‹ La retraite spirituelle de BourdaloueChapitre 37 sur 76 · DU RÈGNE DE J.-C. DANS L'AME REL1G · texte numérisé non relu

DU RÈGNE DE J.-C. DANS L'AME REL1G

lois-je être surpris que, sous de tels maîtres ; je sois ombé en de si déplorables égaremens ?

Or n'est-il pas temps de faire place à Jésus-Christ, •t <le l'établir dan? mon âme, comme dans son royaume, )Our la posséder, et pour y dominer? Est-il un meilleur maître? en est-il un plus sage et plus éclairé? 1 est la sagesse même de Dieu, et il a les paroles de le étemelle (1). Que me demande-t-il que de saint, [ue de raisonnable, que de conforme à la plus droite ustice et à l'équité, que d'utile et de salutaire pour moi ? Mais surtout, que me demande-t-il qu'il n'ait pratiqué, avant moi ? Ne seroit-ce pas une indignité, ijue la condition me parût trop dure, d'aller après mou Sauveur, de me joindre à lui, d'agir avec lui et sous lui, d'aimer ce qu'il a aimé, et de faire ce qu'il a fait ?

SECOND POINT

Il m'est d'autant moins permis de me soustraire à ce règne de Jésus-Christ dans moi, qu'il est plus solidement établi et mieux fondé. Le seul christianisme nous soumet tous au joug de cette homme-Dieu, notre législateur et notre maître. Être chrétien, ou plutôt se dire Chrétien, et ne vouloir pas se laisser conduire par Jèsus-Christ, ne vouloir pas entrer dans la voie qu'il non- a tracée, ni recevoir de lui l'ordre qui doit diriger toutes no' actions et régler toutes nos démarches, c'est une contradiction.

Pourquoi, dans notre baptême, avons-nous renoncé au démon, à la chair, au monde et à ses pompes? • pas été pour faire entendre que nous ne voulions point nous assujettir à leur empire, ni nous asser-

(1) 1 Cor. 1 Joan. 6.

vir sous une si honteuse domination ? Pourquoi avons nous été en même temps marqués du sceau et di ■caractère de Jésus-Christ? N'a-ce pas été pour noua revêtir de ses livrées, et pour reconnoître à la face deg autels, par une profession solennelle, que nous h appartenions, et que nous lui étions spécialement dévoués? Qu'est-ce que son Évangile ? n'est-ce pas sa loi ? et pourquoi l'avons-nous embrassée, cette loi, si ce n'est pour dépendre du souverain Seigneur qui nous l'a imposée ? Enfin, c'est la foi même qui nous enseigne] que nous sommes les membres de Jésus-Christ, et qu'il est notre chef ; que nous sommes son troupeau, i et qu'il est notre pasteur ; que nous sommes soi Eglise et qu'il est notre pontife ; que nous sommes soi peuple, sa conquête, le prix de son sang, et que, nous ayant achetés de son sang, il s'est acquis un droit incontestable sur nous. Quand donc je n'aurois égare qu'à ces raisons communes et générales, je ne puis jamais, sans injustice, me départir de l'attachement inviolable et de l'entière obéissance que je dois à ce divin Sauveur. C'est à lui de parler, et à moi de l'écou- ; t«r. Or il parle en effet, il ordonne ; l'Évangile qu'il nous a prêché subsiste toujours, et c'est sa parole, ce sont ses commandemens et ses ordonnances. Refuser de m'y conformer, ne seroit-ce pas une révolte, ne seroit-ce pas en quelque sorte renoncer à mon baptême, ne serois-ce pas tomber dans une espèce d'apostasie? Ce seroit plus encore par rapport à moi, puisque j'ai un engagement particulier qui me lie à Jésus-Christ, et qui lui donne un nouveau droit sur toute ma pei sonne . c'est la qualité de religieux. Qu'ai-je fait ei me consacrant à la religion ? Je me suis hautement et singulièrement déclaré disciple de Jésus-Christ, soi

Page 1