‹ La Restauration convaincue d'hypocrisie, de mensonge et d'usurpation de complicité avec les souverains de la SainteAlliance ou preuves de l'existence du fils de Louis XVIChapitre 46 sur 54 · VOYAGE A G A ETE · texte numérisé non relu

VOYAGE A G A ETE

mode de Bretagne ; sa grand- mère fut la sœur de ma mère, et par conséquent ma tante et de plus ma marraine. »

Le commandant ayant alors dirigé ses yeux vers ceux de M. de Richemont, lui dit :

— « Prenez garde à ce que vous dites ; vous êtes ici en notre puissance, ei la prison ferait bientôt justice d'une telle impudence. »

M. de Richemont tira de son portefeuille plusieurs papiers parmi lesquels se trouvaient une copie de la lettre qu'il avait écrite au pape en novembre 1848, lettre qui lui avait été remise par le révérend père F..., et son acte de naissance, puis, les montrant au commandant, en présence de ses compagnons de voyage, il lui dit :

— « Vous voyez par cette lettre que je ne suis point inconnu du Saint-Père, et par cet acte de naissance, que je suis assez proche parent de votre roi. »

Le commandant lut la lettre, pièce 404, et l'acte de naissance ainsi conçu :

Pièce 107. — Bxtralt du registre des acte* de naissance de la ville de Versatile* pour l'année 1*9».

.« L'an rail sept cent quatre-vingt-cinq, le vingt-sept mars, très haut et très puissant prince Louis-Charles de France, duc de Normandie, né de ce jour, fils de très haut, très puissant et très excellent prince Louis- Auguste, roi de France et de Navarre, et de très haute, très puissante et très excellente princesse Marie-A n toi nette-Josèphe- Jean ne, archiduchesse d'Autriche, reine de France et de Navarre, son épouse, a été baptisé dans la chapelle du roi, par monseigneur le prince Louis-Réné-Edouara, cardinal de la sainte Église romaine, évèque et prince de Strasbourg, landgrave d'Alsace, prince d'état d'Empire, grand aumônier de France, commandeur de Tordre du Saint-Esprit, en présence de nous, soussigné, curé. Le parrain a été très haut et très puissant prince Louis- Stanislas-Xavier de France, Monsieur, frère du Roi, et la marraine, très haute, très puissante et très excellente princesse Marie-Charlotte-Louise de Lorraine , archiduchesse d'Autriche, reine des Deux-Siciles, sœur de la reine, représentée par très haute et très puissante princesse Elisabeth - Philippine-Marie-Hélène de France, sœur du Roi, en présence de Sa Majesté, et ont signé. Signé : Louis, Louis-Stanislas- Xavier, Elisabeth-Marie -Hélène-Philippine, Marie-Adéiaïde- Victorine-Louise, L.-P.-J. d'Orléans, le cardinal de Rohan et Brocqueville, curé.

« Pour extrait conforme délivré le 18 avril 1848,

« Signé : Lambin et. »

0 flous, président du Tribunal de première instance séant à Versailles, certifions véritable la signature' de M. Lambfnet, maire de cette ville, apposée ci-contre, ^

« Signé : Bernard- db Mauchamf.

« A Versailles, te 48 àtril. »

Le commandant ne put réprimer un mouvement de surprise qui n'échappa point aux spectateurs, et, changeant de ton et <T allures, il pria M. de Hichemont de lui confier ces pièces pendant cinçî minutes, parce qu'il désirait les montrer tout de suite au Saint-Père. Cette conduite, à la fois loyale et prudente, allait le mettre dans le cas de juger de la véracité du voyageur et duméritede ses papiers. Aussitôtqu'il les eut, il dit :

— « Attendez-moi tci.»

Au bout de dix minutes, il descendit, et, képi bas, d*un air respectueux, qui contrastait avec celui du premier abord , il se hâta de dire :

— « l'ai trouvé le Saint-Père enaorttrt; après ravoir éveillé, je lui ai dit : « Saint-Père, il y a d« Wsuvean ! «coimaissez- ^vous Louis XVII ? p — « Non, » a-t-il répondu. — «Vous n'en avez jamais entendu parler ? » — « Si ; j'ai même une lettre de lui que le père F... m'a remise* » — « H e«t ici ?» — • Il est ici ? Je le verrai avec plaisir. »

Comme M. de Richemont se disposait à reprendre ses papiers :

— «Voudriez -voua, monsieur, me les laisser jusqu'à demain ; le roi dîne ce soir àli château ; je les lui communiquerai ?»

— « Volontiers. »

Le Saint-Père, le roi, la famille royale, le premier ministre, et le major en conférèrent nécessairement ensemble.

Le major de Jongh s'enquit alors de l'adresse des voyageurs, et, sur leur réponse qu'ils n'avaiént paint encore arrêté de logement, le major leur représenta qu'il était impossible d'en trouver à Gaëte ; qu'a peine le roi de Naples y occupait un appartement convenable ;que le corps diplomatique était logé à Mola, et qu'il leur conseillait d'y aller. Il indiqua lui-même l'hôtel Ciceroni, et l'hôtel Capocèle où résidait l'ambassadeur de France.

— «Et cette bonne religieuse, obsefva M. de Richemon*, nous ne pouvons l'emmener avec nous ; ne saur iez-Vous foi indiquer un couvent où se loger? »

— «Je ne vois rien. Cependant, attend**. Je vais m'infe*-

mer. » .pi Sans perdre de temps, le bon major, commandant général de la tflace, va, lui-même, jusqu'au prè3 des portes, dansons

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