‹ La revanche de ProudhonChapitre 113 sur 140 · Cet obstacle enlevé, nous voici face à face · texte numérisé non relu

Cet obstacle enlevé, nous voici face à face

^vcc la surproduction se manifestant naturellement,

sa^is appuis artificiels. Pour en combattre les désas-

treux effets, il faudrait rendre l'offre du produit

moins grande que la demande, ce qui ferait remon-

I. On pourra objecter qu*augmenter les droits sur le sucre, c'est atteindre le consommateur. Nous répondrons que pour consommer, il faut pouvoir travailler, ce qui ne peut se réaliser que si les produits se vendent. Dès lors, les producteurs et ouvriers travaillant et ayant de l'argent en poche pourront plus aisément acheter.

^. Et par quel moyen, puisque le stock

dise reste toujours menaçant dans sa

^r ^ ^uisant fictivement le nombre des

^. ^ la Ligue délégueraient à un

'^^ ^ ^ ^. tif et directeur, dont les

'^- "^ ^ "^ ^ 1 1 par eux élus, le soin

. c^ S^ * '^ rémunérateurs qui

'^ *^f> '^^ "^ 'US et fitu-dessous

i ^ ^ vjji ^ cl ne jamais ven-

'\. % - qu'un seul vendeur :

'^ aucleurs seraient maîtres

i.erçants et lous intermédiaires

lit forcés d'obéir à leurs justes

i^es négociants ne manqueront pas, au

, d'envoyer leurs courtiers chez les vignerons

our essayer de briser leur cohésion et obtenir, par

des défaillances isolées, la mise à néant du système.

« Adressez- vous au comité » répondra le paysan

goguenard. Devant cette résistance, que vont faire

les intermédiaires ?

Les uns, ceux qui viennent, après les vendanges, des pays montagn eux et pauvres dans les centres de production pour acheter directement à la propriété, ne pourront pas retourner chez eux sans avoir fait un seul achat. Ils seraient plus tard obligés d'acheter à d'autres intermédiaires et de payer par conséquent plus cher ; ils paieront donc au prix indiqué par le Comité directeur. Eux partis et le stock de la production diminué, que feront les autres, les négociants et commissionnaires installés dans la région même, pour revendre en gros aux maisons extrarégionales ? Ce qu'ils feront, ils se soumettront.

En cfiet, ils pourront bien ne pas acheter au début, c'est entendu ; mais quand ils recevront de leurs clients habituels à court de produits des ordres avec menace de s'adresser directement à la Ligue (i), au cas de non exécution immédiate, les négociants, mis dans Falternative ou de fermer leur magasin ou de payer le prix minimum fixé par le Comité, n'hésiteront plus et payeront. Voilà la surproduction détruite dans ses néfastes effets.

2° Pour arriver à ce merveilleux résultat, il faut, nous l'avons vu, grouper, en un bloc d'une solidarité résistante, tous les producteurs et pour tous les associer, eux qui ont de modestes ressources, ne leur demander, dernière condition de réussite, que la plus petite cotisation possible. Quelle sera-t-elle, puisque dans toute entreprise il y a des dépenses à couvrir? C'est entrer avec cette question dans la description des détails pratiques de l'Association.

La Ligue louera dans chaque ville à marché (une ou deux, s'il le faut, par arrondissement) un modeste local où les producteurs, après vendanges, enverront les échantillons de leurs vins qui y seront pesés et soigneusement rangés en catégories d'après le degré, la couleur et la qualité. Dans ce n^agasia, véritable exposition d'une récolte tenant toute entière sous l'œil du visiteur, les négociants ou leurs courtiers viendront prendre note à la fois du nom du vigneron, de la quotité de sa récolte, de la qualité de son vin et du prix minimum fixé par le comité pour la catégorie où est rangé le produit choisi. Après les pourparlers d'usage et devant l'inflexible

Page 1