LA HE UNION
Pile ; cette prérogative lai fut enlevée en 1738 ; depuis elle s’est vue privée de son tribunal de première instance que l’on a transféré à Saint-Pierre.
Saint- Paul est une ville charmante, aux rues longues et irrégulières, ce qui repose un peu des rues tirées au cordeau des autres villes ; elle se ressent du caractère des Saints-Paulois auxquels les autres créoles de la
Réunion reprochent leur . indolence. Dans cette
charmante ville, dès le crépuscule, chacun se renferme dans sa maison, les soirées s’écoulent sous la varangue, où les maîtres sommeillent, tandis que les domestiques, noirs et Indous, hommes et femmes, assis devant le barreau , se livrent à la conversation.
Il ne reste à Saint- Paul que le souvenir de son ancienne importance, et la gloire d’avoir été le premier endroit occupé par les fondateurs de la colonie et la capitale de l’île ; mais à côté de cette gloire éphémère, Saint-Paul en possède une autre : elle est la patrie de Parny, qu’on a surnommé le Tibulle français ; de Dayot, un autre poète ignoré en France, mais très apprécié à la Réunion; de Leconte de Lisle, et de l’amiral Bosse.
À treize kilomètres au nord de Saint-Paul, et faisant partie de cette commune , on rencontre la Possession , petit hameau où abordèrent les Français et où ils prirent possession de l’île.
L’aspect de la Possession, calme et silencieux pendant le jour, prend tous les soirs, à la même heure, une animation nouvelle. A la nuit tombante, on voit arriver
de tous côtés des créoles, des noirs, des Indiens, hommes, femmes, enfants, engagés de toutes les couleurs , portant des paniers remplis de légumes, de poissons, de cages pleines d’animaux de basse-cour, se rendant près des bateaux, s’apostrophant bruyamment, ou chantant quelque refrain de leur pays ; puis, de Saint-Paul arrivent des charrettes bondées de comestibles ; le tout est embarqué sur des péniches et conduit par mer à Saint-Denis.
Tel était du moins l’aspect de la Possession il y a quelques années encore ; mais tout ce pittoresque est parti, le chemin de fer est venu, et au lieu d’apporter leurs vivres à la Possession de Saint-Paul, les habitants les déposent à la gare ; car, maintenant, une partie de l’île est desservie par un chemin de fer qui suit le littoral de la côte est, nord et ouest, de Saint-Benoît à Saint- Denis et de Saint-Denis à Saint-Pierre.
La li<me de Saint-Denis à Saint-Benoît a 39 kilomè-
très ; elle dessert Sainte-Marie, Sainte-Suzanne, Saint- André, Bras-Pranon et Saint-Benoît.
La seconde ligne part de Saint-Denis, s’arrête à la Possession, le Port à la Pointc-des- Galets, Saint- Paul, Saint-Gilles, Saint-Leu, Saint-Louis et Saint-Pierre; elle a 87 kilomètres ; l’ensemble de la ligne renferme un tunnel de 10.450 mètres ; 70 aqueducs, viaducs ou ponts de 100 à 500 mètres, et 12 gares ; une route, dite route nationale, fait tout le tour de l’île en suivant les contours du littoral ; elle a 230 kilomètres de dévelop-
peinent. D’autres voies, chemins de grande communication ou vicinaux, desservent tous les points de l’intérieur de l’île habités ou sur lesquels on a établi des cultures ; l’ensemble de ces chemins carrossables est de 300 kilomètres environ.