‹ La retraite de BrunswickChapitre 6 sur 34 · LA NÉGOCIATION DB MANSTBIN · texte numérisé non relu

LA NÉGOCIATION DB MANSTBIN

prédilection de tous ses contemporains pour la monarchie du grand Frédéric. Lorsqu'en 4757, au début de la guerre de Sept-Ans, il prenait avec son père le chemin de la Westphalie, il faisait des vœux pour le roi philosophe*. Lorsqu'après trente années d'intrigues, il saisissait le pouvoir et déclarait la guerre à l'Autriche, il s'efforçait par tous les moyens de gagner Tamitié de la Prusse. Mais, dans le ministère, il n'avait pas eu les coudées franches ; dans son camp et à la tète de la seule armée qui défendait la France et Paris, il était maître d'agir à sa guise et de faire grand '.

Il préférait le métier de diplomate à celui de soldat. L'homme d'épée redevint homme de plume ' ; il rédigea des mémoires ; il noua des intrigues ; il engagea une de ces négociations subtiles dans lesquelles il déployait avec une sorte de jouissance les ressources de son intelligence si variée et si souple, jouant tous les personnages, parlant tous les langages, tantôt énergique et affectant une rudesse guerrière, tantôt sentimental et déplorant avec emphase les fléaux de la guerre. Les Prussiens refuseraient peut-être de rompre avec l'Autriche et de s'allier à la France nouvelle. Mais si Dumouriez ne pouvait les séduire, il arrêterait leur marche et les retiendrait dans l'inaction. Pendant les pourparlers, leur armée s' « enfoncerait dans le guêpier* ». Il con-

1 Dumouriez, M^m.y I, 1, 14.

* U disait ce mot à Choiseul, en partant pour la Pologne. Voir sur les négociations de Dumouriez pendant son ministère. Invasion prus^ sienne, p. 16-19.

* Cp> Valmy^ p> 19 ; Dumouriez, disait Prudliomme, écrit trop pour un général; nous savons depuis longtemps qu'il est toujours la plume à la main, qu'il entretient des correspondances avec tout Tunivers, et que, jour et nuit, on le voit sans cesse écrire, écrire, écrire {È^vol, de Paris, n» 194, p. 85). Fraîchement sorti du ministère des affaires étrangères, rapporte Rochambeau (M€m.^ I, 429), il se servit habilement de sa plume et de son épée pour dérouter tous les plans du roi de Prusse.

* Dumouriez à Biron, 25 septembre (arch. guerre). La lumière est faite aujourd'hui sur les dessous obscurs de cet épisode. Svbel, Hausser, Ranke, en Allemagne ; A. Sorel, en France, ont fait, d'après toutes les pièces, le récit de la négociation de Manstein ; en recommençant ce récit, nous entrerons davantage dans le détail et ajouterons à ce qu'on connaît déjà de nouvelles particularités (rôle de

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naissait le décoaragcment de ses adTersaJres ; fl ne demandait que huit jours pour achever, sans tirer un coup de fusil, leur complet épuisement. A quoi bon tenter la fortune des armes? Malgré le succ^ de Yahny, l'armée française n'était pas assez solide pour se risquer en rase campagne. Une attaque soudaine, un moure^ ment tournant des Prussiens avait encore chance de réussir. Il valait mieux, à la faveur d'une trève^ les amuser et les user.

II. Le 20 septembre, pendant la canenna<ie êe Vahnj, quelques employés de la chancellerie prussienne^ et avec eux le secrétaire de Frédéric-Guillaume, Lombard, restés à la ferme des Maisons-de-Champagne, étaient montés à cheval pour voir de loin la bataille. Cette curiosité leur coûta cher, ils fureat tous massacrés ou fiiits prisonniers par la cavalerie du général Duval. Lombard avait eu la bonne idée d'abandonner ses eompttguùos avant l'arrivée des Français ; il se repentait de son imprudence et craignait d'avoir poussé trop avant, n se hâtait de regagner les Maisons-de-Ghampagne, lt)rsqa^il aperçut, à peu de distance, une vingtaine de hussards qui venaient à lui. Il montait un mauvais cheral ; il préféra sauver sa vie en se rendant prisonnier que de recevoir des coups de fusil en se faisant poursuivre, n s'arrêta, a Qui vite », crièrent les hussards. — e Tout ce que vous voudrez, répoudit-il, je suis votre prisonnier. 3> Ils enlevèrent à Lombard sa bourse,, sa montre, sa bague, son cachet, ses éperons, et remmenèrent avec eux. lis arrivèrent dans une plaine où quelques troupes étaient rangées en bataille. Lombard avait un haJi)it bleu et un gilet rouge : il parla français ; soa costume et son langage le firent prendre pour un émigré. Des volontaires se jetèrent sur lui. « A la lanterne, criaientlis, il faut lui couper la tète, lui arracher les entrailles ! » Lombard protesta vainement qu'il était Prussien. Sa voix se perdait dans le tumulte. Heureusement, Duvai n'était pas loin ; les hussards prirent le galop et

Lombard et de Hejmaim, de Westermann, de Eellermann, de Thouvenot, etc.).

