‹ La revanche de ProudhonChapitre 42 sur 140 · P. aSj · texte numérisé non relu

P. aSj

s^ échanger leurs effets et dont Tadministration et la direction non plus laissée à Tinitiative d'individus spéculant pour leur seul intérêt sur la nécessité économique de Tentreprise banquière est exercée par des délégués de ces mêmes producteurs-consommateurs, payés comme des employés soumis à la surveillance de leurs déléguants, sans intrusion aucune de l'Etat, inapte, par essence, à ce genre de spéculation.

Mais le tout n'est pas de créer une banque, il faut qu'elle fonctionne et tout comme une pente est nécessaire à l'eau du canal pour venir faire tourner la turbine d'un moulin, de même la nouvelle entreprise aura besoin d'une force d'attraction pour concentrer les valeurs en circulation dans le pays. Le banquier prête bien à ses clients parce qu'il est sûr de leur solvabilité ; mais ces derniers aussi ne viennent à sa banque que parce qu'ils ont envers lui la même foi garantie par des réalités. Le premier fait crédit aux seconds, mais il est aussi crédité par eux (i). Il intervient donc dans une affaire toute matérielle un élément de réciprocité psychologique : la confiance que la nouvelle entreprise mutuelliste doit mériter vis-à-vis du public. Or, nous avons indiqué plus haut (2) que, sous le régime actuel, la réunion d'un capital dit de fondation ou de garantie, sous forme de réserve métallique enfouie dans les coffres-forts de la Banque, constituait, en première ligne, cette force d'attraction qui menait de suite le public confiant aux guichets. Et il n'en peut être

I. De Sismondi l'avait remarqué avant Proudlion. a. Voyez supra^ p. igS.

autrement tant que le mêlai, la seule valeur cons* tituée au nom de qui toute transaction s'effectue, reste seul mailre de la circulation :

Or, en mutuellisme, le numéraire est supprimé et l'article 4 du projet de Constitution de la Banque d'Echange pose catégoriquement :

« Art. 4* — La Société n'a pas de capital » (i) principe auquel la Banque du Peuple, dont l'acte fut passé devant notaires, semble faire un accroc, puisqu'elle en réunit un, mais seulement, dit l'article 9, pour se conformer « aux usages établis et aux prescriptions de la loi, et surtout afin de solliciter plus efficacement l'adhésion des citoyens », tout en admettant qu'éventuellement la Société « peut et doit opérer sans capital ».

« Ce but sera atteint lorsque la masse entière des producteurs et consommateurs aura fait son adhésion aux statuts » (2).

Comment donc l'entreprise mutuelliste va-t-elle sans capital ménXevldi confiance publique ? Tel est le nouveau problème à résoudre, mais dont il faut ajourner momentanément la réponse par l'examen d'une question préalable, nécessaire à l'éclaircissement de termes qui, non définis, entraîneraient une certaine confusion. Qu'entend-on, poserons-nous d'abord, parle mot capital?

Commençons par dire qu'à propos de ce vocable, comme pour tant d'autres, une confusion s'est produite entre le sens courant y attribué par le vulgaire

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