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LA HE UNION

Galets , et enfin le cap de la Possession, près du village de la Possession.

L’île, avons-nous dit, est divisée en deux parties, secomposant chacune d’un groupe de montagnes, réuni par un col ou plateau, appelé la plaine des Cafres , élevé de 1,600 mètres.

Le groupe nord-ouest a pour point culminant le Piton des Neiges , haut de 3.069 m. ; le Cimandef , 2.226 mètres; le Brûlé , 650 m.; la Montagne , 425, à Saint-Denis.

De ces sommets se détachent de nombreuses arêtes qui forment des ravins, entourent des plaines ou plateaux et constituent d’immenses cirques.

Les principales sont les plaines des Cafres , de Y Entre- Deux, des Salaze s ; les cirques de Salazie et de Cilaos.

Le cirque de Salazie est un des points les plus curieux de la Réunion. Les montagnes s’élèvent à pic de toutes parts, couvertes d’arbres, et souvent leur cime disparaît cachée dans les nuages. Le Piton des Neiges, le Gros- Morne et les Salazes se dressent derrière le cirque et forment comme un arrière-plan. En se retournant vers Salazie, on aperçoit, à droite, le rempart de laFenê= tre, aux pentes verdoyantes que coupent de nombreuses cascades, cataractes en miniature, dont l’écume blanche tranche sur le vert cru du feuillage ; à gauche, le morne de Fourche, et au milieu, isolé, le piton d’Encheing* dont le sommet se dresse à quatorze cents mètres de haut.

Le piton d’Encheing a sa légende «

Encheing était un esclave arraché à la terre d’Afrique ; un jour, las de l’état dans lequel il vivait, il s’évada et partit marron. Accompagné de sa femme, il gravit les pentes escarpées du pilon qui porte aujourd’hui son nom, se construisit une ajoupa, et pendant dix ans, dérobé aux regards des détachements que l’on envoyait à la recherche des nègres fugitifs, il vécut heureux et libre, élevant les sept enfants que lui donna son épouse. L’eau était fraîche et pure, les bananes étaient douces et le soleil brillant ; il n’en fallait pas davantage au pauvre Encheing qui se sentait libre.

Un matin, le noir alluma du feu devant sa case, la fumée bleue qui montait vers le ciel dénonça sa présence, et un détachement le surprit et le ramena à son maître. Celui-ci prit pitié du pauvre homme, en raison de sa nombreuse famille, et Encheing échappa à la punition infligée aux fugitifs, au fouet.

Le cirque de Cilaos n’est pas moins imposant : tout autour s’élèvent les plus hauts sommets de l’île, les uns revêtus d’un manteau d’épaisses forêts, les autres montrant leurs flancs abrupts et dénudés.

De ces montagnes et de ces cirques, s’échappent de nombreux torrents qui, partant du centre de l’île, rayonnent dans toutes les directions et s’écoulent vers l’Océan; les plus importants sont ceux soldant des cirques et des grandes plaines de l’intérieur ; les principaux sont : la rivière Saint-Etienne , qui débite toutes les eaux du cirque de Cilaos parle bras de ce nom; toutes celles del’Entre-

Deux par le bras de la plaine, et la pins grande partie de celles de la plaine par le bras de Pontho. La rivière du Mât , par où s’écoulent les eaux du cirque de Salazie et des pentes voisines. La rivière des Galets , qui sert de déversoir à toutes les eaux du cirque du même nom et à celles des pentes du Gros-Morne et des mornes de Fourche. La rivière des Marsouins , qui porte à la mer toutes les eaux de la plaine des Salazes.

Outre ces quatre grands cours d’eau, le groupe du Piton des Neiges renferme encore de nombreux torrents, entre autres ceux dits : rivière des Roches , rivière des Pluies , ravine du Chaudron , rivière Saint-Denis , ravine de la Grande- Chaloupe, rivière Saint- Gilles, ravine des Trois- Bassins, la Grande- Ravine, la ravine des Avirons , la rivière du Gai et la rivière d 'Abord.

Le groupe du volcan ne contient aucun cirque intérieur ; mais il renferme de vastes coupées, d’où s’échappent la rivière des Remparts, la rivière Langevin, la ravine de la Basse- Vallée et la rivière de Y Est. Presque tous à sec dans la belle saison, ces torrents débitent, pendant la saison des pluies, des masses d’eau considérables qui roulent sur des lits hérissés de rochers, et dont la pente moyenne est de sept mètres pour cent mètres. Même ceux qui ont un cours calme et régulier ne sont pas navigables, parce que les roches et les galets qu’ils charrient, forment, à leur embouchure, une barre infranchissable.

Dans les cirqües ët daiis les plaines de l’intérieur, drl

rencontre un certain nombre d’étangs, anciens cratères, ou dépressions du sol, remplis d’eau. Le plus important, le Grcmd-Etcmg , situé dans la plaine des Palmistes, mesure environ deux mille mètres de long; il se dessèche tous les ans. Viennent ensuite: les mares à Poules d'eau , à Citrons , à Goyaves , à Salazie, et la mare de Yllet des Etangs , à Cilaos.

Sur le littoral de l’île, on rencontre encore d’autres lacs en miniature ; mais presque tous diminuent chaque année d’étendue ; ils se comblent peu à peu par les apports des rivières, auxquelles ils servent de déversoirs, et sont appelés à disparaître dans un temps donné. Les principaux sont ceux du Champ-Rome , de Saint-Paul, du Gai et T Etang- Salé.

Il semble résulter de la conformation même de l’île, que la Réunion « fut d’abord formée d’un cratère principal ; qu’après au moins deux grandes perturbations, le centre d'action fut déplacé et reporté à l’endroit où se trouve encore le cratère principal actuel (le volcan). Mais, outre ces points principaux, il a successivement surgi sur toute la surface de l’île, depuis le bord de la mer jusqu’aux sommets les plus élevés, une foule de cratères secondaires qui ont déversé des laves dans toutes les directions. Très peu de ces volcans ont conservé leur cratère complet (1). »

Dans le groupe du sud-est s’élève le volcan, dont le

(1) Maillard, Notes sur la Réunion , déjà cité.

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