M. le baron ce Richeniont comme fi:s de Louis XVI, et qu'il en était le confesseur. Permettez- moi, monsieur, de vous transmettre oe qui s'est passé en ma présence.
«En l'année 1842, ayant appris par* une respectable famille que je fréquentais a cette époque, que M. Jacolet était partisan du fils du roi raarlyr, et qu'il était son confesseur, je fis la connaissance de ce vénérable ecclésiastique, et je continuai jusqu'à sa mort de lui faire de temps eu temps quelques visites. Nos entretiens, dout le prince faisait ordinairement le sujet, m'ont prouvé que « M. Jacolet était parfaitement convaincu que M. le baron deRichemont était le (Vis de Louis XVI, et qu'il en était le confesseur. » Je dirai de plus qu'en Tannée t844 ou 45, ne pouvant préciser l'année, je sus que il. le baron de Kichemout devait faire ses pâques en l'église de Saint-Denis du Saint-S -créaient; je me rendis à cette église au jour et à l'heure qu'on mVvait indiqués, et cela sans que M le baron le sût. Je me plaçai derrière lui sans qu'il me vit, en sorte que je pus, tout en faisant mon oraison, le contempler à mon loisir* Je remarquai que, pendant tout le temps du Saint-Sacrifice, il n'a cessé d'être dan* un parfait recueillement. C'est le vénérable M. Jacolet qui offrait les saints-mystères, et qui lui a donné la sainte comnauuiou. Voilà, Monsieur, la conduite du fils du roi martyr,
a Paris, 6 août 1850.
«. Signé : G...., prêtre du diocèse de Paris. »
Le dernier billet de M- Jacolet et celte lettre sont la meilleure réponse qu'on puisse opposer aux calomniateurs qui, dans l'impuissance de combattre raisonnablement une seule GC3 preuves, en sont réduits à dénigrer mensougèremeut le* principes religieux et moraux d'un homme qui, évidemment, les gêne.
Le témoignage suivant, de M. Labrtli de Fontaine, joint à celui que contient la pièce 59, implique aussi follement reconnaissance d'identité de la part de la duchesse douairière d'Orléaus et du prince de Cdnié : ♦
Pièce 97. — a Je, soussigné, «. certifie avoir adressé au prince Louis-Charles de Bourbon, duc de Normandie, un cahier manuscrit, peut format, contenant quinze a tcize pages d'écriture, toutes de ia main de S. A. S. Madame la du-
cuesse douairière d'Orléans, composé de notes relatives à des lettres de S. A. S. le vieux prince de Condé ou à des réponse» reçues de ce prince, auquel manuscrit étaient jointes deux lettres, dont récriture et la signature, paraissant être de la inaiu du prince, étaient illisibles. »
a Ces notes ne laissaient aucun doute sur les sentiments de la princesse pour le personnage qui eu était l'objet; car ou y trouvait répétées souvent les expressions d'auguste victime, d'auguste orphelin.
« Je certifie, en outre, que ce cahier manuscrit me fut confié par la princesse six à sept mois avant sa mort, et qu'elle me dit : « Je ne crois pas vivre longtemps, prentz ces papiers, gardez-les soigneusement, et si vous é\es assez heureux pour revoir celui que nous désirons tant, remettez-les-lui ; il les comprendra hien, et ils pourront lui être utiles; ce que je veux, c'est qu'il soit bien persuadé que deux membres de sa famille le portaient dans leurs cœurs, et lui en out donné des preuves. » Les larmes l'empêchèrent d'eu dire davantage.
« J ai donc dû conserver ces papiers avecsoiu, et remplissant les désirs de la princesse, a leur donner la destination qu'elle désirait. » Je l'ai fait des que l'occasion s'est présentée; car je ne connaissais rien d'aussi obligatoire que f exécution d'une telle disposition.
« Tels sont les faits qui se sont passés et dont je me plais à signer ici la déclaration la plus formelle.
a Paris, le 30 juillet 1833.
a Signé : Laureli i>e Fontaine. >
i hi nYijMMMIL tu mnêa m M $b Miaou
Ces dernières lignes du premier certificat de M. Labreli de Fontaine, page 130: a J ai reconnu dans le barou de iticheraont le personnage que j'avais vu chez feue S. A. S., désignent clairement la persouue et la qualité de la personne à laquelle il a remis les papiers confiés par la duchesse, et la pièce 97.
Comment se fait-il, dira- t-ou, que le dernier des Condé, le prince de Bourbon, n'ait pas ostensiblement reconnu M. de Rtchemoot comme fils de Louis XVI, et n'ait entrepris aucunes démarches en sa faveur, s'il savait, et par luimême, et par son père, et par la duchesse douairière d Orléans, qu'il était réellement le Dauphin.
