‹ La restauration de la paroi abdominale par résection étendue des téguments et de la graisse sous-cutanée et le plissement des aponévroses superficielles envisagée comme complément de la cure radicale des hernies ombilicalesChapitre 4 sur 30 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il est clair que ces opérations larges et complexes, ne pouvaient être ni pratiqu'es ni proposées avant l’avènement de l’antisepsie et des techniques modernes, et qu’on n'ait songé qu'à une époque récente à élargir la eure de la hernie ombilicale, C'était déjà beaucoup que de s’oceuper du sac, à une époque où l’on discutait encore sur les indications de l'intervention.

Les premiers opérateurs se sont estimés très heureux de pouvoir fermer l’orifice, sans trop s'inquiéter de la paroi. Justement parce qu’on n’en a pas assez tenu compte, les résultats ont été souvent mauvais et les récidives fréquentes.

Actuellement, certes, on fait mieux et il faut reconnaître chez tous les opérateurs un juste souci de prévenir le retour de la hernie en augmentant le plus possible, à l'endroit où elle siégeait, la résistance de la paroi. Une foule d’ingénieux procédés ont été utilisés dans ce but. On a employé de diverses façons l’aponévrose des muscles droits, des lambeaux des muscles eux-mêmes, on a accumulé les plans de sutures. Il serait trop long de les énumérer : aussi bien leur histoire est faite excellemment dans divers travaux parmi lesquels il nous plaît de citer la thèse d’agrégation de P. SEGOND (1883), le travail de Bro- DIER (1893), et nos deux grands traités classiques de chirurgie. Quelle que soit l'importance de ces améliorations techniques, on peut dire que les procédés couramment utilisés aujourd’hui pour la cure radicale des hernies de

l’ombilie, ne répondent pas complètement aux indications particulière des hernies accompagnées de ptose et de prolapsus graisseux.

Or, depuis quelques années, on s’est attaqué avec une hardiesse constante à ces cas difficiles, et des publications, aujourd'hui assez nombreuses, ont été consacrées à l'étude d'opérations de plus en plus larges.

L'adoption de la suture transversale pour la fermeture de l’anneau ombilical, et la direction transversale des incisions cutanées nous paraissent avoir contribué eflicacement à orienter les chirurgiens vers ces techniques nouvelles, dont elles constituent en quelque sorte l’amorce.

A la Société de chirurgie, M. DEMOULIN a eu récemment l’occasion d’enrelater l'histoire (Rapp.sur observ. DUJARIER, mai 1912). Il en a cherché avec soin l’origine, et en attribue l’idée à DucHAMP, chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Saint- Etienne, qui publia son procédé en 1896, dans La Loire médicale, et le fit à nouveau décrire dans la thèse d’un de ses élèves (ALLEMAND, Lyon, 1896). Mais DucHaMp suture transversalement le seul orifice herniaire; pour la peau, il conserve l’incision ordinaire verticale. En 1S99, Mayo, dans les Annals of Surgery, publie la relation de deux cas de hernies ombilicales opérées par un procédé analogue, qui lui a donné entière satisfaction.

Aussi, en 1903,une pratique plus étendue lui ayant donné une plus grande expérience de cette technique opératoire, il fait paraître dans le Journal of 1he American medical Associalion, un mémoire, dans lequel il annonce son inten- Lion de faire de la section et de la suture transversale son procédé habituel,

La même année, la Semaine médicale donne le résumé d’une publication de KAYSER parue dans Hygiea sur le même sujel.

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TAVEL engage à employer ce procédé chez l’enfant (Revue médicale de la Suisse Romande, 1904); KocHER le recommande également.

Au Congrès de chirurgie de 1905, GouRDET le propose à nouveau, MOoREsTIN s’en déclare partisan résolu. Depuis 1900, il en use pour la cure radicale de toutes les grosses hernies ombilicales, et n’a eu qu’à s’en louer. WALTHER déclare aussi avoir pratiqué la suture transversale de l’anneau.Bientôt après, MICHEL consacre sa thèse à l’étude de ce mode de fermeture de l’orifice ombilical et relate les observations de GouRDET (Bordeaux, 1906).

KELLY (de Baltimore) l'utilise dans tous les cas de hernies ombilicales qu'il a occasion d'opérer.

En 1909, HAyD (de Buffalo) rapporte le résultat de onze interventions conduites de cette facon avec plein succès. Il en décrit la technique opératoire d’après Mayo dans l'International Journal of Surgery (décembre 1909).

