‹ La résurrection des DieuxChapitre 7 sur 34 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

toutes les manifestations diverses de la beauté dans la vie et dans l'art, Vinci nous apparaît tout particulièrement sensible à la magnificence de l'idéal chrétien.

Cela nous donne donc le droit de penser que M. Merejkowsky, bien qu'il soit séduit par la beauté païenne, reconnaît, en même temps, le vide immense que présentaient ces ingénieuses personnifications des forces delà nature et des facultés humaines, parce qu'il leur manquait l'incarnation des plus hautes d'entre nos aspirations : l'amour et la charité. Et c'est pourquoi l'auteur de la Mort des dieux cherche la solution du problème présenté par la lutte éternelle entre ces deux conceptions de la vie, non pas en écartant complètement Tune d'elles, comme Ta fait Nietzsche ; mais au contraire, dans la synthèse la plus parfaite qui puisse résulter de l'union de ces deux principes.

Au reste, d'une manière générale, c'est une tâche très ingrate et risquée de prétendre deviner les opinions personnelles d'un écrivain, sur le sens qu'il donne à ses œuvres. Mais puisque, dans toute manifestation d'art véritable, ce que l'auteur a voulu exprimer est moins important que ce que l'œuvre elle-même nous dit, nous pouvons laisser de côté les vues, parfois encore vagues, de M. Merejkowsky, et ses partis-pris réels ou apparents, pour ne considérer que l'esthétique de ses romans, et l'impression qu'ils produisent sur le lecteur impartial.

Quelques critiques de M. Merejkowsky ont remarqué que le défaut le plus visible de ses livres se trouve dans leur construction. Ces livres s'éloignent souvent des lois propres à ce genre de littérature, et qui consistent dans le groupement habile des personnes et des événements autour d'un héros principal. En

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