D abord, M. Boucher, pièce 82, atteste que M. de Richemont voyait le prince; les deux certificats de M. Labreli de Fontaine, pièces 59 et 97, prouvent que madame la douairière d'Orléans le recevait également, et savait en quelle qualité les Condé l'avaient accueilli.
Maiutenant, les motif > pour lesquels le dernier des Conde >'est abstenu d'une reconnaissance publique sont faciles à
tiO FILS J>E LOUIS XVI.
deviner : il avait tu l'inutilité des < (Torts de son père, Té* gofcme et la mauvaise foi de Louis XVIII, de Charles X, et de leurs familiers; il était vieux, suus la domination d'une femme ambitieuse et cupide; et puis enfin, les idées politiques du fils de Louis XVI ne cadraient pas avec les siennes,
Nous allons rapporter une conversation qui m on ire jusqu'à quel point l'identité de M. de Richemont avec le fils de Louis XVI est évident*, même aux yeux de partisans déclarés du comte de Chjmbord.
CttuTti *atton de Mgr l'évêqne de V...
ci du vtcauile d'Or...
Dans le courant du mois de juillet 1850, Mgr l'évéque de V... était descendu à l'hôtel des Missions étrangères, rue c?u Bac. Un honorable négociant, demeurant à Paris, rue de -la Monnaie, M. P.... eut l'occasion de se rendre près de lui. La conversation tomba tout naturellement sur la politique et sur l'avenir de la Fiance.
— « Qu'tn pensez-vous, M. P...? dit le prélat. Ne croy zvous pas à un retour vers la monanhie? » E f , sans attendre sa réponse, il alla chercher une boite contenant des ornements pontificaux, l'ouvrit, et, la montrant à M. P..., — «Voyez! c'est un cadeau du comte de Chambord. J'ai eu L'honneur d'être reçu par ce prince il y a peu de temps ; c'est un bon et ncble caractère!... Oh! certainement, la France redemandera la royauté... A propos, savez-vous que le fils de Louis XVI existe? »
— }i. P... « S'il existe, ce ne peut être que dans la personne de M. le baron de Richemont. »
— Mgr « Le connaissez-vous? Que je voudrais donc le voir! »
— M. P... « Rien n'est plus facile, monseigneur, si vous le désirez. »
Et, le 20 juillet, M. P..., qui avait obtenu une audience, conduisait Mgr de V... chtz M. Houzelot, rue de Vaugirard, *° 104, où M. de Richemont était venu. L'entrevue se termina à la grande satb faction des deux personnages. Le prélat sortit pleinement convaincu.
A son retour à l'hôtel des Missions, on était à table ; Monseigneur s%xcusa de son retard, en racontant sa visite au fils de Louis XVI et les motifs de sa conviction. Une discussion s'engagea immédiatement sur ce ^jet. Les avis étaient partagés; les uns niaient l'existence, les autres l'identité, beaucoup convenaient de Tune et de l'autre. Uu dis convives, qui n'avait point pris part à la controverse, M. le vicomte d'Or..., plia le prélat de lui accorder quelques minutes d'entretien après le diner. — « Volontiers, répondit le prélat. »
Le dîner fini, ces deux messieurs montèrent à l'appartement
de l'évêque. B|. P... s'y trouvait , M. d'Or... héritait a s'expliquer. — « Partez, monsieur le vicomte; fil. P... est un des complice* de ma croyance el de ma vUite au ûls de Louis XVI. »
Alors M. le vicomte d'Or... s'exprima à peu près en ecs
termes:
— « Je n'ai point mission de fa : re reconnaître M. de Richemont comme ft's oe Louis XVI; mais, quant à moi, Je n'ai pas le moindre doute sur son identité; il est bien le fils de Louis XVI; j'ai des preuves qu'il n'a pis, qu'il ne connaît pas. J'en s*is, s'il est possible de parler ainsi, plus que lui sur lui-même. Si j'étais appelé devant les tribunaux, je ne serais pas embarrassé de constater sa qualité. I y a long emos que je me suis o^cipé de cette affaire. J'ai su le secret de Martin. C'était b»en réellement la conservalion d i fils de Louis XVI qu'il a révélée à Louis XVlII. « Trois ftmilles de ma connaissance possèdent une cassette contenant des documents authentiques, incontestables. Elles en ont chacune une clef. Cette ctssette dévoilerait tout; mais elle ne sera ouverte que lorsqu'il en sera ternes. »
