‹ La résurrection des DieuxChapitre 3 sur 34 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

finit par entreprendre une folle expédition en Perse, croyant que c'était, peut-être, le seul moyen de vaincre le Christ, de triompher de la religion « maudite », et de relever les autels des dieux morts. Mais les Olympiens sur lesquels il comptait ne lui furent d'aucun secours, et le trahirent. C'est alors que, selon la légende chrétienne, tombé sur le champ de bataille, il jeta, au moment d'expirer, ce cri de désespoir : « Galiléen, tu as vaincu! ». Mais une autre tradition veut qu'il ait ajouté : « Le Galiléen triomphe, mais la victoire sera à nous... plus tard. Les dieux reviendront... nous serons tous des dieux ! »

Et voici que, après des siècles, la prophétie de l'empereur mourant s'accomplit : éternellement jeune, l'antiquité héroïque se lève des tombeaux; de toutes parts les dieux ressuscitent. Leurs effigies de marbre, si longtemps ensevelies, reparaissent. Les puissants du monde, comme les plus humbles, les accueillent avec des marques d'enthousiasme, et se réjouissent de les voir renaître. C'est un élan irrésistible, qui soulève toutes les classes de la société italienne. Comme une flamme généreuse, le génie grec prodigue au monde une vie nouvelle. Mais tandis qu'une moralité plus douce, plus humaine s'efforce, selon l'expression de Michelet, « d'ouvrir les bras de TEglise indignement resserrés, de délier les formules byzantines et obscures de Nicée », la voix sombre de Savonarole, enhardie par l'effroyable corruption des mœurs, monte, toujours plus menaçante.

Et c'est ainsi que s'affirme, plus angoissant que jamais, l'antagonisme entre le Dieu- homme et l'homme-Dieu.

Comme on le voit, ces deux livres de M. Merejkowsky se rattachent à ce genre du roman histo-

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