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menèrent Lombard au général. DuTal calma les volon>taires ; il aut bientôt qu'il avait devant lui le secrétaire du roi de Prusse ; il comprit l'importance de cette capw ture ; il traita Lombard fort poliment et le garda près de lui jusqu^à la fin de la journée.

Vers le soir, Lombard fut conduit à Sainte-Menehould. Il n'étieit pas descendu de cbeval depuis le matin ; li n*avaitpris aucune nourriture ; il ne s'était reposé qu'un quart d'heure dans la ferme où Duval avait établi son c[uartàeF généraL « Nous fûmes, dit-il, toute la nuit en route, parce que nous accompagnions quelques voitures chargées^ de blessés ; le vent, la pluie étaient horribles ; dépouillé de mon manteau, de mes gant&, l'étourdlâse^ ment seul, l'insouciance profonde où j'étais tombé et à laquelle je ne puis comparer aucune autre situation de ma Yie, m^empècha de succomber. »

Le lendemain, un aide-de-camp l'interrogea. Maie déjà Frédéric-Guillaume avait réclamé son secrétaire. Dumourie* fit donner à Lombard une belle chambre, la table, une- garde d'honneur. « Je n'en profitai pas, écrit Lombard- ; je n'avais plus de besoin, je fus trois jours sans manger et sans dormir, et ne m'en apercevais pas. »

Dumouriez vint s'entreteuir avec lui. Il lui fit de bril.lanle» promesses. Lombard n'avait encore que vingtcinq ans et devait diriger, sous le règne de Frédéric- Guillaume III, la politique extérieure de la Prusse ; il maniait le français et l'allemand avec une égale aisance. Dumouriez, qui démêla facilement ses aptitudes, essaya de lé gagner. « Prenez du service eu France, lui disaitil,, aussi bien pas un Prussien ne sortira vivant die notte territoire *. »

Lombard reçut encore dan& sa prison la visite d'un aîdenie-camp de Dumouriez, Fortair. C'était le confident du général, un de ses meilleurs amis, après Thou»venof, et l'un de ses principaux agents politiques*. Il

1 Lettre de Lombard, du 9 novembre 1792. Fils d'un maître peiv ruquier d'origine dauphinoise et de la Bernoise Suzanne Salomé Monod Lombard était né le !««■ avril 1767 à Berlin; il mourut à Nice le 28 avril 1812.

* Cp. sur Fortair, Valmy, p. 28. Claude-Marie Fortair était né le 2 février 1 757 ; il avait été élève du corps du génie et servait dans

remit à Lombard un mémoire destiné au roi de Prusse. Ce mémoire, que Fortair avait rédigé sur les notes de Dumouriez, devait « amorcer la négociation ». Le général représentait à Frédéric -Guillaume que la guerre entreprise par la Prusse était onéreuse et que le monarque en faisait tous les frais. Il exposait la situation de Tarmée prussienne, éloignée de tout secours, « violemment affectée par le dégoût, le flux de sang et le germe de toutes les maladies destructives », certaine de périr de misère et de faim c si elle était assez malheureuse pour faire encore quelques progrès sur le territoire français ». Le roi se laissait-il abuser à ce point par les agents de Içi maison d'Autriche ? Ignorait-il les ressources incalculables de la France ? Ne savait-il pas que la nation combattrait avec acharnement, jusqu'à ce qu'elle n'eût plus d'ennemis, ou qu'elle périt toute entière? Poursuivre la guerre, c'était augmenter le péril que courait Louis XVI et rendre à ses frères un mauvais service. « La marche du roi de Prusse ne peut qu'aggraver la situation de Louis XVI, et l'amitié qu'il porte à quelque autre personne ne pourrait réussir à couronner l'ambition de cette dernière. » Dumouriez exagérait à dessein les forces dont il disposait ; son armée, disait-il, était forte de 75,000 hommes ; il avait 45,000 cavaliers et plus de cent pièces de canon ; il recevait chaque jour des renforts qui venaient de tous les départements. Il faisait, en passant, l'éloge de M. Dumouriez, « général que l'universelle confiance a mis au plus haut degré du pouvoir ». Pourquoi le roi de Prusse s'obstinait-il à combattre la France? Les « intérêts intimes » des deux nations leur commandaient de vivre t en bonne intelligence et amitié ». Dumouriez proposait donc à Frédéric- Guillaume « de se retirer d'abord de sa personne et ensuite d'entrer en négociation sur le pied qui lui avait été proposé, lorsqu'il était ministre des affaires étrangères. Alors, ajoutait-il, le roi de Prusse retirerait son armée de ce pas dangereux où elle se trouve et s'en

la garde nationale parisienne depuis le 12 juillet 1789; ce fut la 29 août 1792 que Dumouriez le nomma son aide -de-camp. (Àrcb. nat. F ' 4598, brevet de Fortair.)