« Mes relations avec les membres exilés delà famille royale, mon dévouaient à leur cause, m'empêchent de m'o- cuper ostensiblement de fil. de Richemont. I*. ne Tai j tmais vu ; je ne veux pas le voir. J'ai parlé de lui au duc *d^ Bordeaux, qua m'a répondu : <t Si mon on- le vit, tant mieux ! qu'il règne ! je le désire de tout mon cœur ; mais je ne puis me m Mer de sa reconnaissance. » J'en ai parle à ma laine la Diuphine, qui a dit: « Hé bien 1 qu'on f*sse une enquête; je vais nommer une commission composée moitié de laïcs, moitié d'ecclésiastiques ; je me conformerai à sa décision. » La commission fut en eff t nommée et décida que « ce n'était point à madame »'a duchesse d'Angou'è ne à se prononcer la \ r^ouère; que si la France reconnais ait le fiU de Louis XVI, alors seul-m»>nt elle devrait s'expliquer.» Voilà le pu ti auquel ou s'est arrêté. »
L'entrevue de Mgr de V av^c M. de Richemont, et l'impression favorable quVn conserve le prélat, nous omé'é certifiées par la famille Houzilut. M. P..., l'un des tro s interlocuteurs, nous a raconté les détails de la couvets tiioti dû vicomte d'Or...; et ce dernier, tout récemment encore, n'a pas. fait mystère de sa conviction et des motifs sur le-quels elle, s'appuie, conformément à notre récit, à M. de L..., un des hommes les plus véridiques ti h s p us consci ncieux que nous connaissons. Comme ce u'élait point en conG ietice, M. de L... n'a pas cru devoir garder le silence vis-à-vis de nous.
Q jels sont les « documents authentiques de U cassette? » Le procès-verbal d'en 'élément dont p^rle" M. de Brémoiït, page 163, s'y trouverait-il? S'il en est ainsi, quel crme dere
tenir la vérité captive, de prolonger volontairement les douleurs de l'orphelin du Temple, de laisser la calomnie le flétrir, l'esprit de parti l'opprimer!
Nous puisons dans la visite d'un prélat romain , d'un envoyé du Saint-Siège, une autre preuve d'identité :
Pièce 98. — « Uq jour que je me trouvais par hasard chez M. deRichemont, vers la fin de 1848, je vis entrer M. Boucher qui lui remit un billet ; il en prit connaissance. — « Quand voulez-vous me présenter la personne indiquée dans ce billet? dit M. le baron. — Elle est là. — Faites entrer. — J'attendais que vous eussiez fini de causer avec monsieur, répondit M. Boucher. — Monsieur est M. F.... ; il n'est pas de trop. » M. Boucher introduisit un prélat vénérable, qui s'avança très respectueusement, faisant deux génuflexions; et, prenant la main de M. le baron de Richemont, il la baisa, en lui disant : « prince, ou monseigneur. » Un instant après, je me retirai. M. Boucher sortit aussi, et me raconta que le prélat, qu'il venait d'introduire auprès du prince, était envoyé par le Saiut-Père le Pape, avec mission de visiter des maisons religieuses, et et le fils de Louis XVI, pour en rendre compte à Sa Sainteté. » «Paris, 7 juillet 1850.
a Signé, F.... »
Passons à l'opinion de la famille Bonaparte; elle est entièrement favorable à l'identité de M. de Richemont.
M. D. P... offrait à M. M..., député de son pays, la biographie du duc de Normandie ; il ajoutait en même temps quelques détails sur M. le baron deRichemont ;
Pièce 99. — «Vos paroles, reprit le député, me rappellent celles de Pierre Bonaparte, qui siège à côté de moi dans l'Assemblée. Il m'a dit plusieurs foi^aque son père avait connu particulièrement le fils de Louis XVI et avait été assez heureux pour pouvoir lui rendre quelques services. »
« Paris, 30 juin 1849.
