LA RÉSURRECTION DE> DIEUX
sauver Marie ; et il demanda son aide à Léonard, qui la, lui accorda. Ensemble, ils concertèrent un plan d'évasion. Ils fixèrent la fuite de Marie au 30 décembre ; à cette date le duc devait quitter Fano. \
Deux jours auparavant, un des geôliers, quils! avaient- corrompu, accourut, tard dans la soirée, les informer qu'ils étaient menacés d'une dénonciation i mais Niccolo refusa d'y attacher grande importance,] disant qu'il n'y avait pas à s'inquiéter. Il était, M nouveau, sans argent, de mauvaise humeur, et se plaignait de tout.
— Quelle maudite vie! répétait-il. Si Dieu ne me
prendras en pitié, je crois que je vais tout quitter.
les affaires, monna Marietta et le petit garçon, car y
ne suis qu'une charge pour eux ; qu'ils s'imagiuen
que je suis mort, je m'enfuirai au bout du monde, y
me cacherai dans un trou quelconque où personne m
me connaîtra. Je m'engagerai comme secrétaire ■
bien j'enseignerai l'alphabet aux enfants dans quelqm
école de village, afin de ne pas crever de faim, jfl
qu'à ce que je sois complètement abruti et que ] an
perdu conscience de mon état ; car il n y a rien d
plus terrible, mon ami, que de sentir qu'on est fort
qu'on aurait pu accomplir quelque chose, mais quoi
ne fait rien, que mourir peu à peu. sottement, jou
après jour 1 ,.*.*■
A la veille de la date fixée, Niccolo se rendit dan
un bourg voisin, afin de tout préparer défmitivemen
pour la fuite de Marie. Léonard devait le rejomdr
le matin même.
Resté seul, il attendait de mauvaises nouvelle
d'une minute à l'autre, ne doutaut plus mamtenan
que l'affaire ne se terminât par un échec stupide
comme une polissonnerie d'écoliers.
Un terne matin d'hiver pointait aux fenêtres. U
frappa à la porte. L'artiste ouvrit. Niccolo entra, pal
et défait.
— C'est fini, prononça-t-il , en tombant d epuist
ment sur une chaise. Ce matin, avant l'aurore, on a trouvé Marie sur le plancher de la prison, la gorge tranchée...
— Qui est le meurtrier? demanda l'artiste, épouvanté.
— On ne sait pas; mais à en juger par l'aspect des plaies, ce n'est pas le duc. On dit qu'elle s'est tuée elle-même.
— Ce n'est pas possible! Une jeune fille comme celle-là !
— Tout est possible, continua Niccolo, vous ne le connaissez pas encore, ce duc...
Tl s'arrêta et pâlit, mais reprit, dans un élan irrésistible :
— Cet homme est capable de tout ! Il aura su amener cette sainte à porter la main sur elle-même...
— Auparavant, ajouta-t-il, quand elle n'était pas encore aussi surveillée, je l'ai vue deux fois. Elle était mince et fine comme un brin d'herbe. Une figure d'enfant. Des cheveux rares et blonds comme le lin. Elle n'était pas particulièrement belle. Comment at-elle pu séduire le duc? Oh ! messer Léonard, si vous saviez quelle enfant aimable et digne de pitié c'était !
Niccolo se détourna et il sembla à l'artiste que des larmes brillaient à ses cils.
Le 30 décembre, à l'aurore, les principales forces militaires du duc de Valentinois, environ dix mille aommes d'infanterie et deux mille de cavalerie, quittèrent Fano et disposèrent leur camp sur le chemin de Sinigaglia, au bord de la rivière Métaure, en attenlant le duc, qui devait sortir le lendemain, 31 décembre, jour choisi par l'astrologue Valguglio, en qui Sésar avait toute confiance.