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servirait, ainsi qu'il y sera infailliblement appelé par une nécessité impérieuse, à achever le vrai plan de la monarchie prussienne, qui est de contrebalancer la maison d'Autriche, et il cesserait de s'en servir, contre toute politique juste et raisonnable, pour favoriser Tambition^e cette maison ». L'abaissement de l'Autriche était « le premier intérêt de toutes les puissances éclairées de l'Europe* ».

Lombard fut mis en liberté le 22 septembre. Mais Westermann était alors au camp de Sainte-Menehould. Il intervint de son propre chef dans la négociation. Il avait alors quarante et un ans. Sa jeunesse fut orageuse. Il servit successivement dans le régiment d'Esterhazy, dans la petite gendarmerie, enfin dans Royaldragons. Il avait été, par trois fois, accusé de vol, et la troisième fois, convaincu d'avoir dérobé chez un restaurateur un plat d'argent armorié. La Révolution fit sa fortune. Greffier de la mairie de Haguenau et commandant de la garde nationale, il vint à Paris « pour des affaires des communes de sa province » » et fut le bras de cette insurrection du 40 août dont la tète était Danton. Il avait pris le commandement des Brestois et on le vit jeter bas son habit, relever jusqu'au coude ses manches de chemise et diriger la colonne d'assaut contre les Tuileries. Impétueux, téméraire, vrai chef d'avant-garde, il devait se signaler dans les guerres de la Vendée par d'heureux coups de main comme par une fureur de sabrer qui lui valut le surnom de boucher parmi les chouans, et il eut devant les juges du tribunal révolutionnaire un mot presque sublime : « Je demanderai à me mettre nu devant le peuple, pour qu'on me voie ; j'ai reçu sept blessures, toutes par devant ; je n'en ai reçu qu'une par derrière, mon acte d'accusation *. »

* Arch. guerre, 22 septembre,

* iDterrogatoire de "Westermann, 19 avril 1793, devant le comité militaire (Arch. nat., A F, II, 22, p. 177)'. Il prétend qu'il était • lors de la révolution de 89, grand bailly du directoire de la noblesse et avant volontaire de cavalerie dans le régiment d'Ësterhazy, et sortant dadit régiment, il est entré dans les gendarmes de la garde où il a été trois ans surnuméraire >.

^ Comp. sur Westermann, Et, Barth, Notis hiograph, sur les hommes

ServaD Tavait nommé, sur la demande de Pétion, colonel de la légion du Nurd et adjudant-général à Tannée de Dumouriez. Les exemples de trahison, disait le conseil exécutif, qui ont livre nos places aux ennemis, les abus nuisibles qui se sont glissés dans les administrations militaires, et généralement les circonstances diffîdles où sont nos armées, demandent une surveillance extraordinaire qu'il est impossible aux généraux d^exercer d*une manière assez sûre; il fallait donc envoyer à Tarmée des Ardennes un commissaire particulier pour remplir ce a ministère de confiance * b. Ce commissaire avait été Westermanu. 11 alla travailler à Sedan, l'armée de Lafayette et porter à Yalenciennes la nouvelle de la capitulation de Longwy ; il accompagna Dumouriez à Grandpré et à Saiute-Menehould ; il envoyait à Danton des correspondances de Tarmée qu*il signait Wester*mann, commissaire national et que le ministre de la justice faisait lire aux Jacobins et reproduire dans le journal du club ou dans celui de Prud'homme ; dans l'intervalle, il avait fait un voyage à Paris.

Il apprit que Dumouriez avait renvoyé le secrétaire du roi de Prusse. Il se mit à la poursuite de Lombard, Farrêta de son autorité privée et le ramena a Sainte- Meiiohould. Dumouriez, assez mécontent, dut mettre "Weslermann dans la confidence ; il lui montra la lettre du roi de Prusse qui réclamait son secrétaire et lui communiqua le mémoire de Fortair. Westermann entra dans les vues du général, mais il demanda pourquoi Ton n'échangeait pas Lombard contre un Français prisonnier; il rappela que les Prussiens avaient enfermé dans la citadelle de Verdun le maire de Varennes, Georges, ancien membre de la Constituante et un des

de la Ri'vol, à Strasbourg^ 1877-1883, p. 539-541; Clarelie, Camille •Desmoulins^ 237-239; Taine, Conquête jacobine^ 259; sur son rôle au 10 août le Monit, du 24 décembre (témoignage de Carra, de Bonrdon de Scine-et-Oise et de Legendre); sur sou rôle en Vendée les JfAk du général Turreau (p. p. Lescure, 1877, p. 207) et Beanehamps, Guerre de la Vendée, 1807, II, p. 194-195. Turrean dit que « la Résolution n'a pas eu de charlatan qui eût aussi peu de talents et autt&t d'impudence que Westermann ».

