‹ La restauration de la paroi abdominale par résection étendue des téguments et de la graisse sous-cutanée et le plissement des aponévroses superficielles envisagée comme complément de la cure radicale des hernies ombilicalesChapitre 23 sur 30 · OBSERVATION,VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION,VIII

WEINHOLD. — Communication à la société de gynécologie de Breslau.

(Zentralb. f. Gyn., 1909, n° 38.)

Voilà un cas opéré il y a six mois. C’est une malade de 50 ans, femme de taille moyenne mais pesant plus de deux quintaux. Le ventre lourd et puissant est excessivement prolabé. Dans la station debout, il descend jusqu'aux deux tiers de la cuisse. La posr tion assise est difficile. Il lui faut un siège où elle soit presque debout. Toute occupation manuelle lui est interdite. Ellene peut pourvoir aux soins de la partie inférieure du corps.

Avant l'opération, pour se laver ou se vêtir, il lui fallait l’aide de deux personnes. +

Elle vint consulter pour se faire opérer, par suite de la crainte que lui causait une grosseur du volume du poing, qui s'était montrée dans la paroi abdominale au niveau de Pombilic.

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Elle approuva avec joie mon projet de la débarrasser à ka fois de sa tumeur et de remédier à son ventre effrav ant.

Sous le sbernum, je commençai deux incisions obliques descendant vers le bas, figurant un ovale, assez longues pour que la’ suture qui en résulterait vint finir à un travers de main de la symphyse. À leur terminaison, je me dirigeai en un angle légèrement obtus en dehors jusqu'aux flancs, au delà des bourrelets graisseux difformes, Le ventre est alors relevé en haut par un aide, et les deux extrémités de l’incision «les flancs sont réunies par une ligne transversale à quatre doits au-dessus du pubis. On enlève toute la partie circonscrite par les incisions peau et graisse. Il ÿ en avait onze livres et demie

On réunit les aponévroses, la graisse, la peau par des sutures étagées. Pour l’aponévrose, on plaça trente points à la soie, et soixante pour la peau. La cicatrice transvesale, mesurait 6S centimètres. La plaie perpendiculaire 20 centimètres. Pour plus de sûreté, je placai de larges plaques de plomb reliées par un solide fil d'argent accrochant la peau pour détendre là vicatrice.

La cicatrisation eut lieu par première intention. Le résultat plastique est parfait. La malade, depuis quinze ‘ns,ne s’est pas sentie si légère.

OBSERVATION IX De M. A. Desjardins.

Sociélé des chirurgiens de Paris, séance du 6 mai 1911.

I s’agit d’un homme, Auguste S..., âgé de 47 ans, cocher de fiacre. Aucun antécédent héréditaire, aucun anlécédent personnel si ce n'esb une fièvre Lyphoïde dans l'enfance ol des crises de rhumalisme depuis l'âge de 25 ans. C'est vers l'âve de 28 ans que

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le malade s’est aperçu qu'il engraissait immodérément. (11 exerçait alors la profession de cocher. Il avait toujours été d’une forte constitution puisque à l'âge de 24 ans, il:pesait 92 kilogrammes. C'est: donc à partir de 20 ans que la polysarcie s’acerut dans des proportions énormes, et telles qu'à l’âge de 33 ans, le malade pesait 169 kilos, soit une augmentation de 77 kilogrammes en cinq ou six ans. Deux ans après, à l’occasion d’une sévère crise de rhumatismes, le malade fut mis au régime lacté absolu pendant. quatre mois; il fut eonvalescent pendant trois ou quatre mois,s

bien qu'au bout d’un an il ne pesait plus que 129 kilogrammes, soit 40 kilogrammes d’amaigrissement.