Après avoir conclu la paix avec le duc, les conspi-
rateurs de Maggione, d'accord avec lui, préparaient une expédition commune contre Sinigaglia. La ville se rendit ; cependant le gouverneur déclara qu'il n'ouvrirait les portes à personne d'autre qu'au duc. Les anciens ennemis de ce dernier, ses alliés maintenant, pressentant quelque chose de funeste, refusèrent l'entrevue à la dernière minute. Mais César les trompa encore une fois, et les tranquillisa, les « ravit par des flatteries, — ainsi que le dit plus tard Machiavel, — semblable au basilic qui enchante sa victime par de doux accents ».
Niccolo, qui brûlait de curiosité, ne voulut pasi attendre Léonard et il s'arrangea immédiatement poursuivre le duc.
Quelques heures plus tard, le peintre partit seul.
La route allait au sud, et depuis Pesaro, suivait le bord de la mer. A droite, il y avait des montagnes dont le pied arrivait parfois si près de la grève, qu'il restait à peine un étroit passage pour le chemin.
Le jour était gris et calme. La mer grise aussi, unie) comme le ciel. L'air immobile semblait sommeiller.; Le croassement des corbeaux annonçait le dégel. Un crépuscule précoce tombait, en même temps que des; gouttes de pluie glacée ou de neige fondue. ° Les tours de briques rouge foncé de Sinigaglia appa,
rurent.
La ville était comprimée entre deux bornes, 1 eau et les montagnes. Après avoir atteint la rivière Misa: le chemin tournait brusquement à gauche. Làilyavai» un pont, construit obliquement sur la rivière, et abom tissant aux portes de la ville. Devant ces portes, des maisonnettes basses du faubourg formaient une petite place, ceinte en grande partie de hangars, appartenant à des marchands vénitiens.
A cette époque, Sinigaglia était un immense marché à demi oriental, où les négociants de l'Italie échangeaient leurs produits contre ceux des Turcs, des Arméniens, des Grecs, des Perses, des Slaves du Mon
rénégro et de l'Albanie. Mais ce jour-là les rues, même es plus fréquentées, étaient désertes. Léonard ne renïontra personne, sauf des soldats. On voyait partout les traces de pillage : les vitres brisées aux fenêtres, es serrures et les verrous arrachés, les portes enfon- 3ées, les ballots de marchandises jetés de tous côtés. 3n respirait une odeur de brûlé. Les bâtiments incenliés fumaient encore et, dans les coins des palais, on pouvait voir, attachés à de grosses boucles, des corps le pendus.
Il faisait sombre lorsque Léonard aperçut , à la umière des torches César qui se trouvait sur la )lace principale de la ville, au milieu de son armée.
Il faisait comparaître les soldats coupables de )illage. Messer Agapito lisait la sentence, et, sur un >igne de César, on menait les condamnés à la po- ;ence.
Au moment où l'artiste cherchait des yeux, parmi a foule des courtisans, quelqu'un à qui il pût denander ce qui s'était passé, il aperçut le secrétaire lorentin.
— Vous savez?... on vous a raconté?... dit Niccolo l'adressant à lui.
— Non, je ne sais rien et je suis content de vous ivoir rencontré. Mettez-moi au courant !
Niccolo le conduisit dans une chambre qu'il avait ouée aussitôt arrivé.
— Ainsi, vous ne savez pas encore? prononça-t-il olennellement. Ecoutez ! un événement extraordilaire et mémorable! César s'est vengé de ses ennemis. ..es conspirateurs sont arrêtés. Oliverotto, Orsini et fitelli attendent leur sentence de mort !
Voici ce qui s'était passé :
Arrivé le matin de bonne heure au camp de la ivière Métaure, César avait envoyé en avant deux sents cavaliers ; il avait fait mettre en mouvement 'infanterie, avançant lui-même derrière elle avec le 'este de la cavalerie. Parvenu aux portes de Siniga-
glia, là où le chemin, obliquant à gauche, suit la rivière j de la Misa, il ordonna à la cavalerie de s'arrêter, lai plaça sur deux rangs, l'un tournant le dos à la rivière et l'autre aux champs, en laissant entre eux un passage pour l'infanterie qui, sans s'arrêter, traversa le pont et entra dans la ville.