1 i^rocès-verbauz du Conseil exécutif. (Ârch, mt.}

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plus ardents patriotes de la région de Test \ Damouriez aarait renvoyé Lombard sans conditions, par courtoisie et pour donner plus de prix à ses avances. Il fit ce que proposait Westermann. Lombard eut ordre d'écrire au camp prussien que sa vie répondait de celle de Georges et qu'il partagerait en tout le sort du maire de Varennes, mais qu'il ne serait renvoyé que par échange. Le secrétaire s'exécuta ; il transmit au roi de Prusse Toffre de Dumouriez, mais, ajoutait-il stoïquement, c je supplie Sa Majesté de ne pas écouler sa bonté, de n^ pas faire céder ses plans politiques à Tintérèt personnel d'un simple secrétaire et de m'abandonner à mon destin».

U fallait. porter au quartier-général prussien la lettre de Lombard, et le mémoire de Fortair. Westermann fut chargé de cette mission. C'était, après tout, un ami de Danton, et Dumouriez crut utile de l'employer. Le roi de Prusse le verrait peut-être avec déplaisir; mais puisqu'il sortait de la fournaise, on ne manquerait pas de le considérer avec curiosité ; on l'interrogerait sur les événements de: Paris et sur la captivité du roi. Il parlerait de la fermentation de la capitale^ des résolutions énergiques du conseil exécutif, des levées de troupes qui se faisaient partout. Il était Alsaci^i et savait l'allemand; il pourrait saisir au passage quelque renseignement utile; il a, disait Dumouriez, l'esprit liant et fin.

Westermann se rendit au camp ennemi le 22 septembre. Il fut présenté à celui qu'il appelait le tyran prussien. Il obtint que Lombard fût échangé contre Georges. Les princes français, raconte le secrétaire royal, crièrent en vain qu'on voulait leur arracher leur victime ; l'humanité du roi l'emporta, et ce bon maître consentit à tout pour me racheter. Le 23 septembre, dans la nuit, Lombard arrivait au quartier-général de Hans a harassé, affamé, épuisé, mais sain, un peu honteux seulement de son imprudence, pénétré de reconnaissance pour le roi, le meilleur des maîtres, et riche de mille expériences sur lesquelles il ruminait encore sans pouvoir trop fixer ses jugements ». Il courut aussitôt

* Sur Georges, voir Invasion prussienne, p. 261-265.

chez le duc de Brunswick. Le généralissime dormait dans la chambre qu'il partageait avec son fils aîné; mais on devait réveiller dès que Lombard serait de retour. Le secrétaire royal s'assit au pied du lit où reposait le jeune prince qui ne se lassait pas de l'interroger: il raconta tout ce qu'il avait vu et entendu; la conversation dura toute la nuit K

m. Une phrase du mémoire de Fortair frappa vive* ment Brunswick et Manstein. c M. Dumouriez prend la liberté de conseiller au roi de Prusse, de se retirer d'abord de sa personne, et ensuite, d'entrer en négociation sur le pied qui lui avait été proposé par ce général lorsqu'il était ministre des affaires étrangères. • On se rappelle les propositions de l'émissaire de Dumouriez, Benoit ; Schulenbourg refusa de i'en^ndre, mais il avait dit, en quittant Berlin, qu'on l'écouterait peut-être sur le territoire français *. Les Prussiens avaient envahi la France, et Dumouriez renouait avec eux les négociations rompues au mois d'avril ; il leur faisait de nouvelles ouvertures; il semblait, selon le mot du prince de Reuss, venir au devant d'eux et s'oflrir '.

On crut qu'il avait le dessein secret de rétablir la royauté renversée au 10 août et de devenir le connétable de la monarchie restaurée. On caressait toujours, rapporte le prlDce royal, le vain espoir de le rendre favo-' rable à notre entreprise ; en pensa le gagner à la bonne cause et connaître par lui les véritables dispositions de l'armée *, m Dumouriez, écrit Goethe, n'avait-il pas été partisan du roi et de la Constitution? Ne devait-il pas

* Voir sur le rôle de Westermann dans ce premier acte de la négociation, ses dispositions devant le tnbunal révolutionnaire et les notes de Topiiio- Lebrun, publiées par Ghardoillet, p. 25; sur le rôle de Lombard ses lettres du 28 septembre et du 10 octobre et surtout celle du 24 septembre, reproduite dans le texte original français par H.TIùfTer {ans dem Nachlasa Lombards und Lucchesinis^ p, 25-26J.

* Voir Invasion prussienne, ip. 19.

