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BIOGRAPHIE DE PROUDHON

A quelles conditions on devient un homme. -^ Vie de Proudhon. — Proudhon, homme politique, socialiste (soucialisme critique), socialisme organisateur, écrivain. — Proudhon, homme privé.

De la masse d'individus qui surgissent, passent et disparaissent dans le flot montant de rhunotanité^ des œuvres surnagent, transmises par la voix des siècles aux nouvelles générations qui, les ayant ouïes, clament un nom en des échos repère utés et ce ^om se trouve être celui d^un homme. Donc, à première vue, Vhomme se distingue du bloc des individus anonymes en ce que son travail donne un produit anormal, conservé par son anormalité même. Et cela, parce qu'il sent, pense et extériorise ses sensations et ses pensées autrement que le commun des mortels* Pourquoi cette exorbitance? Pourquoi ? Ce serait

interroger le grand Peut-Rtre, venir se heurter à rinfranchissable absolu que personne n'a jamais sondé, demander une énigme au Grand Sphinx qui n'a jamais parlé. Mais si Ton doit écarter le pourquoi des choses du champ de nos spéculations, on peut en chercher le comment et divisant la tâche en parcelles pour ne pas épuiser des ressources trop faibles, trouver un à un les termes du problème posé : Que faut-il pour devenir un homme?

Nous allons d'abord découvrir les conditions de ce devenir^ puis un exemple frappant suffira pour étayer notre théorie : la biographie de Proudhon,

Sur le piédestal de la statue de Danton, on lit une noble formule: « Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple. » Depuis que ces mémorables paroles ont été prononcées, qui niera qu'au milieu du formidable développement économique mondial, l'agrandissement des vues de notre intelligence doit marcher de pair et s'étendre forcément à toutes les classes de la société, sous peine d'en rendre certaines inutiles et partant dangereuses pour l'économie du corps social ; qui niera la nécessité de l'instruction générale? Personne. C'est un axiome aujourd'hui reçu que tout le monde doit s'instruire. C'est une condition de personnalisation de l'individu, mais non la seule en ligne; ce n'est pas même la première. Car pour qu'elle porte tous ses fruits, il faut qu'elle tombe dans un champ favorable, que le milieu ne lui soit pas contraire, tout comme une plante s'épanouit ou meurt suivant qu'elle change de sol et de climat. Les hommes instruits ne sont pas tous des génies. Ils n'ont pas tous fait le partage d'un patrimoine de* gloire avec les grands noms

qui surgissent à trois ou quatre dans un siècle sur des millions dUndividus qui ne sont pas des ignorants. Pourquoi ? Parce que s'ils disposèrent des mêmes moyens d'éducation, condition subordonnée, ils n'eurent pas celle primordiale et inaccessible d'avoir une nature et une tournure d'esprit spéciales.

Il y a donc en nous, indépendamment de l'instruction, d'autres conditions qui font l'homme ? C'est ce qu'il faut approfondir.

L'être humain, considéré en lui-même, se trouve par le seul fait de sa naissance jeté au milieu de ses semblables avec lesquels il entre en relations. Ce contact avec la collectivité, ces excitations venues du dehors provoquent chez lui des réactions diverses, soit im redoublement de confiance et un développement de la sociabilité si ses liaisons sont heureuses ; soit l'atonie et l'indifférence si le cercle de ses spéculations ne s'étendant pas sur im vaste rayon, il éprouve peu de contrariétés, ou si en ayant éprouvé, il ne se sent pas de force à combattre leur cause, persuadé que le monde est tel qu'il doit être et que tant qu'il sera monde, il restera toujours identique à lui-même ; ou bien chaque fois que ses tentatives d'expansion seront suivies de déceptions, d'amers déboires, que chaque pas en avant sera suivi d'une retraite forcée, alors douloureusement refoulé dans ses élans, il rentrera en lui-même, s'isolera dans un silence farouche où ta nature lui parlera, il n'agira plus mais pensera. Alors et seulement alors, de cet individu perdu dans la douleur et l'isolement, au rebours des gens heureux en affaires que la félicité corrompt et diminue, ou des indifférents qu'emprisonne le cercle de la vie végétative, Tins-

traction, condition subsidiaire, parfera un Homme (i).