Les alliés Oliverotto Vitelli, Gravina et Paoloj Orsini étaient sortis à sa rencontre, montés sur des mules et accompagnés de nombreux cavaliers. Ils se hâtèrent d'enlever leurs toques et saluèrent le duc. Lui descendit également de cheval, leur donna d'abord la main à chacun, puis les prit dans ses bras et les< baisa avec une grâce enchanteresse, en les appelant « ses chers frères » .
Pendant ce temps, les capitaines de César, comme cela avait été convenu d'avance, entouraient Orsini. Vitelli et Oliverotto, de façon à ce que chacun d'eu* se trouvât placé entre deux familiers du duc. Arrivés au vestibule du palais, les alliés voulurent prendre congé; mais le duc, toujours aussi affable, les retint et les invita à entrer avec lui.
Alors, dès qu'ils eurent pénétré dans la salle de réception, les portes se refermèrent, et huit hommes armés se jetèrent sur eux. Ils étaient deux contre un. Ils les saisirent, les désarmèrent et les garrotté' rent. L'étonnement des malheureux fut si grand qu'ils ne songèrent même pas à se défendre.
Le bruit courait que le duc était décidé à en fioii avec ses ennemis, cette nuit même, en les faisant étranJ gler dans les oubliettes du palais.
— Oh ! messer Léonard, conclut Niccolo, si seule' ment vous aviez vu comme il les pressait dans se\ bras, comme il les couvrait de baisers ! Un mouve ment, un seul regard à faux, et il était perdu ! Mais i y avait une telle sincérité sur son visage, dans s« voix , que, le croiriez-vous ? j usqu'à la dernière minute je n'ai rien soupçonné; j'aurais donné ma main ï couper qu'il ne faisait pas l'hypocrite. Je suppose que
le toutes les fourberies qui se sont accomplies sur la terre depuis que la politique existe, celle-ci est la plus belle! l
Léonard sourit.
— Évidemment, dit-il, on ne peut refuser au duc 'audace et la ruse; mais pourtant, je vous avoue, Niccolo, que je suis si peu versé dans la politique que e ne comprends pas pourquoi vous vous extasiez à :e point sur cette trahison !
— Trahison ? interrompit Machiavel. Quandil s'agit lu salut de la patrie, il ne peut être question de tralison ou de fidélité, de bien ou de mal, de cruauté ou le miséricorde; tous les moyens sont égaux pourvu [ue le but soit atteint !
■h Qu'est-ce que le salut de la patrie a à faire ici ? I me semble, Niccolo, que le duc n'a pensé qu'à son ropre avantage !
— Gomment ? vous-même vous ne comprenez pas ? lais c'est clair comme le jour ! César est le futur nificateur, l'autocrate de l'Italie. Est-ce que ce n'est as visible? Il n'y a jamais eu de moment plus favoible qu'aujourd'hui pour l'arrivée d'un héros. L'Italie 'a encore jamais été dans une situation plus maleureuse qu'à préseot. Et, à demi morte, elle attend îlui qui pansera ses blessures, mettra fin aux vionces en Lombardie, au pillage et à la corruption en 3scane et à Naples, et guérira les plaies honteuses î sa vieillesse pourrie. Nuit et jour, l'Italie crie vers ieu, elle prie pour avoir un Libérateur, — et ce Libéiteur c'est César !
— Qui vivra, verra, Niccolo ! dit Léouard. Seuleent, voici ce que je voulais vous demander : pourîoi est-ce justement aujourd'hui que vous êtes, pour nsi dire, assuré de l'élection divine de César? Ou en est-ce l'embuscade de Sinigaglia qui vous a conincu, avec plus de force que toutes ses autres ac- >ns, qu'il est un héros? Il y a quelques jours à peine, us appeliez ce héros un monstre ?
