‹ La revanche de ProudhonChapitre 25 sur 140 · I. Théorie de la Propriété. Chap. VI, p · texte numérisé non relu

I. Théorie de la Propriété. Chap. VI, p

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ainsi qu'on l'a cru Jusqu'à ce jour » mais qu'elle « se révèle dans ses abus comme une fonction » qu'étant cela et tout citoyen ayant la faculté d'être appelé à Texercer c< elle devient un droit : le droit résultant ici de la destinée, non la destinée du droit » (i). L'abus étant une fonction, laliénabilité, la mise en jachère doivent être permises, car s'il fallait y parer par des règlements (2), on devrait les faire émaner de l'Etat, personne morale dont il voulait autrefois, afin de réduire ses attributions au plus strict minimum, confier la direction à l'Académie des Sciences. C'est pour rester fidèle à ses théories et non pour y contredire, qu'il dégage la propriété par la Liberté qu'il avait déjà donnée comme synthèse— lorsqu'il croyait ce troisième terme possible — de la contradiction sociale dans son premier mémoire. Ce qui ne l'empêche pas de soutenir maintenant comme autrefois que le droit propriétaire est nuisible, mais qu'il faut le modifier et le réformer, non par des règlements, mais par la recherche de ses éléments contradictoires — on sait que la propriété vient d'être définie à la fois un absolutisme et un facteur de liberté vis-à-vis de TAutorité, qui mis en « balance » réaliseront l'équilibre. A l'époque où je parlais depossession^ accentue-t-il, j'usais d'un terme « équivoque qui rappelait une forme d'institution dont je ne pouvais vouloir et que j'ai abandonné » (3) rectification catégorique déjà surabondanmient démontrée par l'obscure imprécision

I. Théorie de la Propriété, Chap. VI, p. 149. a. Théorie de la Propriété. Chap. VI, p. 167. 3. Théorie de la Propriété, Chap. VI, p. lag.

dans laquelle Proudhon laissait flotter la possession qui finissait par représenter tous les caractères de la propriété, mais nous apprenant en plus que le mot a rappelait » mais ne désignait pas le rapport de droit habituellement et juridiquement déterminé par un pareil vocable.

Que reste-t-il donc aux antiproudhonieris pour

prouver un prétendu désaccord de Proudhon avec

ce qu'il n'avait jamais défini ? Rien. Les contradictions ne so^t qu'apparentes et les esprits superficiels seuls peuvent s'y tromper. A notre interrogation initiale : L'auteur dans sa critique renverse-t-il la Propriété ou la conserve-t-il pour la modifier ? nous pouvons à présent répondre : Oui, Proudhon la conserve, mais comme elle est actuellement nuisible dans ses eflets, il la modifiera par un essai de solution des contradictions sociales.

Mais quel système adoptera-t-il pour réaliser entre elles soit la synthèse — terme plus tard abandonné

— soit l'équilibre ? C'est par cette question clore l'étude des théories critiques de Tauteur et aborder

— deuxième partie de notre division — celle des essais constructifs de son plan d'organisation.

Socialisme organisateur. — Proudhon, avant d'établir son système, a fait au préalable certaines constatations :

V Loiwrier subit une retenue sur son salaire. D'abord qu'est le salaire ? La différence entre le prix d'achat de la matière première par l'artisan qui la transformera et le prix de vente du produit ainsi manufacturé, c'est-à-dire la rémunération du temps de travail. Si j'ai, par exemple, fabriqué dans un jour une paire de souliers que je vends 5 francs et dont le

coût de cuir brut s^élève à 2 francs, Texcédcnt de 3 fr • sur ce dernier chiffre représenlera mon labeur, constituera mon salaire. Mais, en réalité, il n'en est pas toujours ainsi, parce que Partisan n'a pas toujours de Touvrage. Il faut vivre pourtant, et s'il va louer ses services à un boutiquier vendeur des mômes produits, ce dernier forcé par la concurrence qui empêche Taugmentation indéfinie du prix des marchandises et en sens inverse par la valeur des fournitures et la nécessité de vivre (fui en arrêlent l'abaissement sans fin, vendra au prix indiqué plus haut, soit cinq francs ; mais, pour réaliser un gaia plus considérable, il ne paiera pas intégralement le temps de travail fourni par son ouvrier, retenant, suivant les besoins, sur le salaire virtuel et juste une prime variable et abusant ainsi d'une situation prépondérante pour faire payer une certitude de traçait à un employé qui sans ouvrage aurait réalisé zéro. Résultat pratique de l'opération : le patron s'enrichit du travail d'autrui par le simple effet d'une situation avantageuse (i).

20 Lorsqu'il s'agit non plus d'un seul, mais d'une pluralité parfois considérable d'ouvriers embauchés par un seul employeur,,/^ travail collectif {ps^v opposition au travail individuel) reste totalement impayé. Il est de toute évidence que pour les gros travaux, un grand nombre de bras est nécessaire ; il est non moins évident qu'une combinaison d'efforts multipliés arrive plus vite et plus sûrement au résultat qu'un effort individuel incessamment répété qui par-

I. Plaidoyer devant la Cour d assises de Besançon. Œuvres complètes j tome II, page 96, et Qu est-ce que la Propriété? p. lAg.

fois même, pour si constant qu'il soit, ne réalisera, jamais, pût-il même disposer de Tétemité, ce que le travail collectif accomplira en quelques minutes, en quelques jours, en quelques années suivant la grandeur de Touvrage. Le plus savant ingénieur de notre époque, seul malgré sa science et ses appareils perfectionnés, n'élèvera jamais les Pyramides, œuvre d'une antique collectivité moins instruite et munie d'un matériel rudimentaire. L'effort collectif est donc quelque chose de sensible dans son effet, il donne un résultat souvent considérable, parfois même le seul appréciable. Il est donc injuste, alors même que par surplus, l'ouvrier n'est pas intégralement payé dans son travail individuel comme unité du groupe, de ne point rémunérer ce groupe pour les réalisations de son travail collectif (i). Cest, ces constatations faites, dans Timpossibilité pour le travailleur de racheter son produit par la retenue effectuée sur son salaire par son employeur — retenue qui peut prendre diverses formes et différents noms: prime, intérêt, escompte, bail, ferme, etc., — que se trouve le fondement de Tinharmonie sociale, la rupture de l'équilibre qu'il s'agit de rétablir.

Et ceci constaté, nous allons de déductions en déductions voir se constituer pièce à pièce le système organisateur.

Du moment que nos besoins grandissants exigent de plus grands efforts dans leur satisfaction, du moment que pour arriver à des réalisations plus complètes ou plus faciles, l'action collective est nécessaire^ le principe d'Association est en nous :

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