Souffrance, Sentiment de la nature, Instruction, voilà les trois facteurs puissants de notre personnalisation, les deux premiers d'égale importance et primordiaux, le troisième appréciable encore, mais subordonné (a). Examinons-les sur-le-champ.

La souffrance analysée est animique ou corporelle mais identique en ses effets par interpénétration ou réciprocité d'influence entre le physique et le moral. ' Tout riche peut donc souffrir en son âme, comme le pauvre en son corps, le malheur frappant sans dis- .tinclion à toutes les portes. Toutefois, la misère prend, presque toujours, les dehors terribles de la gêne et du paupérisme.

Trois fois maudit soit le jour de naissance d'un pauvre ! Ce forçat de l'humanité sur qui vient rouler ce nouveau rocher de Sisyphe, s'annihile à sa naissance même. S'il s'aplatit sous les forces étrangères qui l'écrasent, il est mort avant d'avoir vécu ; la dignité tuée dans son germe, l'inconscience pousse à sa place ; l'instinct animal guide seul l'individu ; c'est le ravalement au niveau de la brute. Si dans

I. Le philosophe Nietzsche, dans sa théorie du sélectionnement progressif des individus, donne aux personnalités fortes qui dans Tavenir soumettront les plus faibles et les feront disparaître le nom de surhommes. Une telle terminologie pose le sélectionné comme un être surnaturel tandis qu'il vaut mieux l'appeler simplement homme et le distinguer de la masse indifférenciée des individus,

a. Peuvent influer encore des causes d'ordre secondaire : atavisme, tradition, circonstances, occasion, etc., ce sur quoi nous n'insistons pas, un tel développement étant en dehors du champ de ce( ouvrage.

rinsondable nuit de son être, au contraire, couve une étincelle, au moindre choc une flamme surgira. Si pour ce caractère qui se forme chaque lutte est une défaite, Fénergie grandira avec les obstacles, ne s^avouera jamais vaincue, se contentant après chaque bataille de s'isoler dans une retraite farouche pour panser les blessures subies et fourbir de nouvelles armes. Alors, après l'action, cet homme qui souffre ne pourra que réfléchir. Eloigné de ses semblables, s'il jette les yeux autour de lui, il ne verra qu'une nature d'abord muette. Puis, peu à peu, i:ous le choc mystérieux de sensations inconnuee, ce paria sentira quelque cho3î faiblir en son être vi ;cablé. Son besoin d'aimer prêt à éclater, se reportera des personnes sur les choses ; toute une poésie chantera dans son cœur avec le souflle du zéphir, avec le chant du rossignol, avec le murmure des sources ; son regard de plus en plus émerveillé s'élancera des hauteurs dans l'espace à travers les plaines verdoyantes et le grand ciel bleu pour suivre dans le firmament ce grand disque ardent qui sème à profusion la lumière et la vie, puis brusquement un jour il se détournera... une émotion intense gonflera sa poitrine... des larmes viendront mouiJer ses paupières... il tombera peut-être à genoux... il aura compris. Le sentiment de la nature l'aura saisi.