«Signé : D...P...„ « Rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel. »
Deux certificats viennent à l'appui des confidences attribuées à M. Pierre Bonaparte, en révélant des sentiments conformes chez d'autres membres de sa famille*
Le premier est de M. Foyatier :
Pièce 100. — «En 1849, dans la conversation, je dis à M. le baron de Richemont que j'avais pour voisine, à Clamart, la petite-fille de Lucien Bonaparte ; il me dit qu'il la connaissait bien, qu'il l'avait vue souvent chez, sa mère, qu'il serait
bien aise de lui Caire une visite , et que , si je voulait, nous irions ensemble. Le jour convenu, nous nous fîmes annoncer. La princesse, en entrant dans la salle, porta son regard sur moi, qu'elle ne connaissait pas, puis, fixant M. le baron de Ricbemont, elle fit une exclamation, se jeta à son cou, l'embrassa avec transport, et, dans l'élan de son cœur, elle me tendit aussi la main» Après la première expression du plaisir qu'elle avait de le voir, elle lui dit : «J'ai appris que votre sœur, la duchesse d'Angou^ème, va enfin vous reconnaître, etc.» Son mari était là. Son beau frère étant survenu, elle leur dit : « Je vous présente le fils de Louis XVI, Louis XVII ; oui, oui, Louis XVII ; sa sœur va le reconnaître.» La causerie s'engage; on parle des affaires de M. de Richemont. — *A propos, dit la princesse, avez-vous fait imprimer vos mémoires? j'en ai eu le manuscrit entre les mains pendant plusieurs jours ; ma mère en a lu la préface.— Je crois, sans pouvoir l'affirmer, qu'elle v aurait ajouté: en votre présence, en présence de ma lame la marquise de Bréan et de moi.» M. de Richemont répondit affirmativement, et demanda la permission de lui offrir un exemplaire des Mémoires d'un contemporain, en lui disant qu'il marquerait les pages où il était question de son grand-père, Lucien Bonaparte, qui toi avait rendu de grands services étant ministre ; que ces pages avaient été lues par sa mère, et, je crois, aussi par sa graod-mère. La jeune princesse reprit gu'elle avait entendu dire que sa mère les avait trouvées justes; elle accepta avec plaisir; et, quatre ou cinq jours plus tard, je lui portai l'exemplaire, accompagné d'une lettre que le prince m'avait lue.
«En le prenant^ elle me dit qu'il lui paraissait plus fort que celui qu'elle avait vu.
« Les faits que je viens de raconter n'ont pas pu augmenter ma conviction, que «M le baron de Richemont est véritablement le fils de Louis XVI et de Marie-An toi nette. » Cette conviction profonde vient probablement de l'intimité qui s'est établie entre no* âmes par la causerie et par une infinité de ces riens qui fondent des convictions*, aussi bien que les faits les plus importants.
« Ce que je viens de dire est conforme à la vérité la plus exacte.
« Paris, 7 juillet 1849.
« Signé : Foyatier. »
Le second est du même M. Foyatier et de moi :
PifeCE tOi. — « Na*» r . soussignés* Foyatier, sculpteur, et Sa vigny r avocat, déclarons avoir été, de la part de M. le baron de Richemont, en décembre 1849, offrir à madame la princesse Lœlitia Bonaparte, fille de Lucien, rue du Coljsée, un
214 nu 08 LOUIS XVI.
exemplaire des Mémoires oVun contemporain et quelques nu» méros de ^Inflexible ; la princesse les reçut et nous accueillit de la manière la itlu* gracieuse. « E le nous parla avec un inté'ét marqué de M. de Richemont, s'informa de sa réclamation d'é?a*, nous d t qu'elle était convaincue de l'identité du baron de Richemont avec le fils d* L'»uis XVI ; que du reste l'érosion et l'exi tence de ce malheureux prince étaient une tradition de famille. » Elle nous pria de dire à M. de Richemont qu'elle verrait avec plaisir * la France lui rendre son nom, et témoigna le désir de lui présenter on aucien colonel de ses amis. »
« Paris, le 15 janvier iO.
« Signé : Foyatier, Suvigny. »
Terminons par une preuve matérielle , palpable , qui ne souffre point d'objection*, rel'e de l'identité de conformation de M. de Rtchemout et du fils de Loui> XVI.
M. Foy-Uier venait d'achever le buste de M. de Richemont, qui a figuré cette année au salon de lVxi»ositio»» t quand un desamis du prince, passant dans la rue de la Concorde, «perçut, chez un man lund d'objets d'art et de curiosités, le buste en terre cuite d'un jeune enfant dont U ressemblance avec M. de Richemont ét-tii frappante. Il s'arrête, examine, entre, et demande drt qui est le bu*te. — « C'est ceiui du Doiphin , fils de Louis XVI lui est-il répondu ; il provient d* Trianott ; sur le pié«lou».h»*, aujourd'hui brisé, on lisait, à côté de la signature d Houdon, le nom de Louis XVII. »
Eu effet, l'authenticité du buste et de son origine est attestée, non-seulement par le marchand, mais par deux des précédents possesseurs.