Il reprit sa vie habituelle et engraissa de nouveau progressivement pendant les années suivantes, et en dix ans il remonta au poids formidable de 189 kilogrammes. Des uleères de jambes survinrent pour le traitement desquels il se fit hospitaliser à l'hôpital Rothschild en 1910. Comme il avait de l’albumine, le docteur Kahn le met au régime lacté et au bleu derméthylène. Ses ulcères se cicatrisent, son albumine descend, mais sans disparaître complètement. On le met au régime de Guelpa, et au bout de trois mois de traitement il était descendu à 156 kilogrammes, mais le: régime de Guelpa lui était devenu mtolérable, ét son obésité était encore telle qu'il ne pouvait marcher ni se livrer au moindre travail.

A. la suite de son amaigrissementi rapide, le ventre devenu flasque tombe sur la face antérieure des cuisses jusqu’à quatretravers de doigt au-dessus du genou.

Décidé à se faire opérer, il accepte, sur le conseil du docteur L. Kahn, de venir à la Polyclinique Rothschild, où il entreile 28 janvier 1911.

I1 pesait 196 kilogrammes à son entrée, que sa circonférence au niveau de l’ombilic était de 1m. 98.

Opéralion le 3 février. — Le malade, préparé de la veille, est amené éveillé dans la salle d'opération — ce qui est contraire à ba règle absolue — il se place sur la table qui à deux reprises fléchit sous son poids et qu'on. est obligé de caler. Chloroforme, teinture d’iode sur tout l'abdomen. Sitôt qu’il dort, je saisis son abdomen

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avec trois grandes pinces à griffes qui sont accrochées dans la poulie de Reverdin et j'arrive ainsi à soulever et à tendre son abdomen. Je fais alors une vaste incision losangique dont l’extrémité supérieure part de l’appendice xyphoïde dont le: extrémités latérales vont jusque sur une légère perpendiculaire élevée sur les épines iliaques, et l'extrémité inférieure s’arrête à la symphyse pubienne. J’ai ainsi une incision qui a 90 centimètres de long sur 60 de large. Très vite et très facilement, je libère tout le tour de cette vaste incision jusqu’à l’aponévrose, que je dissèque sur sa face antérieure sur toute la périphérie de l’incision en me rapprochant, symétriquement, de tous les côtés de l’ombilic. Bientôt le lambeau enlevé ne tient plus que par le pédicule ombilical, qui contient une volumineuse épiplocèle noyée dans la graisse. Abandonnant alors la dissection de la face antérieure de l’aponévrose, j'incise la paroi dans toute son épaisseur sur le côté gauche et de dedans en dehors,suivant le procédé de Condamin; j'attire l’épiploon hernié. Alors, en quelques coups de bistouri, je libère le lambeau de paroi, et je l’enlève grâce à la poulie de Reverdin. Hémostase facile avec une douzaine de ligatures à la soie fine. Résection de l’épiploon hernié, fermeture de l’anneau ombilical. Durée de l'opération : quatorze minutes.

Puis il faut maintenant suturer la peau. Je rapproche deux à deux les côtés de mon losange, avec de solide fil d'argent, et j'ai ainsi une cicatrice cruciale; on complète avec des fils de soie et cette suture demande beaucoup de temps,étant donné le grand nombre de points nécessaires. Durée totale de l'opération : cinquanteminutes. Pas de drain.Chloroforme au Roth Draeger 70 centimêtres cubes. Poids total enlevé, paroi et épiploon : 2? kil. 400.

Les suites furent normales; température ne dépassant pas 370,4 rectale; le pouls fut pendant trois ou quatre jours rapide 100 à 115 avec quelques intermittences.

Sachant que le malade avait toujours un peu d'albumine, je laisse les fils onze jours, et, malgré cela, après leur ablation, il y eut une désunion sur une dizaine de centimètres, les lèvres de la plaie étant atones et livides. On fait le pansement tous les deux jours et peu à peu la cicatrisation fut complète.

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* Aujourd’hui il marche facilement et éprouve une très grande amélioration ; il va pouvoir reprendre sa vie normale. Le 15 mars, il pèse 118 kilogrammes, il a donc maigri indépendamment de la masse enlevée.

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