RÉ UK ION ET MAD
Sakalaves ne se sont pas livrés à l’agriculture, ne demandât à la terre que le strict nécessaire pour leur nourrituyç, c’est qu’ils ont toujours été opprimés par les Hqyas ; ils éprouvent pour ce peuple et pour les navires anglais qu’il a partout escortés, une telle crainte, qu’ils n’osent même pas se défendre ; mais, qu’on les protège contre les Hovas, qu’ils se sentent soutenus, et non seulement on en fera d’excellents auxiliaires de notre cotisation , mais encore on les verra entreprendre pour leur propre compte la culture de leurs terres. « 1% agents n’ont eu qu’à se féliciter des travailleurs sakalaves, dit un négociant ; si ces gens-là, dans leur pays, sont craintifs et mous, c’est la peur qui les retient. Mais quand on les retire de ce milieu, quand on les amène à Nossi-Bi, par exemple, on obtient d’eux une somme de travail suffisant. » C’est à cette même population sakalave que les navires de commerce empruntent leurs équipages, ils font d’excellents marins. Quant à la population hova, elle nous aidera le jour où elle trouvera un intérêt à nous servir, et elle le trouvera quand nous aurons établi dans l’île une administration bien ordonnée, quand nous lui aurons inspiré une confiance suffisante et une crainte salutaire. Ce jour-là, nous aurons dans les Ho vas, gens intelligents et industrieux, de puissants auxiliaires pour l’agriculture et le commerce, et ce jour-là aussi nous serons véritablement les maîtres de l’île.
Qu’on nous permette, en terminant cette étude rapide,
de faire appel au patriotisme de nos hommes d’État qui se déclarent les adversaires de la colonisation de Madagascar ; qu’ils n’oublient pas que chacune des paroles qu’ils prononcent à la tribune a son écho dans le cœur de toutes les populations malgaches, qui nous aiment et qui attendent notre arrivée avec impatience ; qu’ils n’oublient pas que dans les pays d’outre-mer il se trouve des agents empressés, des interprètes zélés, qui colportent leurs discours, les traduisent aux indigènes, les commentent et jettent le doute et la désespérance dans le cœur de ces populations qui ont mis leur espoir et leur confiance dans la protection de la France. Et surtout, qu’ils n’oublient pas que le lendemain du jour où le dernier soldat français aurait quitté la terre de Madagascar, l’Angleterre y entrerait triomphante, donnant ainsi le dernier coup à l’influence française dans l’Extrême- -Orient.
APPENDICE
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