— « Serait-il possible de le faire voir à M. de Richemont? — Certainement. » Et le inanhind eut la complaisance de le lui envoyer. M de Rich-moot le r^girda, se reconnut, et témoigna le d -?sir de l'acheter, si sa position de fortune le lui permettait. C-tte réponse ayant été rappor ée au marchand, celui-ci s empressa de l'offr ir à M. N.... pour M. de Richemont, insista jusqu'à ce qu'il acceptât, disant : a Je serais désolé qu'un motif pécuniaire privât M de Richemont d'un objet qui pourrait lut laire p aisir » .11.
Le buste fut d«.nc remis à M. de Richemont, et, de chez lui, trausp «rté dans l'atelier de M. Foyitier.
La conformité des lignes et de l'expression du visajre frappait tellement tous le* arti-t^ et les a auteurs qui vi liaient l'atelier, et frappa tellement M. Foyiti^r lu -même, qu'il eut d'abord l ider. de fiirc mouler le b.^te d'Houdon, et de l exposer à 1 6-e de celui de M. de Richemont, afin que la comparaiion démontrât jusqu'à Tévid* nce l'identité de* deux personnages. Mais il aurait fallu tromper le jury, et donner c.mmv
sienne une œutre qui, irnlgré des changements d'accessoirea, eût été, pour le fond, l'œuvre d'autrui. Il dut renoncer à ce projet ri argument naturel. Mus il engagea plusieurs personnes a vérifier cette re>semblance à son atelier, M. de Pastoret, entre autres, auquel il écrivit la lettre suivante :
J'iêce 102. — « Paris, le 10 octobre 1850.
« Monsieur le marquis,
« Lorsque j'eus l'honneur de tous voir dernièrement, vous me témoignâtes le désir d examiner le buste du Dmphin, fait par Houd »n, pour le comparer avec celui du baron de Richemont. Comme c**a bustes ne doivent rester à mon atelier que jusqu'au 15 ou 20 courant, je vous prierai d'avoir la bonté de m'indiquer le jour où vous serin disposé à venir, afin que je me trouve là pour vous recevoir.
« J'ai continué à étudier attentivement les rapports de ce buste du D iuphin avec >a physionomie du baron de Richemont, et je suis tout-à-fait convaincu « qu'il n'a pu être exécuté que d'après l» mèjie original, âgé de six à sept ans. » Je retrouve, en effct, « la même allure dans l'ensemble; le même développement de poitrine; la même hauteur d épaules; la même dimension courte du cou ; la même confirmation osseuse du front ; la même disposition du nez et surtout des narines, de la bouche, du menton, de la mâchoire; le même massé charnu des joues; la même fermeté de l œ'*t ; des détails particuliers d'orbites et de paupières, motivés» dans le petit bubte, et existant chez M. de Rich^mout; la mè ne inégalité dans les sourcils; la même ligue d'attathe des cheveux, remarquable en ce qu'elle s'abaisse au milieu du front ; le même point d'adhérence et d'origine de l'oreille,» dont ta partie supérieure se cache sous des boucles de longs cheveux, dans le bu>te d Houdon. « J'y trouve en un mot, tout ce qui constitue fi ienttté parfaite »
«Loin de m'é tonner de l'incrédulité générale, j'ai moimême, je vous l ai avoué, monsieur, été f-»rt incrédule; mais quand des hommes sérieux m'eurent parlé de cette étrange histoire, jVus, et je m'en félicite aujourd'hui, la bonne toi d'examiner
a Pour y parvenir plus aisément et plus sûrement, je demandai à modeler son buste. J'avais d^j'i fait ceui de la famille royale ; c'était un excellent moyen de comparaison. Au premier aspe- 1, je fus frappé rie f identité du son de voix , de la vivaci'é et de la tournure. D'ailleurs, mon parti était pris: C'était un imposteur a étudier, ou une grande infortune à respecter. Je ne tardai pas à arriver à cette dernière conclusion.
a J appris de sa bouche la manière dont il avait été sauvé da Temple, et uue partie des ma heurs de sa vie. Eu même-
temps, je lus ses mémoires et les fis lire à placeurs avocats distingués, qui trouvèrent très graves les principaux faits du livre. Alors, nous nous réunîmes plusieurs amis, dans le but d'entreprendre des re cherches à ce sujet. Loin d'être inutiles, elles ont procuré la découverte de pièces nombreuses qui sont venues corroborer celles contenues dans ses mémoires. C'est de notre société qu'est né le journal Y Inflexible qui provoque depuis plus d'un an 'a discussion pour et contre. Aucune des preuves établissant que le baron de Richcmont est véritable* ment le fils de Louis XVI n'a , jusqu'ici , été renversée , ni même solidement attaquée.
