‹ La restauration de la paroi abdominale par résection étendue des téguments et de la graisse sous-cutanée et le plissement des aponévroses superficielles envisagée comme complément de la cure radicale des hernies ombilicalesChapitre 16 sur 30 · OBSERVATION TIT · texte numérisé non relu

OBSERVATION TIT

RÉCIDIVE D'UNE HERNIE OMBILICALE CHEZ UNE FEMME ÉNORME. LI PECTOMIE ÉTENDUE.

(Obs. de M. H. Mrcreslin.)

Il s’agit d’une malade âgée de 50 ans, Mme T.., originaire de la Martinique.

Mme T...a déjà subi, en 1905, uneintervention pour une énorme hernie ombilicale, contenant l’épiploon, beaucoup d'intestin grêle et tout le côlon transverse.

L'opération avait été très laborieuse. Les suites immédiates en furent bonnes, mais au bout de quelques mois survint une récidive et la nouvelle hernie reprit en quelques années les droportions de l’ancienne. Même elle s’étrangla à plusieurs reprises, mais chacune de ces crises put être heureusement conjurée sans intervention.

Mme T... est une femme énorme, elle a eu six enfants. Elle a eu autrefois de nombreuses poussées de lymphangite des pays chauds qui ont abouti à un éléphantiasis de la jambe gauche. Menant une vie sédentaire et douée au surplus d'un formidable appétit, son embonpoint est devenu prodigieux, et l'abdomen atteint chez elle des proportions véritablement gigantesques.

Au mois de juillet 1911, elle vient réclamer une nouvelle intervention, :

A ce moment on constate la présence d'une hernie grosse comme trois fois le volume du poing environ, car ses dimensions sont difficiles à préciser à cause de l'énorme quantité de graisse.

Le ventre immense, archi-pendant, cache le mont de Vénus et la vulve; il descend jusqu'à mi-cuisses,

Un sillon d'une grande profondeur se creuse entre la paroi

abdominale prolabée, le mont de Vénus et la racine des cuisses, sillon dont les parois sont intertrigineuses.

Par-dessus ce ventre tombant, descendent des mamelles gigantesques. Cette pauvre femme est vraiment monstrueuse, On conçoit qu'un pareil prolapsus, accompagné de hernie, entraîne une sensation de gêne intense, des troubles digestifs, et que cette malade soit une véritable infirme.

L'opération eut lieu le 4 juillet 1911.

Ge ne fut pas une mince affaire que d’équilibrer, sur la table d'opérations, cette patiente dont le ventre débordait de chaque côté en deux masses fluentes. Après une toilette soigneuse mais difficile, narcose au chloroforme.

Comme les autres fois incisions curvilignes circonscrivant la hernie et une énorme bande de peau et de graisse, venant mourir en pointe à la limite des régions lombaires.

Dissection rapide en rasant les aponévroses abdominales.

La cure radicale présenta des difficultés excessives. Les anses grêles étaient amalgamées, agglomérées, réunies par de multiples brides fibreuses entre elles, au pourtour de l’anneau et à la paroi cutanéo-graisseuse. Il fallut sculpter tout ce paquet et ce fut un long et délicat travail.

L'intestin réduit, la brèche abdominale fut suturée en travers par un surjet au catgut.

Un autre, allant d’une extrémité de la plaie à l’autre, fut pratiqué au-dessus de celui-là, toujours en travers.

Suture de la peau au crin de Florence (plus de soixante points).

A chaque extrémité, un gros drain fut placé.

Le sort de cette malade ne manquait pas de nous inquiéter.

L'opération avait ététrès difficile, et la résection graisseuse considérable. Les poumons, emphysémateux, fonctionnaient mal, et le cœur était un peu fatigué. De fréquentes quintes de toux ébranlèrent la paroi, et firent craindre pour les sutures profondes.

Il se produisit un abondant écoulement de graisse liquide qui ajourna un peu la guérison.

ss LOPE C use

Néanmoins celle-ci survint sans autres accidents et la malade s’en alla, parfaitement guérie, le 15 août.

Elle est actuellement dans une île des Antilles, et a donné ‘tout dernièrement de ses nouvelles.

« Je suis, dit-elle, bien portante et frisant presque l'élégance. Enfin je suis contente. »

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