I. Mélanges (3« Vol.). i'" Lettre de Bastiat, p
nonriques qu'il se réalise. 11 ne peut donc être question que de tendance.
Et tout est tendance dans la relativité pratique. De même que la baisse des prix ne réalisera jamais le zéro, un arrêt, de même la hausse ne prévoit pas de maximum, autre sorte d'arrêts. La hausse et la baisse sont des mouvements vers un infini, non la réalisation de l'infini qui est absorption de tout mouvement et dont on ne peut dételrminer les limites ; les facultés humaines, elles, s'arrêtant devant les barrières de l'impossible se graduent sur une échelle proportionnelle à la puissance de leurs efforts extensibles mais limités ; c'est encore une relativité, c'est encore une négation de l'absolu. Que l'on descende vers le zéro, que l'on monte vers l'infini (monter et descendre étant employés par nécessité dialectique — ascension et descente n'étant qu'illusions) c'est toujours une oscillation entre deux néants ou plutôt dans le néant — comment séparer un identique ? — dont Tamplitude est déterminée par la relativité de l'effort humain. Notre faiblesse et la conscience que nous en avons démentent la grandeur de nos conceptions. Nos plus grandes forces tournées vers un même but accusent seulement nos tendances et nous abandonnent impuissants et ridicules dans nos essais de' réalisation d'un absolu.
Laissez, laissez donc le capital poursuivre une route déjà tracée. Que les produits se paient et ils se reproduiront ! Qu'ils se reproduisent et leur cherté diminuera en proportion de leur croissance ! Qu'ils diminuent de prix et la diffusion du capital devenant plus facile, tous, bourgeois et prolétaires en profiteront ! Ce sera le chemin le plus sûr.
le moyen le moins dangereux pour réaliser, dans toute la plénitude des droits individuels, l'identification (i) du travailleur et du capitaliste. Si vous vous obstinez dans votre erreur, si vous voulez expérimenter la justesse de vos théories, le terrain pratique se dérobera toujours à vos entreprises. Si, forcé par les faits à faire retraite dans le domaine de Tabsolu, vous prétendez du moins qu'en théorie, vos données étant exactes, les conséquences en sont . justes, nous vous inviterons à bien examiner combien peu équitable est votre système qui, d'après vous, mutuelliste, fait fond sur la Justice. Malgré vos dénégations, l'économie actuelle approche de cet idéal puisqu'elle exige une rémunération proportionnelle à tous les labeurs, un paiement spécial pour (^es modes spéciaux : un salaire au travail actuel, un intérêt au travail passé (capital), tandis que le Mutuellisme, par une ^rave inconséquence» avec son point de départ, arriverait par le Crédit gratuit à cette conclusion inattendue, inouïe, d'une révoltante injustice « que celui qui travaille sur son propre capital ne gagne pas plus que celui qui travaille sur le capital d'autrui » (2).
Ainsi, telle qu'elle fut exposée dans ses principes essentiels, la théorie mutuelliste n'a point sur aucun d'eux su résister à la critique, trouver dans le domaine de l'expérience qu'on lui opposait les faits
1 . Nous employons le mot : identification qui suppose un mouvement par opposition au mot identité qui est un absolu, un arrêt demandé par la théorie.