« Mais, monsieur le roarquie, ces recherches que nous autres hommes, sans autorité de fortune ou de position sociale, en* treprenons par détournent à la cause de la vérité, n 'appartiendraient-elles pas plutôt tout naturellement à des personnages d'un haut rang, à vous, par exemple, monsieur le marquis, comme président de l'Institut historique, puis comme chef du parti légitimiste? et si, comme nous, vous reconnaissiez le Dauphin dans la personne de M. le baron de Richemont, votre conscience d honnête homme vous forcerait de proclamer quelle Dauphin est retrouvé et qu'il est le principe
« J'ai l'honneur d'être, etc. « Foyàtier,
«Sculpteur, ancien élève et ami du docteur Gall, ancien membre de la société phrénologique, membre de l'institut historique. »
Inutile d'ajouter que M. Foyatier ne reçut ni visite, ni réponse. 1( alla chez un autre membre, non moins distingué, de la haute légitimité, M. de Larochejacquelein, espérant qu'une réputation d'énergique loyauté ferait un devoir d'examiner la question. Erreur! la lettre précédente fut communiquée, l'iuvitation d'examiner les deux bustes réitérée. Refus formel; pas d'autre réponse. Aussi M. Foyatier, en le quittant, ne putil s'empêcher de dire : « Vous et les vôtres, vous vous bou- -chez les yeux pour ne pas voir, les oreilles pour ne point entendre. » Il aurait dû ajouter : « Vous comptez sur 1 habileté, sur l'égoïsme des hommes; vous croyez diriger les événements; nous, nous attendons tout de la vérité et de Dieu. »
Il serait assez difficile de réfuter la preuve d'identité résultant de la parfaite ressemblance de M. de Riche m ont avec le buste du Dauphin. Le hasard n'opère point de semblables miracles, et M. Foyatier n'est pas un juge dont la compétence soit contestable en pareille matière. Arrivé par un travarloontinuel et de sérieuses études au premier rang dans la statuaire , il se distingue surtout par la perfection de ses tètes. Qu'on en juge d'après Spartacus, Cincinnatus, etc. Elève et ami de Gall, il a spécialement dirigé ses observations d'artiste
sur la physionomie, cette traduction extérieure de l'homme intérieur, de sa race, de sa famille. M. Foyatier a exécuté une foule de bustes ; on pourrait dire qu'ayant consacré à ce genre les deux tiers de sa carrière, il a nécessairement acquis l'habitude de comparer, d'apprécier et de saisir les différences et les ressemblances pbysionomiqoes. Eh bien ! quand M. Foyatier affirme «qu'il y a identité parfaite entre le buste du Dauphin et celui de M. ae Richemont, et que les deux ont été faits sur le même original, » qui pourrait douter que M. de Richemont et le fils de Louis XVI ne soient un seul et même personnage?
M. Foyatier est allé plus loin : nous l'avons souvent entendu manifester le regret de n'avoir pas connu le buste d'Houdon avant l'achèvement du sien :^l aurait mieux saisi le caractère physionomique. Car le visa-ge de M. de Richemont se présente sous deux aspects bien différents : triste et sérieux dans la solitude, il a dans le monde une grande expression de gaîté. Houdon a choisi le type gai ; c'était le seol que pouvait avoir le Dauphin enfant; M. Foyatier, au contraire, a pris un type mixte, et le fils de Louis XVI y perd.
Voici une anecdote qui achèvera de montrer quels rapports intimes existent entre M. de Richemont et le buste du fils de Louis XVI par Houdon :
M. M représentant du peuple, causait avec M. Foyatier ;
la conversation tombe sur M. de Richemont — « Je l'ai connu, dit-il, en 4827 ; je ne l'ai pas revu depuis. — «Quel homme était-ce? — « C'était un homme vigoureux, actif, de stature moyenne ; il avait la taille droite, de larges épaules, de l'embonpoint, le teint animé, les yeux d'un bleu mêlé de jaune, les cheveux d'un blond vif. — « Le reconnaissez- vous dans cette lithographie, reprend H. Foyatier, en mettant sous les yeux de son interlocuteur un assez bon dessin de Maurin ? — «Pas trop, répond M. M.... ; mais ce buste, en désignant celui d'Houdon, me le rappelle parfaitement. »
11 serait aisé de grossir indéfiniment le nombre des preuves d'identité, d'ajouter, par exemple,
Qu'en 1833 et 42, madame Clairet, employée autrefois chez le concierge du Temple pendant les années 1792 et 93, reconnut, non sans terreur, « dans M. de Richemont le prisonnier du Temple. » M. de Richemont venait, en 1848, d'arrêter un appartement dans une maison rue de Tournon, où demeurait madame Clairet ; aussitôt qu'elle l'eut aperçu , elle courut prévenir le propriétaire et les locataires qu'il y avait danger de recevoir ce personnage « qui n'était autre que le (Ils de Louis XVI. » Les meubles étaient à la porte, on refusait de les laisser entrer ; M. de Richemont dut recourir à l'intervention du magistrat;
Qu'en 1842, madame Dezarneaux, veuve de l'ancien fumiste
lié flLS !>fc UWU» XVI.