Celui qui comprend la nature a toujours été frappé de cet ordre admirable qui y règne : les jours grandissent, le printemps s'annonce et, pour provoquer les germinations heureuses, voilà qu'un vent bienfaisant s'élève à l'horizon, déposant sur les fleurs les germes fécondants enlevés souvent à des distances considérables. Le fruit éclos, les souffles impé-

tueux lombent et font place aux chaleurs de l'été, nécessaires à la maturation. Surviennent les fraîcheurs de l'automne ; les graines séparées de leurs gaines que la sève n'alimente plus se répandent, semenee naturelle de la prochaine reproduction. L'hiver enfin, sous son manteau de neige, force la nature au repos où elle puise des forces nouvelles pour de futurs enfantements « Eh ! quoi ! s'écriera notre paria, l'ordre règne dans la nature; les siècles passent sans une révolution dans un domaine où la fourmi trouve son grain de blé, le mouton son brin d'herbe et l'oiseau sa becquée ! Par quel mystère, moi, l'être conscient et raisonnable, ne puis-je jouir de cet équilibre, de ce bien-être assuré pour tous les animaux ! Pourquoi l'ordre ne régnerait-il pas dans l'humanité? quelle est cette contradiction?». Moment redoutable où le point d'interrogation qui fait naître la science, se dresse tout à coup à l'esprit étonné. « Pourquoi? Pourquoi ? Je veux savoir! », reprend le paria. Cherche ! Cherche ! étudie dans des livres, descends dans des pensers sans fond, c'est dans rinstiniclion que tu plonges, tu n'y trouveras pas la certitude, mais toi-même, c'est-à-dire un homme.

Souffrance, sentiment de la nature, instruction, se suscitent donc Tuii l'autre pour personnaliser un individu, personnalisation assurée bien que variable suivant leurs degrés et leurs proportions. Ces trois conditions réunies engendrent l'être presque parfait

— on sait que la perfection n'est pas de ce monde

— que les Romains nommaient çir celui qui possède la vir-ilitas^ la virilité, beauté physique conservée par l'empire acquis sur les passions et la çir-tus la vertu, la beauté morale généiatrice des grandes

actions, de la siixiple et sublime majesté J'ime espèce incarnée dans un homme.

Il se leva dans notre vieille lerre de Gaule dans les rochers massifs du Jura dont il rappela, par la fermeté de ses convictions, la masse inébranlable, quelqu'un qui, par le milieu où il naquit, les difficultés amoncelées contre lui et son désir d'apprendre, parvint à réaliser presque tout notre idéal.

Pierre-Joseph Proudhon naquit le 1 5 janvier 1809, à Besançon, d'un père garçon brasseur et d'une mère servante pour les gros ouvrages. Fils de prolétaire, il connut la gêne et la pauvreté dont les dures étreintes lui laissèrent jusqu'à la mort un souvenir ineffaçable. En 18 149 la brasserie où travaillait son père ayant été détruite, ce dernier essaya de s'établir à son compte pour la tonnellerie, mais cette exploitation qui suffisait à peine à subvenir aux besoins d'une famille de cinq enfants dont Pierre- Joseph était l'aîné, longtemps chancelante, finit par sombrer. D'une intelligence précoce, notre futur économiste souffrait déjà des vices d'une économie sociale construite à son détriment. Peiné des mauvaises affaires de la maison, il écoulait, silencieux et sombre, sa mère lui raconter « qu'avant 89, elle se louait l'hiver pour filer le chanvre, recevant pour salaire de six semaines de travail, avec sa nourriture, une paire de sabots et un pain de seigle ». Il assista aux scènes de déceptions et d'amers déboires que l'irritation contre la mauvaise fortune provoque chez des malheureux. Dans les familles en détresse, la mère et les petits, tous travaillent pour tâcher de joindre les deux bouts. Proudhon, tout jeune encore, coopéra à cette mise à flot, en exécutant de petits