3 Vivcnot, Qnellen, II, 234. Bouille (ilf^m., 336) avait dit à Brunswick et au roi f qu'il serait peut-être avantageux de renouer cette négociation qui pourrait mener à un arrangement raisonnable >.

* Mémin,, 162.

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pour sa propre sûreté et son salut, combattre Tétat de choses existant ? C'eût été un résultat considérable, s'il se fût allié aux alliés pour marcher avec eux sur Paris * ».

Manstein et Heymann furent chargés de s'aboucher avec le général français. L'entrevue eut lieu le 23 septembre au quartier-général de l'armée du Centre, à Dampierre-sur- Auve. Les négociateurs prussiens dînèrent avec Kellermann et Dumouriez. Ce dernier raconte dans ses mémoires que Manstein lui fit mille complimeats ; on connaissait, disait le lieutenant-colonel, les talents de Dumouriez et l'autorité qu'il avait sur son armée ; il pouvait terminer à la fois la guerre et l'anarchie ; il était le maître de la paix et, en se déclarant pour Louis XVI, il rendrait un grand service à sa patrie et à l'Europe, c Colonel, aurait répondu Dumouriez, vous m'avez dit qu'on m'estimait dans l'armée prussienne ; je croirais qu'il n'en est rien si vous me proposez des choses qui me déshonorent. »

Ce qu'on sait, c'est que Dumouriez c promit beaucoup en paroles * » et « amplifia les principes contenus dans son mémoire * ». Quant à Manstein, il demandait, avant toutes choses , au nom de Frédéric-Guillaume, que Louis XVI fût mis en liberté et rétabli sur son trône ; à celte condition, disait-il, les Prussiens ne se mêleront en rien de la constitution ; ils font peu de cas des émigrés, ils n'ont avec eux aucun traité, ils les abandonneront sans nulle difficulté ".

Après une longue conversation, Manstein mit par écrit les propositions du roi de Prusse et les signa .

' Gœthe, 100 ; Caraman assura le prince de Reuss que Breteuil approuTerait tout (Vivenot, Quellen^ II, 234). • Pourquoi, dit Servan dans ses notes au Mém, de Dumouriez (p. V), si Dumouriez voulait sauver le roi, n'accèda-t-il pas en Champagne à une paix avec le roi de Prusse, conseillée par l'ex-ministre Breteuil ? Après avoir chassé Galonné, il (Breteuil) venait de se mettre à la tôle des affaires des grinces, et il désirait la paix, afin de pouvoir travailler avec plus d'elncacité à assurer la vie du roi et celle de la famille royale. »

' Journal de Lucchesini, H&usser, I, p. 382.

3 Dumouriez à Lebrun, 24 septembre.

^ Kellermann à Servan, 24 septembre (Arch. guerre).

Points essentiels pour trouver le moyen d'aeeùmmoder à rarniable tout mésenlendu entre les deux royaunu* de France et de Prusse,

1^ Le roi de Prusse, ainsi que ses alliés, désirent un représentant de la nation flrançaise dans la personne de son roi, pour pouvoir traiter avec lui. Il ne s'agit pas de remettre les choses sur l'ancien pied, mais, au contraire, de donner à lu France un gouvernement qui soit propre au bien du royaume.

"Z'^ Le roi ainsi que ses alliés désirent que toute propagande cesse.

3'^ L*on désire que le roi soit mis en entière liberté*.

Diimouriez donna à Manstein un reçu de cette pièce qu'il lui promit de transmettre sur-le-champ au conseil exécutif provisoire. On convint ensuite que les avantpostes cesseraient leur feu pendant la durée des pourparlers. Pourquoi tirailler les uns sur les autres et se faire un mal inutile ?

1 Ileymann, de son côté, prononça le nom du duc d'Orlëass et déclara que les alliés seraient rassurés s'ils voyaient ce prince sur le trône. Le duc de Chartres était présent. Heymann lui aemanda son avis, t Comment, lui répondit le jeune prince, avei-vons pu croire une nous écouterions de paroillcs sornettes I > Néanmoins Heymami aeniaudu s'il pouvait écrire au duc d'Orléans. Le duc de Chartres prit sa lettre et l'envoya à son père. L'émigré priait le duc d'Orléans de conlércr avec lui, en présence de Biron, et sollicitait un passe-port • pour se rendre à Pendroit désigné. Mais le duc venait d'être élu a la Convention et s'était attaché aux Jacobins; il avait reçu namière de la Commune le nom d'Egalité; toute négociation avec lui était impossible. 11 monta le 26 septembre à la tribune et déposa sur le bureau la lettre de licymanu; il n'avait, disait-il, aucune correspondance avec les émigrés et les ennemis de la patrie; il ne ferait donc aucune réponse au message qu'il avait reçu, voir sur cette épisode Vatout, Le Palais-Royal, 1838, p. 223-224; Beaulieu, IV, 173; Fcrw«, II, 41; Uanke, Uraprung, 314 et le procès-verbal, écrit par Ycrgnieyodet non reproduit dans les journaux, do la séance du 26 septembre (Arch. nat. C II et Vatel, Vergniaud, U, 145-146). Comp. encore le Courritr des çuatre-vingt-trois départements, 29 septemore, p. 115. « Ou assure, et nous pourrions peut-ôtrc le certifier, que le roi de Pnuae a invité M. de Chartres à venir dîner avec lui à son camp. Le porteparole est Heymann. Chartres a répondu pour son père et pour lui qu'il faisait trop de cas de l'estime et de la confiance ae la nation française, pour se permettre une démarche qui pourrait le rendre suspect, et dont il ne trouvait ni le motif ni l'excuse dans son caonr. >