Chez un sujet gras, on peut penser qu’en élargissant considérablement le cadre de l’opération, en agrandissant petit à petit les limites de l’ellipse cutanéo-graisseuse, limitées par les incisions transversales passant au-dessus et au-dessous de l’ombilic, on soit arrivé à de larges, d’immenses résections de peau et de graisse. |

Dans la pratique que nous voudrions conseiller, deux idées directrices apparaissent : « Faire une bonne cure radicale; débarrasser le sujet d’un poids énorme de graisse encombrante. »

Ces excisions graisseuses ont été tentées par divers chirurgiens. Chose curieuse, ils se plaignent tous, chacun en particulier, de la pénurie des documents, et semblent s’ignorer les uns les autres. Le seul travail qui soit cité à plusieurs reprises est la communication de DEMARS et Marx (1) qui

(1) Demars et Marx. Le Progrès médical, 5 avril 1890.

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date de 1890, Il est cependant juste de dire qu'à cette époque, cetle innovation n'eut pas grand succès et que la méthode tomba dans le plus complet discrédit., GAUTHIER (1) (de Luxeuil), dans sa thèse, cite l'observation qui en fut le prétexte. C’est d'Amérique, ditl, que nous vient cette méthode nouvelle, sans d’ailleurs insister davantage, ni indiquer aucune source, Sans doute peut-être faital allnsion à l'observation n° IIT de son travail que lui communiqua M. Rockay, de Portland (Orégon).

Il s'agissait d’un malade d’un embonpoint extraordinaire qui était justement porteur d'une volumineuse hernie ombilicale Il retira le plus grand profit de la cure chirurgicale qu'il subit en l’année 1893, et du régime qui lui fut imposé par la suite.

L'année suivante, DELAUNAY opérait dans le service de PÉAN, à l'hôpital international, un cas semblable que rapporte également GAUTHIER. Puis le silence se fit sur cette question pendant plusieurs années, quand, au mois d'octobre 1899, H.-A. KELLY (2?) la ramena à l'actualité.

En 1900, à la Salpêtrière, le Professeur SEGOND eut un instant dans son service, une femme monstrueuse. Il la présenta à la Société de Chirurgie comme un cas curieux, mais n'y toucha point. Son histoire a été publiée par MM. BonnEaU el DaRTIGUES dans l’/conographie de la Salpêtrière.

PÉAN, qui l'avait connue, parait-il, avait songé à l’opérer. Mais, artiste foraine, s’exhibant en publie, elle ne voulut pas sacrifier son gagne-pain et refusa énergiquement

En novembre 1900, J.-B. Burirrr (3) (de Louisville) publie Pobservation d'une de ses opérées,

(1) Gauinien, Th. Paris, 1894-95. (2) Kery. Jo'n Hopkins Hospital Bullelin.

(3) S, B. BurreTr, Ann. of Surgery (nov. 1900),

En mars 1901, PETERS rapporte un cas de KELLY, datant de 1899.

Nouvelle opération de KELLY au courant de 1909, Le terme « Lipectomie » est créé.

En France, une courte analyse est consacrée au travail de KELLY par LECÈNE dans le Journal de Chirurgie.

En Allemagne, on s'occupe aussi de la question. En 1906, GRASER résèque dans les hernies ombilicales une tranche de peau et de tissu graisseux. C’est le dernier temps d’une opération compliquée destinée à refaire les parois abdominales. Malheureusement, sa longueur (elle dure deux à trois heures), ne laisse pas d’être inquiétante (Archives de Langenbeck, [Pr EXXX). En 1909, une observation de WEINHOLD est le prétexte d’un article important {Zentralblalt fur Gynecologie, sept. 1909).

Puis l’année 1911 voit les travaux d’'OELECKER le 10 mars et de JoLLy en juillet.

Presque au même moment, DESJARDINS présente à la Société des Chirurgiens de Paris, un cas fort intéressant qui fait l’objet d’un rapport documenté de M. DARTIGUES.

Enfin, récemment, plusieurs malades ont été opérées par MorEsTIN, dont lesobservalions ont provoqué ce travail; cinq à l'hôpital Tenon, une en ville, Les pièces provenant de trois de ces interventions ont été présentées à la Société Anatomique, mais aucune publication les concernant n’a pourtant paru dans le Bullelin.

Une des opérées, laparotomisée Le 9 décembre 1911, fut présentée à la Société de chirurgie le 7 février 1912, Une autre le fut le 15 mai dernier.

Entre ces deux dates, à la séance du 20 mars 1912, M. DUJARIER a également montré à la Société une de ses opérées dont l’observation à motivé un intéressant rapport de M. DEMOULIN.

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Les documents, comme on le voit, ne sont pas extrêmement nombreux, bien que tous les cas opérés aient été publiés. Ils ne sont pas non plus très anciens. Mais tels quels, ils sont cependant suffisants pour pouvoir prêter à une étude d'ensemble des indications, des contre-indications, des procédés opératoires et des résultats que l’on en peut espérer.

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