de Ja cour, qui avait vu plusieurs fois le Dauphin dans son enfonce, se ti ouvant devant plusieurs personnes en présence de M. de Rich"moijt, a le reconnut pour le fils de Louis XVI» à sa ressenil» ance et en outre p*rc« que, lui ayant présenté un petit étui d or à secret, il dit qu'il devait avoir appartenu à la reine, et contenir un couteau, il trouva de suite le secret, et l'ouvrit ;
Qu'aux environs de Strasbourg, dans la maison d'un diplomate très connu, M. de R choniont. apercevant sur l i cheminée une pendule , se mit à dire , après l'avoir considérée attentivement : « E le ressemble bien à nue pendule qu'avait ma mère ; il y a un car» lion. » — « Mais non. » — a Oh ! pardonnez moi ; etc^ ciril on doit sonut-r des airs allemands que ma mère aimait beaucoup. » Le nid lire de la maison , qui savait qu'effectivement la j eudule av«it appartenu à la reine Marie-Antoinette, a; la demander à l'horloger qui la lui avait tendue, s'il savait quYIe *ûi eu un carillon de cette espèce; rh»r'oger répondit affirmativement;
Que, tout récemment, eu passant à Châlons, interrogé sur le voyage de Vareiines, M. de Riche mont rappela « qu'à tel endroit on s'était a»rè é pour faire reposer, les chevaux, qu'il avait mangé de* cerises, fort rares alors, ei qu il en avait distribué à d< jeune^ enfants » L'interrogateur connaissait précisément cette circonstance et ue douta plus qu'il ne parlât au fils de Louis XVI ;
Que, le 21 septembre 1850, on nous écrivait de Str* bourg :
Pièce 103 — «M. le baron, m/entendant nommer une per.«oi»ue de ma famille, se rapp» la et me fit observer qu'une dem<»i>ele de ce nom avait été attachée à son service. Il est, en effet, très ex et que c*tte personne avait été attachée au service de Louis XVU ; elle est morte maintenant, mais je l'ai connue , et t-lie m'en a souvent entretenu.
a Ce touveiiir de l«x-barou d« llicheinont me paraît une preuve fiappaute de sou identité avec 1 infortuné fils de Louis XVI.
« Signé: P.... »
Mais à quoi bon d'aulres preuves ; l'identité n'est-elle pas démontrée ?
Résumé.
Y a-t-il, en effet, notoriété historique ou judiciaire plus fortement établie que celle-ci? Eu histoire, deux ou trois témoins, souvent même des pré-omptioiis graves, des inductions tirées d'actes accomplis, suffirent pour constate r ce qu'on appelle une vérité ; eu juhtice , dans la maiièie la plus importante, quaud il s'agit de suppléer au défaut de repié*eutatioa
d'un acte de naissance, la loi se contente de sept témoins; en voici déjà plus du tri oie, sans co opter tous ceux qui ont fourni 1-mr contingent de preuves aux autres chapitres de Pouf agriî Et quels témoins? des témoins contre lesquels il n'y a ni reproches ni récusation possibles.
