‹ La revanche de ProudhonChapitre 10 sur 140 · I . M. De Mirecourt {alias Jacquot) auteur de Biograpliies · texte numérisé non relu

I . M. De Mirecourt {alias Jacquot) auteur de Biograpliies

tobiographies, puisque Fauteur répond aux calomnies d^un biographe qu'il méprise en ne s'adressant qu^au cardinal Mathieu. Cet ouvrage, non un simple factum, mais véritable encyclopédie (4 volumes) sur ridée de Justice parut encore séditieux àrautorité. Proudhon comparaît à nouveau devant la Cour d'assises et sans doute pour donner à une phrase de son livre, cause de la poursuite, Tévidence de la vérité :

— a Voilà bientôt quarante ans que je travaille et, pauvre oiseau battu par Torage, je n ai pas encore trouvé la branche qui doit abriter ma couvée » (i)

— on le condamne à trois ans de prison et 4000 francs d'^amende. Ne pouvant parvenir à faire réformer cet arrêt, il part pour Bruxelles où sa famille vient le rejoindre (juillet 1 858).

Là, comme tous les exilés politiques français, il vit de sa plume en écrivant des articles dans r Office de publicité; c'est surtout la propriété littéraire qu'il y attaque. En iSSg, la guerre entre le Piémont et la France d'une part et l'Autriche de l'autre lui suggère La guerre et la Paix (1861), où il justifie le droit de la force comme droit primordial de l'humanité, mais pendant que celle-ci entre dans la voie du progrès, celui-là la suit et se transforme en s'améliorant jusqu'à sa complète négation dans une société future où le TRAVAIL seul sera pris comme fondement social. La même année, le conseil du canton de Vaud ayant mis au concours la recherche d'un impôt satisfaisant à toutes les exigences de la justice, de la commodité et d'une bonne répartition, Proudhon concourt et obtient le prix avec sa Théorie DE l'Impôt (1861).

I, De la Justice dans la Révolutioriy i«' vol., p. a38.

Là encore, toujours avec la même méthode, il obtient des vues originales. Après avoir posé « que ce que FEtat donae aux citoyens en services de toutes sortes doit être l'équivalent exact de ce qu'il leur demande soit en argent, soit en travail ou en produits » (i), il donne à Timpôt le caractère d'nn acte d'échange. On le voit, c'est une question de réciprocité de services, de rapports s'établissant par Fégalité de leurs deux termes contradictoires et réalisant une équation, schème algébrique de l'économie sociale et de la justice ; voilà pour la théorie ; quant à la pratique : un budget stable dans un pays bien équilibré ne doit pas excéder le vingtième du revenu total (a). De plus TEtat ayant une dotation fixe de i \& à prélever sur la rente foncière (Proudhon appelle rente foncière ce qui reste au cuUîvatcurdcs produits de la terre qu'il cultive après remboursement des frais de culture) (3) les 3/5 du budget seraient assurés de ce cAté, les 3/5 restant répartis sur le reste de la nation (4). Mais il est bientôt détourné de ces questions financières. Les préoccupations intei*^ nationales que la question de l'unité italienne suscitent en Europe absorbent son attention.

Après avoir remanié dans les Majorats litté- RAmEs (1862) ses anciens articles de « l'Oflice de publicité )> il en écrit dans le même journal de nou-

1. Théorie de nmpà(tf première édition, chap. II, par. i, page 47.

2. Que dire à notre dpoque où le budget égale le 1/6 du revenu total.

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