— Oui. répondit Niccolo, déjà maître de lui et sàj| prêter attention aux dernières paroles de Léonard. ■ perfection de cette perfidie, plus que tous les autre* actes du duc, montre en lui l'union, si rare cne; l'homme, de grandes qualités opposées. Remarquezle, je ne loue ni ne blâme, je constate seulement Tous les souverains doivent réunir en eux deux na tures : l'une féroce, l'autre divine. Les gens ordinaires après avoir commis un crime, succombent sous I fardeau du remords. Seul, le Héros choisi du sort, al; force de tout supporter, de violer les lois sans peu et sans repeutir, tout eu restant innocent dans le ma comme les bêtes fauves et les dieux. Aujourd'hui, ] a vu pour la première fois ce trait chez César ; c est 1 sceau du choix divin, il est l'élu!... le demi-dieu.
— Lorsque les hommes posséderont la science pai faite, dit Léonard pensif, après quelques instants d silence, ils inventeront des ailes ; ils créeront une im chine qui leur permettra de voler, et ils seront comm des dieux. J'ai beaucoup pensé à cela. Peut-être qu n'en sortira rien; si ce n'est pas moi, un autre troi vera, mais il y aura des ailes humaines! Et quan elles seront là, tout changera î
— Allons ! Allons ! je vous félicite I dit en riant Nu colo Nous voici arrivés aux hommes volants. Me prince sera joli, à moitié dieu, à moitié bête fauve, av< des ailes d'oiseau. Vraiment, c'est déjà une chimer<
Gomme l'heure sonnait à la tour voisine, il se le^ brusquement. Il devait se hâter d'aller au chatea s'il voulait avoir des détails sur l'exécution proenan des conjurés. ,
Tous les princes italiens félicitèrent César de sa bel fourberie, bellissimo inganno. Louis XII, apprena l'embuscade de Sinigaglia, l'appela un exploit dig d'un ancien Romain. La marquise de Mantoue, Isabe. de Gonzague, envoya, comme cadeau à César, une ce taine de masques de soie, de diverses couleurs, po le carnaval qui approchait.
Au commencement de mars 1503, César retourna à Rome.
Le pape avait proposé aux cardinaux de récompenser le héros par le signe de la plus haute distinction que pouvait conférer l'Église à ses défenseurs, la a Rose d'Or ». Les cardinaux ayant approuvé, la cérémonie fut fixée à deux jours plus tard.
Au premier étage du Vatican, dans la salle des Pontifes, dont les fenêtres donnaient sur la cour du Belvédère, s'étaient rassemblés la Curie romaine et les envoyés des grandes puissances.
Étincelant de gemmes précieuses et coiffé de la tiare, parmi les éventails eu plume de paon qu'on agitait autour de lui, un gros vieillard de soixantedix ans, encore vert, à la figure belle et majestueuse, le pape Alexandre VI, monta les degrés du trône.
Les trompettes des hérauts retentirent, et sur un signe de l'Allemand Johann Burckhard, maître des cérémonies, entrèrent dans la salle les écuyers, les pages, les coureurs, les gardes du corps du duc, et le commandant du camp, Bartolomeo Capranica, qui tenait bien haut en l'air le glaive nu du Porte-Épée de l'Église romaine.
Le tiers inférieur de l'épée était doré et orné d'un fin damasquinage ; on y voyait la déesse Fidélité sur un autel, avec cette inscription : « La Fidélité est plus forte qu'une arme »; Jules César, triomphateur, s'avançait dans un char dont la devise était : « Ou César ou rien » ; il y avait aussi une scène de sacrifice autaureau, — au bœuf Apis de la famille Borgia, — autour duquel de jeunes prêtres nus brûlaient du thym sur les restes d'une victime humaine qui venait d'être immolée. L'autel portait ces mots : Deo optimo
maximo Hostia ; « Au Dieu tout-puissant et clément, 1^ victime ». Et au-dessous : In nomine Cœsaris omen; « Le nom de César est d'heureux augure ».
Après le glaive, venait le héros. Sur la tête il avait une haute couronne ducale, surmontée de la colombe du Saint-Esprit en perles fines.
