‹ La Restauration convaincue d'hypocrisie, de mensonge et d'usurpation de complicité avec les souverains de la SainteAlliance ou preuves de l'existence du fils de Louis XVIChapitre 53 sur 54 · INTRIGUES CONTRE LUI · texte numérisé non relu

INTRIGUES CONTRE LUI

l'argent; en France, personne n'ajoute foi à ses prétentions. »

De leur côté, les envoyés de l'Autriche et de Froshdorff insistaient pour que le Saint-Siège se hâtât de neutraliser l'effet de la réception ; la coterie légitimo-religieuse de Y Univers agissait dans le même sens; le cardinal alors, usant des assertions du duc d'Harcourt, fit autoriser le journal à publier que M. de Richemont avait été rf çu comme simple catholique, et non comme fils de Louis XVI.

M. de Richemont, ne comprenant rien au refroidissement du Pape, à Pinaecompîissement des promesses qu'il lui avait faites d'intervenir près de sa sœur, et à cette dénégation politique d'un fait vrai, prit des informations, et sut le rôle qu'avait joué M. le duc d'Harcourt.

Le 2 avril 1850, nous nous présentâmes, M. Foyatier et moi, chez M. d'Harcourt, munis d'une lettre de M. de Richemont, dans laquelle il lui reprochait énergiquement ce qu'a ^ appelait « plus qu'une mauvaise action, » pour ne pas dire le mot. M. d'Harcourt s'excusa, prétendit avoir été induit en erreur par le nom, qu'ayant reçu la carte de M. de Richemont, il avait pensé que c'était le Richemont dont sa famille avait à se plaindre, etc. Nous n'eûmes pas de peine à lui démontrer l'impossibilité d'une confusion et l'inexactitude de ses allégations : « Il n'avait pu recevoir une carte au nom de M. de Richemont ; M. de Richemont n'en a jamais eu ; il avait reçu non une carte, mais une lettre, signée : ex-baron de Richemont; le prêtre, qui l'avait copiée et remise au valet de chambre du duc, l'affirmait; sur le livre des voyageurs, il avait lu : Louis-Charles de France; M. de Richemont demeurait dans le même hôtel; il ne pouvait faire un pas sans être aperçu de M. d'Harcourt, qui, par conséquent, devait bien voir qu'il n'était pas le Richemont son débiteur ; M. d'Harcourt avait attendu le départ de M. de Richemont pour faire au ministre ses confidences mensongères; pourquoi, s'il avait cru réellement M. de Richemont le Richemont taré, ne pas avertir le ministre et le Pape avant la réception? » M. d'Harcourt demeura convaincu d'avoir volontairement affirmé une série de faussetés. Du reste, en les utilisant, le cardinal n'y croyait pas davantage. Honneur à la diplomatie !!

Poussés à bout par Yinflexible, ne sachant plus qu'opposer à ses preuves, vivement contrariés du bon accueil fait à M. de Richemont par le Saint-Père, et des inductions favorables à son identité qui en découlaient nécessairement» les légitimistes allèrent se renseigner daus les cartons de la rue de Jérusalem, et, s'emparant du quiproquo policier de 1842, publièrent à grand renfort de journaux et Je lettres, qu'ils avaient découvert ce que la police n'avait pu découvrir, l'origine de M. de Richemont, qui n'était autre que Claude Perrin,

fils d'un boucher de Lagoieu. Et là-dessus, grand triomphe de leurs adhérents! Comme s'il y avait l'ombre du sens commua à supposer le Gouvernement assez maladroit pour ignorer, malgré ses moyens de recherche, un secret qu'ils auraient pénétré, et pour ne pas se débarrasser, en le démasquant, d'un homme qui l'avait souvent gêné. Ils alléguaient des documents eitorqués par l'esprit de parti à la faiblesse ; Y Inflexible les réduisit au néant par la production de pièces contradictoires, émanées antérieurement des mêmes individus. C'était évidemment le suprême effort de la mauvaise foi se débattant dans une déshonorante agonie.

Les amis de la branche cadette produisirent aussi leur fable : ils inventèrent un Dauphin du Canada qui eut le privilège d'égayer tout le monde, excepté les gens de YUnivers, qui s'éprirent de commisération pour lui.

A Froshdoiff se trouvait l'entrepôt universel des bruits calomnieux : « M. de Richemont u'a pas été reçu à Gaete comme fils de Louis XVI ; » M. de Montbel et le Nonce de Vienne l'assuraient à la duchesse d'Angoulème; on sait à quoi s'en tenir; « M. de Richemont a été confirmé deux fois; » l'eût-il été dix, vingt, qu'est-ce que cela ferait à son identité ? mais on lui mettait sur la joue la confirmation de Naûndorff, ainsi qu'il est résulté d'une correspondance entre l'ancien évèque de Versailles et Mgr l'évêque de S...; « M. de Richemont est irréligieux, immoral, anarchiste, chevalier d'industrie. » On lui appliquait les méfaits de Mathurin Bruneau ; de NaûndorfF, de tous les Dauphins controuvés ; telles étaient les gentillesses dont les officieux de la Restauration rebatlaient chaque jour les oreilles de la duchesse d'Angoulème; et quand enfin, mieux instruite de la vérité par le respectable et pieux abbé L...., repentante peut-être, ou pressentant les approches de la mort, elle a demandé à voir son malheureux frère, ces honnêtes conseillers lui ont répondu : « M. de Richemont est au lit, malade; il ne peut venir. » Et M. de Richemont, plein de santé, n'aspirant qu'à une entrevue qui aurait rendu -le calme et la paix à deux âmes, serait parti au premier signe. Mais non ; l'intrigue devait enlever cette dernière consolation à l'exilée et à l'orphelin délacé.

CONCLUSION

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