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Kellermann jugeait les propositions de Manstein fort acceptables. Il me paraît, djsait-il, que le roi de Prusse est très dégoûté de cette guerre et qu'il n*entend en aucune manière vouloir troubler notre constitution ; il abandonne entièrement les émigrés. Adoptons ce qu'il nous propose ; il demande la liberté de Louis XVI comme avant l'affaire du \0 août, afin de traiter directement avec lui sur le pied de la constitution; il suffit donc de renvoyer Louis XVI aux Tuileries pour satisfaire la volonté de la Prusse. Ce souverain, ajoutait Kellermann, a pris des engagements avec ses alliés ; il est jaloux de son honneur et craint d'être accusé de perfidie par les autres puissances ; il faut employer tous les moyens pour le gagner, et, plein de l'idée de « terminer à l'amiable », le vainqueur de Valmy écrivait à Servan qu'on devait suivre la négociation commencée, qu'elle attirerait la Prusse dans les intérêts de la France et romprait cette monstrueuse alliance avec l'Autrijcbe qui « serait dès lors la victime de ses trames * ».

Dumouriez était plus avisé. Il savait que ni le conseil exécutif provisoire, ni la Convention nationale ne consentiraient à tirer Louis XVI de sa prison et à l'installer de nouveau dans son palais des Tuileries. Il se garda bien d'écrire, comme le naïf Kellermann, que les propositions de Manstein étaient « de nature à pouvoir être adoptées ». Il prévoyait que la République, qui, depuis le 40 août, existait de fait, serait officiellement proclamée par la nouvelle assemblée. La Législative n'avaitelle pas juré, dans la séance du 4 septembre, et hautement proclamé dans une adresse aux Français que ses membres prêtaient, comme citoyens et comme individus, le serment de combattre de toutes leurs forces les rois et la royauté ? Merlin de Tbionville n'avait-il pas dit aux Girondins dans les derniers jours de la Législative qu'on décréterait la République par accl&maiion dès la première séance de la Convention * ?

L'événement justifia la prévision de Dumouriez. En

' Id. môme lettre de Kellermann à Servan.

* Mathieu Dumas, Souvenirs^ 11, p. 476.

rentrant à son camp de Sainte-Menehould, après la conférence de Dampierre, il apprit que la Convention avait proclamé, le 24 septembre, sans discussion et avec d'unanimes applaudissements Tabolition de la royauté*, tt II n'3'' a plus à traiter avec le roi de Prusse, déclarait-il à Kellermann, à moins qu'il ne change ses propositions et qu'il reconnaisse le pouvoir représentatif du peuple souverain qui ne sera pas un roi ; mais il aura bien de la peine à s'y résoudre. » Il s'empressa de mander au ministre des affaires étrangères que le premier acte de la Convention avait été « très juste et très vigoureux* ». Il lui fit connaître les propositions de Manstein en filoutant qu'on ne pouvait les accueillir, ni môme les considérer comme la base des négociations futures ; mais elles prouvaient la détresse des Prussiens, et pendant qu'ils attendraient la réponse du conseil exécutif, ils achèveraient de s'affaiblir. « Je crois, écrivait-il à Lebrun, le roi de Prusse très embarrassé et très fâché d^avoirétési avant et qu'il désirerait trouver un moyen pour sortir d'embarras. Mais, si je le tiens encore en panne pendant huit jours, son armée sera entièrement défaite d'ellemême sans combattre. » Il engageait donc Lebrun et ses collègues à lier conversation. Sans doute la proclamation de la République coupait court à tous les pourparlers, et les points essentiels de Manstein n'étaient pas admissibles ; mais le conseil exécutif ou le ministre des affaires étrangères pouvait répondre aux propositions de Frédéric-Guillaume et « cette réponse contiendrait les bases d'une négociation nouvelle o qui, comme la précédente, traînerait la guerre en longueur. En attendant, disait superbement Dumouriez, je continuerai à tailler ma plume à coups de sabre.

"Westermann fut chargé de porter au conseil exécutif la lettre de Dumouriez, le mémoire de Forlair et les

^ La Convention, écrivait Rûhl à Custinc, a ouvert ses séances par un coup d'éclat en décrétant que la royauté est abolie en France, f k(m/ Deus bene vertat! (22 septembre, Arcn, guerre).