Car 1 identité e>( proclamée :
Par deux anciens généraux , honorés de la confiance de Charles X, et dé égués de madame la duchesse d'Àogouième, MM. de Bruges et de Montchenu; par M. CharabUuit, auquel nul autre q ie le fils de LouU XVI ne pouvait raconter ce qui s'était pas-e entre eux, au château de Meud-*n, lorsqu'il rap-
Sorta, avec hou frère, les oiseaux du prince échappés; par [. Cafi\ ancien garde-suis«e, capitaine de volout tires, juaje, chevalier de Siiut-Louis, qui avait vu et connu parfai'ement le Dauphin ; par la nièce de son ancien précepteur ; par M. le baron M..., par madame Béquet, anciennement attachée à la garle-robi de la reine; par M. Leraoine, par M Ur 1, ancien lieutenant porte-drapeau du régiment Dm;, h in, par mademoiselle Fillette, autrefois employée à la garde-iob* des fils de France, par M. d'A gudlon , ay mt deuieu< é jadi* à Trianon, par M. P..., qui, tous, ont reconnu le fils de Louis XVI à ses traits, d'abord, et à des souvenirs personnels, de la plus minutieuse exactitude; par sou ancien maître d'écriture, M. de Saint-t^yr, qui l'a reconnu à une épreuve dans laquelle tout autre que son é è*e eûi succombé, au choix des mannsciits du Dauphin ; par un compagnon des jeux de sou enfance, M. Maxime de Relou, auquel il a rappelé de ces faits tellement intimes qu'i s enlèvent jusqu'à l'ombre d'un doute ; par madame Durandnau, à la vue de la cicatrice d'une blessure que lui avait signa'ée la nourrice du Duiptiin, par l'aumônier du prince de Coudé; par le biblioUiécane de la duchesse douai. 1ère d Orléans ; par les descendants de Lucien Banaparte, sur des traditions de famille; enfii, par l'un de nos premiers sculpteurs, M. -Foyatier, sur la parfûie simi itude de conformation du buste (lu Dauphin enfant avec celui de M. de Itichemont.
En ouire. madame veuve L..., femme de confunce de madame de Génovil, piècb 5 ; M. d'Àrsac, pièce 14; M l'abbé Ns..., pièce 30; madame Du>»les>is, artistedisuuguee, q li avait entendu i impératrice Joséphine révéler à madame tac »m»esse d'Auuiale, sa marraine, 1 existence du fils de Louis XVI, et qui souvent avait peint les port, aits des membres de la famille royale, pièce 36; le colonel Govean, pièce 49; MM. Hérard de Vnliers et Kuuillé, pièce 50 ; M. ie cure de la Croix- Rousse de Lyon ; oui reconnu et attesté l'identité.
M. le chevalier d O.iy, pièce 46, commence ainsi sa lettre à M. deliicbemout: c Monseigneur, »... et la termine par «es deux phrases :
no
« La gloire de la France, si la France ose en parler encore, sera un retour aussi sérieux que nécessaire sur elle-même, retour sur lequel rayonnent les destinées « da fils retrouvé de Louis XVI. »
<t Recevez, Monseigneur, avec cette libre expression de ma pensée et de mon espérance, l'hommage de mon vieux dévoûment et du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être... etc. »
M. le comte de Pons, ancien page d'Artois, devant qui se passa l'entrevue de Versailles, et qui a reconnu dans M. de Richemont le personnage présenté par le prince de Condé à la duchesse d'Angoulême, lui écrit, pièce 57:
« Dieu veuille, M. le baron, que ma déclaration, en harmonie avec les sentiments que mon cœur éprouve «pour le fils d'un monarque aussi vertueux que juste, * puisse vous être de quelque utilité. Mon sang est mêlé du vôtre, et il est tout à la disposition de « l'illustre rejeton du petit-fils de saint Louis. » Heureux si la dernière goutte coulait un jour pour lui et pour une malheureuse patrie qui n'a plus de bonheur depuis qu'elle a banni la race antique de ses rois. »
Joignons à toutes ces reconnaissances celle résultant des paroles échangées entre madame la duchesse d'Angoulême et M. de Richemont, pendant l'entrevue de Versailles : « Allez, vous êtes la cause de tous les malheurs de ma famille ! » — <t Ah ! ma sœur, ma sœur!... » pièce 57 ; et celle résultant de la réception de M. de Richemont par le pape sous le nom et le titre de fils de Louis XVI.
Cumuler plus de preuves d'une identité fondée sur des témoignages si nombreux, si graves, si peu contestables, serait faire insulte à la sagacité du lecteur. Qu'il veuille bien ne pas les isoler de celles qui montrent à nu l'opinion et la conduite delà Restauration; qu'il réfléchisse à la reconnaissance tacite découlant du silence obstiné de la duchesse d'Angoulême, du duc de Bordeaux, de leurs conseillers, des de Montbel, des de Levi, des Pastoret..., de tous les journaux légitimistes; qu'il apprécie l'exactitude et la bonne foi que j'ai apportées dans l'exposition, le développement et la discussion des preuves; il verra qu'en réunissant et classant ces documents, je n'ai point fait un sacrifice à l'esprit de parti, mais que j'ai suivi l'instinct sacré de la conscience, de la vérité, de la justice ; qu'en un mot, j'ai tracé le préambule d'une grande et nationale histoire, en tête de laquelle la France eutière écrira le nom du fils de Louis XVI, qu'elle substituera bientôt à celui de baron de Richemont.