Il s'approcha du pape, prit la couronne, s'agenouilla, et baisa la croix de rubis ornant la mule du Pontife.
Le cardinal Monreale remit à Sa Sainteté la Rose d'Or, merveille d'orfèvrerie.
Le pape se leva et prit la parole, d'une voix que l'attendrissement rendait mal assurée :
« — Reçois, mon enfant bien-aimé, cette Rose, symbole de la joie des deux Jérusalem, la terrestre et la céleste ; de l'Église guerrière et triomphante; de la béatitude des justes; de la beauté des couronnes impérissables; afin que tes vertus fleurissent en Christ, comme fleurit la Rose mystique. Amen !... »
César prit des mains de son père la Rose mystérieuse. Alors le pape ne fut plus maître de lui ; selon l'expression d'un témoin, « la chair l'avait vaincu ». Violant l'ordre de la cérémonie, au grand mécontentement du scrupuleux Burckhard, il se pencha, tendit ses mains tremblantes vers son fils, et sa figure se rida; tout son gros corps frissonna. Il avança ses lèvres épaisses et, puéril, bégaya :
— Mon enfant... César... César!...
Le duc dut remettre la Rose au cardinal de Saint- Clément, qui se trouvait près de lui. Le pape embrassa impétueusement son fils, et le pressa contre sa poitrine, riant et pleurant à la fois.
De nouveau, les trompettes des hérauts retenti rent, la cloche de la cathédrale de Saint-Pierre se mit à sonner. Les cloches de toutes les églises de Rome, et le bruit d'une canonnade partant de la forteresse Saint-Ange, lui répondirent.
— Vive César ! criait la garde romagnole dans la 30ur du Belvédère.
! Le duc s'approcha d'un balcon pour se montrer à l'armée.
Sous le ciel bleu, dans l'éclat du soleil matinal, impérialement revêtu de pourpre et d'or, portant la colombe du Saint-Esprit sur la tête et la Rose mystique — la joie des deux Jérusalem — dans les mains, il semblait à. la foule qu'il fût, non pas un homme, mais un dieu.
Le soir, on organisa un magnifique cortège masqué, d'après le dessin gravé sur le glaive, et représentant le Triomphe de Jules César.
Dans un char sur lequel se lisait l'inscription « le Divin César », le duc de Romagne était assis, une palme à la main et la tête couronnée de lauriers. Le char Était entouré de soldats habillés en légionnaires de l'ancienne Rome, avec des aigles de fer et des faisceaux de lances. Tout avait été rendu avec exactitude d'après les documents fournis par les livres, les monuments, les bas-reliefs et les médailles.
Devant le char marchait un homme portant le long vêtement blanc des hiérophantes égyptiens ; il tenait un étendard sacré où se détachait en or rouge le Bœuf héraldique de la famille Borgia, l'Apis écarlate, le dieu protecteur d'Alexandre VI. Des enfants en tuniques d'argent entrechoquaient des cymbales et chantaient :
Vive le Bœuf ! Vive le Bœuf ! Vive Borgia !
Et, bien haut, par-dessus la foule, se détachant sur le ciel étoile, illuminée par le scintillement des flambeaux, se balançait l'idole, la Bête, d'un rouge de flamme, comme le soleil levant.
Dans la foule se trouvait l'élève de Léonard, Giovanni Beltraffio , qui venait d'arriver de Florence chez son maître. Il regardait le dieu de pourpre, et se souvenait des paroles de l'Apocalypse :
« Et ils adoraient la Bête en disant : « Qui est sem- « blable à la Bête ? et qui pourra combattre contre « elle ?
« Et je vis la Femme assise sur une Bête écarlate, pleine de noms de blasphèmes, avec sept têtes et dix cornes.
« Et sur son front étaient écrits les mots Mystère, Babylone la Grande, mère des Impudicités et des Abominations de la terre. »
Et, de même que celui qui avait jadis écrit ces mots, Giovanni fut saisi, en regardant la Bête, « d'un grand étonnement ».