^ Il disait à Clavière : < Je suis enchanté qu'enfin nous ayons sauté le pas de la République. Actuellement il n'y a plus d'incertitude. Les modérés n'ont qu'à lire Plutarquc et à changer de peau comme le serpent. I (26 septembre.)

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propositions de Manstein. Il devait rendre compte de sa visite au camp prussien et de la conférence de Dampierre, montrer aux ministres le pain noir dont se nourrissaient les Prussiens, affirmer l'issue heureuse de la lutte *.

rv. Manstein s'imaginait avoir gagné Dumouriez et sauvé Louis XVI. Le duc de Brunswick partageait ses illusions. Il fit appeler Nassau-Siegen et lui révéla, sous le sceau du. secret, que le roi de France serait mis en liberté, qu'il viendrait peut-être au camp de Sainte- Menehould pour traiter en personne avec son frère le roi de Prusse. Dumouriez, disait Brunswick, promet de travailler de tout son pouvoir à la délivrance de Louis XVI; on restaurera la monarchie; on fera, en échange, quelques concessions ; on abandonnera la noblesse et le clergé, mais on stipulera une amnistie générale pour les émigrés ; les princes resteront bannis du royaume, mais on leur donnera des pensions considérables à manger hors de France*.

Désireux de poursuivre ses succès diplomatiques, Manstein invita Dumouriez à dîner avec lui le 25 septembre au quartier général de Hans. Il offrait de le présenter au roi de Prusse. Dumouriez avait d'abord accepté; puis il se ravisa, a Je n'irai point, mandait-il à Lebrun, parce que ce serait une imprudence et parce que le premier acte de la Convention détruit tous les moyens de négocier. » Il écrivit à Manstein qu'il regrettait de ne pouvoir faire sa cour à Sa Majesté prussienne ; mais, pendant la conférence on avait tiré quelques coups de canon sur son avant-garde et cherché à la déposter du campement qu'elle voulait prendre ; il ne pouvait

t Damouriez à Lebrun, 24 septembre (Arch. guerre). Westermann apportait en même temps à la Commune une caisse et un fusil enlevés aux Prussiens. « La vue de ces armes, dit le Moniteur du 7 octobre, a répandu Tallégresse dans tous les cœurs. Des applaudissements multipliés ont accueilli le citoyen Westermann; on a ordonné la mention honorable au procès-verbal du civisme de cet officier, et le conseil a arrêté que le fusil et la caisse seraient placés en trophée sur le piédestal qui servait au buste de Louis le dernier. >

» Nassau-Siegen (FeuiUet de Gonches, VI, p. 358-359).

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quitter ses troupes puisqu'on les attacpiait en son absence. D'ailleurs la décision de la Convention à son début avait été la déchéance du roi et Fabolition de la monarchie. Il fallait <f attendre des nouvelles de Paris avant d'entamer des négociations qui pourraient être infructueuses, si elles n'étaient pas autorisées par la nation assemblée ». Dumouriez terminait sa lettre en assurant à Manstein qu'il se félicitait d'avoir fait connaissance avec un homme d'un caractère aussi sage et d'un esprit aussi juste; il s'affligeait, comme lui, des calamités d*une guerre si contraire aux principes de la philosophie, de la raison et de l'humanité ; mais il avait Tespoir que cette lutte, commencée pour des préjugés, finirait par détruire tous les préjugés ^

Il est donc faux que Dumouriez ait, dans la première conférence de Dampierre, remis ^ Manstein, pour toute réponse à ses propositions, l'exemplaire du MùËiUser qui contenait le décret de la Convention. Ce coup de théâtre n'eût pas lieu. Ce fut au camp de Hans, par un message de Dumouriez, que Manstein reçut cette nouvelle Inattendue : « Vous pouvez vous imaginer, écrit le prince de Reuss à Spielmann, notre consternation et notre incerlitude ; les uns conseillaient d'attaquer les Français sur-le-champ ; les autres, et surtout le.général en chef, déclaraient qu'il ne restait plus qu'à couvrir Verdun et Longwy*. »

Mais Manstein, prenant tout sur lui, prétendit que Dumouriez n'abandonnait pas l'espoir de délivrer Louis XVI et voulait « rester en connexion » ; il fallait, au lieu de rompre ou d'attendre le retour de Westermann et la réponse du conseil exécutif, poursuivre l'œuvre de séduclion commencée. Il répondit .à Dumouriez qu'on avait tiré par méprise sur son avant- garde dont les mouvements faisaient supposer une attaque. Il lui réitéra son invitation, le pria de tenir sa promesse, rassura qu'on s'abstiendrait pendant son absence de toute hosiilité. a II se livrait, dit Lucchesini, à l'espoir

' Dumouriez à Manstein, 25 septembre; à Kellermann, 25 septembre; Hausser, 1, 382.

