‹ La revanche de ProudhonChapitre 48 sur 140 · Solution du Problème social^ p. i · texte numérisé non relu

Solution du Problème social^ p. i

3. La cause première des crises n'est même que I&, dans l'écart plus ou moins grand de la production et de la consommation, écart que viennent aggraver dans ses conséquences l'agio,

par suite des économies réalisées par la suppression de rintermédiarité, la production sollicitée remontera vite à son niveau, suraccentuée dans son élan par Feutrée dans le champ économique de nouveaux producteurs, des anciens intermédiaires qui, supprimés dans leur rôle économiquement antisocial et parasitaire, viendront, par nécessité, faire coopérer au travail social leurs intelligences, leurs capitaux ou leurs bras.

Bref, pour tout résumer, la suppression de l'intermédiarité entraînant, heureuses conséquences, une économie considérable, une recrudescence dans la production et la consommation, constitue dans tous ses caractères réunis en faisceau, pris en bloc, la première condition vitale du Mutuellisme, TEghange direct.

Les produits ne s'échangent que contre des produits et la Banque d'Echange, centralisant toutes les opérations de commerce et convertissant les effets présentés à ses guichets en un papier qui en est l'équivalent ayant pour gage la marchandise, s'abstrait pour ainsi dire elle-même et laisse les produits se déplacer Tun par l'autre par le simple effet de leur nécessité simultanée en des endroits les plus divers.

Soit ! pourront dire les contradicteurs, nous voyons quels sont tous les avantages de la suppression des intermédiaires. Nous admettons que la Banque d'Echange rende beaucoup de services aux producteurs, qu'elle « se présente aux échangistes comme les connaissant tous individuellement soit dans l'état

la spéculation ; mais notez-le bien l'écart s'est affirmé au moment ou la spéculation entre en ligne. Il y a déjà uns charogne à terre quand les corbeaux paraissent.

de leurs affaires, leur capacité, leur solvabilité, soît dans leurs besoins » el qu'elle puisse les mettre à chaque minute en rapport direct les uns avec les autres à point nommé ; mais ce que le Mutuellisme parait supprimer, Tinlermédiarité, ne reparaît-il pas avec la Banque d'Echange dressée, elle aussi, entre le producteur et le consommateur, sans ajouter une forme nouvelle au produit. La théorie ne se ruinet-clle pas elle-même par ses essais pratiques et les institutions qu'elle veut[créer tantôt dénommées Banque d'Echange, Banque du Peuple, Société d'Exposition PERPÉTUELLE uc sout-clles pas au même titre que les banques, spéculateurs et négociants actuels,, des intermédiaires tout aussi parasitaires !

L'objection est spécieuse et vaut la peine qu'on l'examine afin de serrer de plus près l'idéal mutuelliste. La Banque d'Echange est un intermédiaii*e ! Mais pas du tout. Il ne lui suffit pas, à la vérité, de mettre en rapport les échangistes, d'amener l'échange direct des produits entre eux. Ce n'est pas, à strictement parler, par ce genre de service qu'elle supprimera la lare d'intermédîarité, mais bien par sa composition, prévue par l'acte de constitution. 11 faut, et c'est la condition sine qua non^ que les sociétaires soient à la fois des producteurs et les mandants impératifs et directs des directeurs, membres des conseils d'administration, de surveillance, etc., que la Banque soit leur chose, à eux tous, une succursale commune, spécialisée pour une circulation plus avantageuse de leurs propres produits, de telle sorte que la production et la consommation faisant bloc, étroitement unies, l'intermédiaire ne puisse pas dans le système trouver même la plus petite place, puisque

les ppoducteurs-consommateurs se chargeant euxmêmes de ce rôle, rintermédiarité disparaît pour faire place à la réciprocité. Et justement la Banque d'Echange, propriété collective des producteurs, est cette succursale spécialisée pour rendre avantageuse la circulation de leurs propres produits ; elle n'est pas un intermédiaire. On lit en tête du Projet de Constitution de la Banque d'Echange.

« Entre les soussignés, négociants, artisans, entrepreneurs, industriels, propriétaires, économistes, jurisconsultes, professeurs, écrivains, artistes, ouvriers (et pour les mienxdéRnir) producteurs de toute espèce y de tout état et profession.

Il a été convenu et arrêté ce qui suit : Suivent les dispositions générales et l'article 3 posant spécialement que :

i< Tous les citoyens, sans exception, sont appelés à faire partie de la société » (i).

Ainsi donc, tout ce qui sait manier un outil, aligner des chiffres, tenir une plume, tout ce qui produit, entre dans la société ; c'est la nation elle-même, se chargeant, dans le vrai sens du mot, de l'économie nationale, et cela par un simple effet de sa volonté, de sa liberté. Puisqu'il ne faut plus que produire pour avoir droit de consommer (droit et faculté se confondent ici), on s'imagine difficilement l'ancien intermédiaire restant intermédiaire dans une société qui ne souffre pas d'intermédiaire, sous peine d'inexistence.

Donc, rien que des produits en balance, des producteurs en présence échangeant directement leur production par leur Banque d'Echange, telle est en

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