UN FAIT DIVERS
En y réfléchissant pendant la nuit, M« Steinbach se confirma de plus en plus dans l'idée d'avoir recours à madame Riccardi.
C'était le seul moyen d'éviter un éclat terrible, et dont le retentissement l'effrayait.
Ainsi que Georgette, ainsi que Delmont, il se disait que le remède serait cent fois pire que le mal, et ne cherchait oue le moyen d'ensevelir dans le silence cette horrible affaire.
Or, ignorant que Delmont avait vu sa femme et connaissait la vérité, il se disait qu'en terrorisant madame Riccardi et en la forçant à agir sur l'abbé, on pourrait peut-être arriver à une solution satisfaisante pour tout le monde, au moins à écarter le danger le plus immédiat.
Il s'apprêtait donc à sortir aQn de se rendre à Passy, plus éma et plus agité, à l'idée de cette entrevue décisive, qu'il ne l'avait jamais été, depuis la nuit où il avait cru Delmont
;-{64 LA KEVAI«{CHE DE CLOUIOM
mort des suites de l'autopsie, lorsque Olivier se précipita dans son cabinet, la figure bouleversée, et tenant à la main le journal du matin, encore humide.
— Qu'y a-t-il? demanda le vieil avocat effrayé.
- Tiens I lis!... lisl
M« Steinbach jeta les yeux sur l'endroit du journal que lui montrait sou fils, et lut à haute voix, en manifestant une stupeur croissante, les lignes qui suivent :