^ Reuss à Spielmann, 26 septembre ; Viyenot, Qt^Zic», II, 233.

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illusoire d'attacttcr le général français plus ou moins à notre cause et de contribuer efficacement par son secours à opérer un changement de système en France. »

Dumouriez n*await garde de détromper le crédule colonel. Mais il refusait de se rendre au camp prussien. Il écrivit successivement trois lettres à Manslein ; dans la première, il objectait qu'une députation de ses soldats l'avait prié de ne pas quitter son camp et qu'il devait déférer au vœu de son armée; dans les deux autres lettres, toujours emphatiques et flatteuses, il invitait Manstein à dîner avec lui une seconde fois ; a nous entrerons ensemble dans une des maisons de Dampierre, et nous causerons à fond sur les intérêts de deux nations faites pour s'aimer et pour être alliées* ».

Manstein accepta. Il vint diner à Dampierre le 25 septembre. Kellermann, Valence, les ducs de Chartres et de Montpensier assistaient à ce repas. Dumouriez remit au lieutenant-colonel un exemplaire du Moniteur, qui rendait compte de la première séance de l'assemblée. Il ne lui cacha pas que le roi de Prusse devait accepter les faits accomplis et traiter avec la Convention. Manstein ne se récria pas. • Je crois, écrivait Dumouriez, que, malgré la répugnance du monarque prussien, on me rapportera de nouvelles propositions*. »

On avait, durant cette conférence, causé d'un échange des prisonniers de guerre. Manstein voulait comprendre les émigrés dans le cartel qui serait établi. Mais Dumouriez répliqua vivement qu'il ne traiterait qu'avec les Prussiens ; les émigrés étaient des Français armés contre leur patrie, faisant la guerre en leur propre nom, avec des troupes de dénomination française, mousquetaires, gendarmes, régiment du Roi, etc. ; il ne pouvait entrer avec eux en accommodement. On convint, en se séparant, que l'adjudant-général Thouvenot irait le lendemain au quartier général de Hans ; Manstein avait demandé qu'il eût les pouvoirs nécessaires pour traiter de l'échange des prisonniers et d'autres choses importantes^.

» Reuss à Cobenzl, Vivenot, Quellen, II, 234 ; Hausser, I, 383. ' Dumouriez à Servan, 26 septembre (Arch. guerre]. 3 DumonrieZf M^m»^ I, 305; Hausser, I, 383.

V. Thouvenot fut reçu le 26 septembre par le duc de Brunswick*. Comme Manstein, le généralissime voulut, au nom de la justice et de Thumanité, comprendre les émigrés daus le cartel d'échange. Mais Thouvenot répondit qu'une nation ne pouvait traiter qu'avec une autre nation et non avec des rebelles. Le duc demanda ce que deviendraient les émigrés prisonniers. « Ils doivent, répliqua Thouvenot, s'attendre à toute la sévérité des lois et peut-être, selon les circonstances, à Tindulgence de lu nation constituée eu république. » Bnmswick n'insista plus et ne stipula que pour les troupes prussiennes, autrichiennes et hessoises. On convint d'échanger homme pour homme et grade pour grade, et de mettre en liberté dans l'espace de quarante*huit heures tous les prisonniers <l non militaires, quels qu'ils fussent *».

Lorsque les articles du cartel furent arrêtés et signés de part et d'autre, Brunswick demanda quelle impression avait produite sur l'armée la proclamation de la République. Thouvenot répartit que l'armée n'était composée que de citoyens soumis aux lois de l'Assemblée et qu*elle avait accueilli le décret aux cris de Vive la nation, c Mais, Monsieur, s'écria Brunswick, que deviendra le roi? C'est le sort de Louis XVI qui nous préoccupe ; qu'on lui donne une place dans le nouvel ordre de choses* et nous quitterons votre territoire. » Thouvenot observa qu'il fallait traiter directement avec la Convention qui représentait la nation entière, c Vous ne pouvez, disait lofficier, révoquer en doute l'existence de cette nation, ses armées sont en face des vôtres, 11 n'est pas plus difficile de traiter avec elle que de lui

faire la guerre. »

A cet instant entra Lucchesinl. Il déclara qu'il était

* D'après la Chronique de Paris (28 septembre, p. 1088) * on avait ramassé toutes les vaches éparses dans le camp pour faire voir a Tof £cier français que l'armée prussienne ne manquait de rien >.

* Cartel d'échange, 26 septembre (Arch. guerre), ratifié deux ours plus tard par les généraux en chef.

^ Ce passage de la conversation, cité par Lebrun à la Convention, excita l'nilarité; on rit de la naïveté, disait le Patriote français du 2 octobre, et l'histoire de Denys de Corinthe revient à la mémoire.

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