I. Qu'est-ce que la propriété, ae partie, paragr. 3, p. aig
la première alliant a régalité et la loi )> à V « indépendance et la proporlioimalité » (i) de la seconde.
2° Pour maintenir en équilibre les termes contradictoires qui restent identiques à eux-mêmes. (Prou-, dbon sur ses vieux jours a Gni par s'apercevoir que la synthèse, véritable but théorique de nos spéculations, ne se réalise pas, qu'elle ne constitue qu'un idéal de perfection, indicateur de notre sens du progrès et que tout ce qu'on peut faire pour sa plus grande approximation est non une fusion, mais rétablissement d'une balance entre les termes de la contradiction) (2).
Donc, d'après celte méthode définitive, puisque l'économie sociale se réduit à un équilibre de conditions actuellement réalisées, la propriété reste catégoriquement et identiquement établie sur ses mêmes données.
Et maintenant qu'il l'a acceptée, comment Proudhon la justifiera-t-il, elle que les économistes, ses antiques défenseurs, n'ont jamais pu légitimer, la confondant avec la possession. Sera-ce par l'Occupation, le Travail, la Loi, vieilles redites anéanties ? Non ; un argument nouveau va surgir. Celui-là seul qui avait su attaquer, allait être encore le seul à trouver la défense.
Ce que l'objectivité n'a pu justifier, la subjectivité le légitime; c'est dans le caractère d'indépendance qu'elle provoque et propage, dans la dignité dont elle revêt ceux qu elle investit de ses droits, que la pro-
I. 1" Mémoire, a« paragr., partie 3, p. 219. a. De la Justice dans la Révolution, lire toute TËtude sur les Biens et Théorie de la Propriété. Ghap. 1, p. 49 à 5a.
- éo -
priété trouve sa légitimité. Et comme l'auteur sent le besoin, contre la subite avancée de TËtat — nous nous trouvons en ce moment sous le Second Empire — d'opposer aux recrudescences du principe d'Autorité qui menace l'équilibre social et fausse « la balance » le principe antagoniste de Liberté, il donne comme contre-poids à l'absolutisme étatique l'absolutisme propriétaire. Ce n'est donc pas dans son principe, dans ses origines, comme les économistes ont eu tort de le croire mais dans ses fins que la propriété trouve sa légitimité. Et Proudhon l'établit d'une façon péremptoire, coupant court à toute interprétation dubitative : « Le principe de propriété est ultra légal, extra juridique, absolutiste, égoïste de sanalure jusqu'à l'iniquilé; il faut qu'il en soit ainsi.
« Il a pour contrepoids la raison d'Etat,absolutiste, ultra légale, illibérale et gouvernementale jusqu'à l'oppression : il faut qu il en soit ainsi » (i). C'est l'opposition de deux absolutismes, maintenus en équilibre dans une contradiction nécessaire et dont on retrouve un reflet dans l'antique formule : Dominium est jus utendietabutendire sua quatenusjuris ratio patitur : La propriété c'est le droit d'user et d'abuser de sa chose — premier terme — tout autant que le permet la raison sociale — deuxième terme — tous deux illimités dans leur absolu et pourtant se limitant nécessairement par leur opposition même.
C'est ici que les adversaires de Proudhon ont crié à la contradiction, à la variation, à la faillite de la théoi'ie proudhonienne anéantie par son propre auteur. Reprenons en effet la préface-programme.