I. Fut fait en collaboration avec son ami G. Duchêne
cîale, Proudhon devait recevoir un emploi considérable dans Fexploitation, près de son pays natal où son âme falîguée aspirait à revenir pour goûter un repos inconnu. L'esprit aiguillé sur cette nouvelle voie, l'aspirant administrateur formule ses idées économico-administratives dans la brochure : Des Réformes a opérer dans l'exploitation des Chemins DE FER (i855). Il y préconise l'abaissement des tarifs et le contrôle des compagnies par l'Etal. Mais, hélas ! peine perdue, contre la compagnie Murray, la puissante bourse des Pereire l'emporta. Proudhon se voit donc condamné à écrire pour vivre au jour le jour.
Vers le même temps — c'est l'année de la première exposition universelle française et l'empereur a chargé le prince Napoléon d'une enquête, au sujet d'une affectation ultérieure du Palais de l'Industrie ayant pour but l'amélioration sociale des classes inférieures — ce dernier vient demander à notre économiste, comme à tant d'autres, de formuler ses opinions à ce sujet. Proudhon en profite pour condenser dans son Projet d'Exposition perpétuelle (i 855) ses théories socialistes de 1848, et rééditer, avec de légères retouches d'adaptation, le système qui doit donner la solution du problème social.
Le Palais de l'Industrie doit servir de comptoir de vente de produits perpétuellement exposés et vendus directement aux consommateurs par les producteurs réunis en une association à forme de société par actions dont les neuf dixièmes — Proudhon fait toujours la guérie au métal — seront versés en produits. Des billets à peu près identiques à ceux de la Banque d'Echange seront émis par Tassociation quj
de plus, pourra fournir aux ouvriers la matière première nécessaire à leur travail et qu'ils viendront exposer pour la vendre lorsqu'elle sera manufaclupée.
Nul besoin est de dire que ces idées ne furent pas appliquées ; on ne voulait plus se prCtcr à ce genre d'expériences. De i855 à i858 Tauteur ne fait rien paraître. Il travaille à réunir les éléments d'un vaste ouvrage, d'un essai de philosophie populaire dédié à Monseigneur le Cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, qu'il accuse d'avoir manqué à la dignité humaine pour avoir livré, à un biographe intolérant cl de moralité douteuse (i), des renseignements que lui seul, de par ses fonctions ecclésiastiques, pouvait avoir sur sa vie privée, sacrée, inviolable atout homme digne de ce nom. C'est De la Justice dans LA RÉVOLUTION KT DANS l'Eglise (i858), vastc étudc du développement antinomique des deux grandes manifestations populaires : la Révolution et l'Eglise, et réduction antithétique des deux idées qu'elles représentent : la Justice et la Religion. (C'est donc toujours la méthode hégélienne de la thèse et de l'antithèse qui réapparaît). Qui l'emportera de ces deux antiques Contradictions pour établir la vertu parmi les peuples ? La Révolution parce qu'elle pose la Justice, loi nouvelle, comme une synthèse où l'homme, aflirmant ses droits dans le respect de ceux d' autrui, fond la loi d'amour posée par le Christ dans sa Religion avec la loi d'égoïsmc du paganisme antérieur d'où elle était contradictoirement issue ; le tout est entremêlé de défenses personnelles et d'au-