travaux agricoles ou en gardant des troupeaux. « Jusqu'à douze ans, dit-il quelque part (i), ma vie s'est presque passée toute aux champs, occupée tantôt de petits travaux agricoles, tantôt à garder les vaches. J'ai été cinq ans bouvier. Je ne connais pas d'existence à la fois plus contemplative et plus réaliste, plus opposée à cet absurde spiritualisme qui fait le fond de l'éducation et de la vie chrétienne, que celle de l'homme des champs. A la ville, je me sentais dépaysé. » Et plus loin : « J'aimais mes vaches, mais d'une affection inégale ; j'avais des préférences pour une poule, pour un arbre, pour un rocher... Aussi comme je pleurais en lisant les adieux de Philoctète, si bien traduit de Sophocle par Fénelon... Ceux qui, n'ayant jamais éprouvé ces illusions puissantes, accusent la superstition des gens de campagne, me font parfois pitié. » Ainsi Proudhon souffrant en son for intérieur de la pauvreté de sa famille, se plaisait aux champs, y trouvait ce repos nécessaire à toute âme blessée, menait une « existence contemplative » acquérait un Sentiment de la Nature si puissant qu'il en arrivait à pleurer à la lecture de Bucoliques. On ne saura jamais l'attrait qu'exerce la campagne si l'on manque de sensibilité. Aux sensibles, les pures vibrations, les grands enthousiasmes, la défense des nobles causes, toute la gamme des dévouements, mais aussi les ressentiments implacables pour des injures profondément ressenties.

I. Voir de lui un séduisant retour sur son enfance dans De la Justice dans la révolution (tome II, p. 208. Œuvres complètes). C'est du Rousseau tout pur.

L'enfant tout jeune encore, mûri par la souffrance et la contemplation, fut tout d'un coup arraché à ses habitudes, envoyé au collège faire ses classes grâce à une bourse qu'on lui avait procurée. Ses parents avaient su comprendre qu'un homme instruit est mieux taillé dans sa lutte pour la vie. Prou-

dhon allait s'instruire. Il avait souffert et compris la nature, il n'avait plus qu'à marcher dans la voie où se forment les génies.

Bien qu'il souffrit de se sentir claquemuré dans une classe pleine d'ombre, sentant peser sur lui, au milieu de ces fils de bourgeois qu'il coudoyait, cette capitis diminutio de la misère dont il rapportait de chez lui les douloureux échos, il s'isola dans un silence farouche et travailla avec une ardeur qui le plaça bientôt aux premiers rangs. Ce besoin d'isolement persista toute sa vie, si bien qu'un de ses ennemis (i), dans une biographie méchante, le présentait au public comme un caractère antipathique, comme un ennemi de la société dans ses écrits commed^s son genre dévie : « Au collège, écrivait-il, comme plus tard à l'atelier, il refuse de partager les jeux de ses camarades, fait bande à part, dédaigne les amis, se livre entre les heures de travail à des promenades solitaires. » C'était habile. Les enfants en effet et le peuple qui pense comme les enfants témoignent de l'humeur contre tous ceux qui s'éloignent d'eux, quitte à passer sans transition des plai-

I. Eugène de Mirecourt, auteur d'une Biographie de Proudhon, où se trouvent des détails fort intéressants mais tendancieux. Ce biographe répondait en réalité au nom plus roturier de Jacc^uol.

santeries les plus bouffonnes au respect le plus profond, dès que le solitaire qu'ils réprouvent donne les preuves éclatantes d'une personnalité remarquable. Hommes ! Si la créature timide et farouche à qui les relations du monde font peur, et dont Tcsprit sans expérience croupit dans line primitive sauvagerie, est tout au plus digne de votre indulgence et de votre charité, respectez et ne qualiflez pas l'être viril à qui rhumanité n'inspire point de crainte parce quMl la connaît et préfère le bain vivifiant de la nature pris dans la solitude et la méditation, au vernis cassant des politesses mondaines ! Ah ! suspendez votre jugement plutôt que de médire sur celui qui, pour exalter l'homme, s'éloigne de lui ; pour être loin de vos individus, il n'en est pas moins près de vos âmes et de vos pensées qui l'assiègent en foule, réalisant la formule d'un sage antique : « On nVst jamais moins seul que quand on est seul. » Respectez donc le solitaire ; un être dans l'isolemetit, c'est un caractère qui prend sa trempe !

