OBSERVATION
OMPHALECTOMIE. — RÉSECTION DE LA GRAISSESOUS-OMBGILICALE.
Observation de M. le P' Karlmann
Mme L...,65 ans, ménagère, entre, le 12 février 1912, à l'hôpital Bichat, présentant au niveau de l’ombilic une tumeur dont l'apparition remonte à une vingtaine d'années. De petit volume à cette époque, la malade s’en inquiéta peu, et la conserva ainsi quinze ans sans gêne. Depuis cinq ans seulement, elle porte une ceinture.
Le 4 février dernier, en procédant à sa toilette, elle fut prise brusquement d’une violente douleur au niveau de l’ombilic, qui dura tout le jour, et s’accompagna de nausées. Les selles furent normales cependant, et tout se calma quand Ile se mit au lit.
Une crise semblable se serait déjà produite le 31 janvier, moins longue, mais plus violente.
En examinant cette femme, on est tout de suite frappé par un ventre volumineux et flasque, retombant si bas que l’ombilic se trouve à 15 centimètres au-dessous de la ligne passant par les épines iliaques antérieures e: supérieures.
La dépression ombilicale est remplacée par une tumeur présentant deux parties l’une supérieure, du volume d'un œuf, l’autre inférieure, un peu plus petite, Ces deux bosselures sont séparées par un sillon assez profond.
DT. y 2
Cette tumeur dépasse les limites de la cicatrice ombilicale distendue, sauf en un point à la partie inférieure gauche, où elle est encore visible, pour se continuer avec les parties avoisinantes.
La peau à ce niveau est rosée, parcourue par des veines bleuätres. Autour de l’ombilic on voit des vergetures.
Si on palpe cette tuméfaction, on se rend compte qu'elle diminue de volume, mais ne se laisse pas réduire complètement.
Par contre, elle augmente pendant la toux et atteint la grosseur d’une tête de fœtus. On ne perçoit pas de gargouillement.
La consistance des deux parties n’est pas la même; l’inférieure est molle et dépressible, la supérieure présente une certaine résistance au doigt.
L'examen général de la malade nous montre des organes sains, et les antécédents ne nous apprennent aucun détail notable.
Opération le 15 février 1912. — Une incision transversale se dédouble au niveau de l’ombilic, une branche passe immédiatement au-dessus de la hernie, l’autre notablement au-dessous, les extrémités de l’incision allant jusqu'aux limites latérales de la face antérieure du ventre. Nous circonscrivons ainsi une large côte de melon comprenant la hernie et la masse graisseuse.
Puis nous décollons cette masse graisseuse de la paroi aponévrotique de l’abdemen dans toutes les directions jusqu'au collet de la hernie qui n’est pas plus grand qu’une pièce de cinq francs; à ce niveau, une incision circulaire nous permet d'enlever la hernie ombilicale et son contenu, après pincement, de l’épiploon dans le ventre.
Il n’y a dans la hernie que de l’épiploon; le côlon transverse affleure. On fait une ligature par petits paquets de cet épiploon; deux catguts chromés en Ü appliquent la lèvre supérieure de l’orifice herniaire sur la face antérieure de l’aponévrose sousjacente,
Un surjet de catgut fixe le bord de ce contour à la face antérieure de l'aponévrose. Il n’y a à lier que quatre ou cinq vaisseaux.
Une contre-ouverture à la partie inférieure du décollement
OU
permet de passer deux bouts de drains. La peau de la région hypogastrique, en grande partie dégraissée, est remontée et suturée à la lèvre supérieure de la plaie.
Le lendemain, 16 février, un drain fut enlevé, et le second, le jour suivant.
Le 26, on fit l’ablation d’une partie des fils, et les derniers furent enlevés le 28.