‹ La restauration de la paroi abdominale par résection étendue des téguments et de la graisse sous-cutanée et le plissement des aponévroses superficielles envisagée comme complément de la cure radicale des hernies ombilicalesChapitre 15 sur 30 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

PROLAPSUS ABDOMINAL. — HERNIE OMBILICALE ET SUS-0MB]- LICALE. — POLYSARCIE ÉNORME.

(Obs. de M. H. Morestin.)

La malade, une dame M..., âgée de 49 ans, entre à Tenon, salle Boyer: service de M. Morestin, pour une fracture de jambe, le 12 janvier 1910.

On luimet, le 18, un appareil plâtré qui est enlevé le 4 mars. La fracture est alors consolidée. Mais cette malade, que le hasarl d’un traumatisme avait conduite à Tenon, présentait par ailleu:s une difformité des plus pénibles, une volumineuse hernie susombilicale s’accompagnant d’un énorme prolapsus abdominal. Le ventre effondré et pendant tombait au-devant des cuisses au point que l’ombilic se trouvait au-dessous de la vulve.

Au-dessus du nombril existe une grosse masse herniaire, plus grosse que les deux poings.

Des bourrelets adipeux contournent les flanes, prolongeant cette sorte de tablier qui descend sur les cuisses. Les mamelles sont affreusement ptosées el les fesses hideusement chargées de graisse mollasse complètent cel horrible tableau.

La malheureuse femme est extrêmement incommodée,

Dans la position debout, on peut noter que les jambes devien-

nent tout à fait violettes, indice d'un trouble grave de la circulation veineuse.

Cette malade est opérée le 28 avril 1910.

Au lieu d’agir directement sur la hernie, M. Morestin décide de réséquer une très large tranche de peau et de graisse au-dessous de l’ombilic, et par là après un décollement, d'accéder à la hernie, de combiner le dégraissage, la cure de la hernie et la reslauralion pariélale.

Deux énormes incisions curvilignes délimitent la tranche à réséquer ; l’une passé dans le sillon sus-pubien, l’autre à dix cen— timètres au-dessus.

Elles se réunissent sur les limites de la région lombaire. Chacune d'elles a plus de 50 centimètres de long.

Le pannicule adipeux a de trois à quatre travers de doigts d'épaisseur. Il est parcouru par de nombreuses veines assez volumineuses. L’aponévrose libérée, cette vaste tranche cutanéouraisseuse est enlevée. On s'arrête un moment pour assurer l’hémostase. Puis le décollement par en haut commence après tamponnement de toute la plaie.

Deux hernies se montrent alors successivement, lune ombilicale proprement dite, peu volumineuse, contenant de l’épiploon:; l’autre, plus haut située, dont la partie ntestinale s'est réduite pendant lanesthésie, mais qu contient encore presque tout l’épiploon, tout, sauf ce qui s'était logé dans la petite hernie sousjacente. Entre les deux sacs, se trouve un pont de deux centimètres de ligne blanche.

Les deux sacs sont réséqués avec leur contour fibreux, et réséqué encore le pont intermédiaire, de façon à n'avoir plus qu'un seul orifice. Résection de l’épiploon tout près du côlon.

L'orifice est fermé transversalement et cette suture est enfouie sous une nouve'le rangée de points séparés, ce qui se fat très facilement sans traction aucune et donne un très bon affrontement.

Sous la nappe Légumentaire relevée, on procède à l’ablation de vastes paquels graisseux. Des ligalures assez nombreuses sont placées. La cicatrice ombilicale a élé conservée. Aussi quand le

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lambeau décollé est rabattu, car il s’agit d’un véritable et vaste lambeau, l'abdomen offre-t-il un aspect presque normal, bien différent de ce que l’on observe après l’omphalectomie., D'autre part, le cône quise soulevait par une sorte d’érection violente, à chaque effort de la malade, ne se montre plus depuis la réduction de la paroi dans le sens vertical.

La suture de la peau nécessite, à la vérité, un nombre énorme de points de suture. Aux deux extrémités, on laisse deux gros drains.

Un bandage spécial avec une pièce entière de flanelle est nécessaire pour envelopper la malade, malgré la diminution opératoire qu’elle vient de subir.

Le chloroforme, comme on pouvait s’y attendre, a été fort mal supporté; sécrétion bronchique extrêmement abondante, faciès violacé, respiration difficile.

Quand l'opération est {erminée, au bout d’une heure un quart, la malade a bon aspect, le pouls est satisfaisant. Elle ne parait pas choquée. Les suites furent assez simples. Les premiers jours, le pouls fut à 116. L’opérée se plaint de n’avoir pu dormir et d’être fatiguée. Les vomissements s’arrêtèrent presque tout de suite.

Le 3 mai, les drains furent enlevés, et quelques jours plus tard les fils.

Le 20 juin, la malade se lève et s’en va bien guérie le 25 du même mois.

Elle a été revue depuis à quelques reprises; son état est resté tout à fait satisfaisant ; elle se sent infiniment mieux et capable d’une activité beaucoup plus grande.

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