Ainsi donc, son temps partagé entre le travail et la contemplation, Proudhon commençait, dès le collège, à se distinguer de ceux qui Fentouraîent, quand tout à coup, sous un furieux assaut d'ime fortune implacable, son père perdit le champ familial dévoré par Thypothèque. Lui, forcé d'interrompre ses études, se fît embaucher comme correcteur dans ime imprimerie de Besançon. 'Le voilà simple ouvrier à dix-neuf and. Dans son nouvel état, il continua à s'instruire, apprit Thébreu seul en corrigeant une Vulgate (i). Mais il n'était pas dit qu'à Tatclirr

I. Celle Icclure de lu Bible tliil faire sur lui une impression

Proudhon serait plus heureux qu'à Tecole, La Révolution de Juillet vint porter un coup terrible à la librairie dont les ouvrages religieux formaient presque tout le fonds d'activité. Obligé comme tant d'autres de se pourvoir ailleurs, notre typographe fit son tour de France. De Paris à Lyon, de Lyon à Marseille, voyageant à pied comme Jean- Jacques, il se voit à Toulon sans travail avec 3 fr. 5o dans sa pocîhe (i83i-i832). Revenu à Besançon, il en repart encore (i833) pour un nouveau voyage el revient enfin se fixer dans sa ville natale (i). Vers i836, il devient patron en fondant une imprimerie avec deux associés. Son apport, comme il n'avait pas de fortune, était son savoir et sa capacité. L'expérience ne dura pas longtemps. L'année suivante, l'exploitation tomba et la liquidation s'ouvrit, longue et difficile.

Arrivé à ce point de sa vie, homme à peu près fait, sollicité par ses amis qui fondaient sur lui de grandes espérances, Proudhon, malgré sa grande répugnance, se décida à écrire. C'est la période de production qui commence, vie complexe, dès lors agitée, tiraillée en tout sens et qu'il faut voir sous plusieurs faces pour en examiner tous les angles.

D'abord un schème de cette existence est nécessaire, simple compte rendu de ses faits et gestes, utile au lecteur, avant d'étudier Thomme d'abord

profoade puisque tous ses écrits jusqu'à ses œuvres posthumes en portent des traces frappantes.

I. De cette époque mouvementée et miséreuse, Proudhon conserva toujours soigneusement son carnet de typographe, plein dcâ bonnes notes de ses patrons passagers.

dans sa vie publique — de politicien — -de socialiste — d'écrivain ; puis dans sa vie privée.

Il était encore imprimeur à son compte lorsqu'il fit paraître sans nom d'auteur un ouvrage de philologie (1837): Essai de grammaire générale faisant SUITE AUX : Eléments primitifs des langues découverts PAR LA comparaison DES RACINES DE L HÉBREU AVEC CELLES DU GREC, DU LATIN ET DU FRANÇAIS dc

Tabbé Bergier. Cet ouvrage éveille l'attention, encourage ses amis qui l'exhortent de plus en plus à faire son entrée dans une voie plus large. Sur ces entrefaites, l'Académie de Besançon met au concours une bourse de i.5oo francs léguée par M"*« Suard, veuve d'académicien, « pour être donnée, tous les trois ans, à celui des jeunes gens du département du Doubs, bachelier es lettres ou es sciences et dépourvu de fortune qui aura élé, au jugement de l'Académie de Besançon, reconnu pour montrer les plus heureuses dispositions soit pour la carrière des lettres ou des sciences, soit pour l'étude du droit ou de la médecine ». r

Son imprimerie tombée, Proudhon se décide à affronter le concours et passe, condition préalable, son baccalauréat. En considération de ses heureuses dispositions, la pension lui est accordée. Il part pour Paris afin d'étudier sous la tutelle de M. Droz, se

livre avec une nouvelle ardeur à ses éludes de linguistique et concourt pour le prix Volney, déposant à l'Institut (29 février 1839) un manuscrit de : Recherches SUR LES Catégories grammaticales et sur

QUELQUES ORIGINES DE LA LANGUE FRANÇAISE, qui

obtint une mention honorable (i). Dans le même

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