‹ La revanche de ProudhonChapitre 26 sur 140 · I. Quest'ce que la Propriété, Chap. III, S 5, p · texte numérisé non relu

I. Quest'ce que la Propriété, Chap. III, S 5, p

« Quaiid même nous voudrions n'être point associés, la force des choses, les besoins de notre consommation, les lois de la production, le principe mathématique de réchange nous associent... (i). Nous travaillons tous les uns pour les autres, nous faisons entre nous des échanges continuels de produits et de services ». Puisque les hommes dépendent tous les uns des autres, même et surtout pour assurer leur existence, il faut entre eux, premier article du système, développer le principe d'AssociATiON. El cette dépendance ne peut comporter des degrés. Actuellement certains individus sont plus ou moins indépendants de la collectivité. Cela se peut, mais ne se doit. Toutes les conditions doivent être égales et cela d'après la formule d'Adam Smith : Chaque produit vaut ce qu'il a coûté de temps et de dépenses (a) ce qui nous indique en même temps : i* que Tassociation sera exclusivement économique ; n"" que le temps de travail doit être intégralement payé. Mais comment déterminer ce que vaut chaque produit puisque les valeurs sont variables ? En posant V Immutabilité dune valeur fixe qu'il faut chercher, non inventer, car rien n'existe dans l'idée qui ne soit dans la réalité.

Où donc trouverons-nous la clef de Torganisation sociale ? Dans le commerce nécessaire par Tinterdépendance économique des hommes, mais actuellement devenu agioteur, menteur et usurier par dé via-

I. Qu est-ce que la Propriété, Chap. V, S 2» p. 182. Proudhon avait dit : Hormis le propriétaire. L'exception doit être supprimée, nous avons vu plus haut pourquoi.

a. Avertissement aux Propriétaires^ P- ^9*

tion. Qu'échangeons-nous rn effet en principe? Un service ou un produit de notre industrie contre un service ou un produit de Tindustrie d'autrui que nous supposons être égaux entre eux, sinon nous nous refuserions à conclure un marché de dupes. Cette estimation dans Tégalité de valeur des marchandises échangées est commune aux parties contractantes, toutes satisfaites de l'opération. L'échange .rse réduit donc schématiquement à une équation fondamentale A » A (i). Rien de plus simple et de plus profond à la fois. C'est cette égalité de rapport, c'est cette réalisation de la Justice qui donnera Tlmmutabilité de la Valeur et qu'il s'agit de développer. Du moment que a les produits s'échangent contre les produits » (2), — il en était ainsi à la naissance de la civilisation, alors que le troc primitif réalisait tout le commerce, — • c'est le troc qu'il faut perfectionner et adapter sous des dehors moins grossiers au raflinement de nos mœurs progressives. Nous ne pouvons tout comme nos ancêtres, échanger à point nommé des chaussures contre un quartier de viande, des armes contre un vêtement, parce que les transactions n'étant plus intermittentes mais continues par la multiplicité grandissante de nos besoins, le vendeur demandera presque toujours autre chose comme contre- valeur qu'un produit du travail de son acheteur; de plus, se sont créées depuis, des fonctions à production impondérable (travaux de lïntelligence, gardiennage, factage, etc.), qui ne se réalisent pas

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