‹ La revanche de ProudhonChapitre 52 sur 140 · I. Solat. du Problème Social, p · texte numérisé non relu

I. Solat. du Problème Social, p

pératîsme est la réunion des conditions suivantes toutes intégralement mutuellistes :

lo D'union pour le travail ;

so D'indépendance vis-à-vis du capital ;

3^ De propriété des produits.

C'est la classe du travail qui s'isole et arrive à la conscience d'elle-même : question de dignité.

Qui veut s'affranchir du joug du capital, produire par elle-même sans avoir besoin des secours d'une autre classe ; question de liberté.

Qui veut vendre elle-même ses produits à leur jusle valeur, en toucher le prix intégral : question de justice.

Et maintenant pesons ces spéculations. C'est Proudhon lui-même qui nous fournira les réponses sur les considérants :

a) Pourquoi Vunion en vue du travail ?

Pour bénéficier des résultats de la force collective, totalement impayée dans le système capitaliste, que des efforts d'un même nombre d'hommes disséminés n'obtiendraient jamais et pour opposer à l'importance des travaux modernes une force de travail de plus en plus grandissante dans son bloc d'exécution, tout en diminuant d'extension dans le concours des efforts spécialisés qui le composent, parce que « la force productive du travail est en raison directe de sa division » (i).

Soit ! Les prolétaires sont d'accord pour se réunir afin de produire. Le travail n'attend que le moment d'agir ; mais la matière première sur quoi il doit s'exercer viendra-t-elle d'elle-même se placer sous

I. Plaidoj-er devant la Cour d assises de Besançon^ t. II. Œuvres complètes, p. 98.

Toulil transformateur de l'ouvrier? Oui ! répond le mutuellisme.

i^ Par nécessité historique, en raison de Vantériovite du travail sur le capital^ parce que travailler c* est produire de rien (i), le produit, c'est-à-dire le capital, étant le fruit du travail, ne peut venir logiquement et chronologiquement qu'après lui. L'homme « jeté nu sur la terre, parmi les ronces et les épines, en compagnie des tigres et des serpents trouvant à peine de quoi vivre sur la superficie de chaque lieue carrée de terrain, sans outils, sans modèles, sans provisions, sans expérience acquise, a défriché, aligné, expurgé, cultivé son domaine ; il a embelli la nature même ; il s'est entouré de merveilles inconnues à Tancien auteur des choses et a fait naître le luxe là où le créateur n'avait donné que la profusion. A l'origine des sociétés il n'y avait que la matière, il n'y avait point de capital. C'est le travail qui a créé le capital ; c'est le travailleur qui est le vrai capitaliste. Car travailler c'est produire de rien ; et consommer sans travailler, ce n'est pas exploiter le capital, c'est perdre le capital » (2).

ao Par spéculation toute scientifique, parce que réchange direct des produits contre les produits favorisé par la Banque Mutuelliste et spécialement par le syndicat de production dressé pour fournir aux coopératives subitement surgies dans le tourbillon de 1848 les produits à ouvrer, leur permettra de travail-

I. Pour le mutuellisme, travailler c est créer une forme (non une substance), T homme crée donc quelque chose et, s*il crée, il produit ex nihilo. Voir Solutio du Problème social, p. 26 (Article du 18 juin).

a. Solution du Problème social, p. aïo (Article du a3 mai).

1er, c'esl-à-dire de produire afin de pouvoir échanger entre elles « instrument pour instrument, matière première pour matière première, service pour service, produit pour produit, échange pour^ échange, garantie pour garantie » (i), et partant de vivre. Le capital déjà existant et retenu par une classe privilégiée sera donc obligé de faire crédit et de se soumettre au Travail concentré dans les coopératives, dès lors sûres de l'avenir.

La matière première assurée à tout effort humain, étincelle de vie du coopératisme, c'est le Syndicat de production, spécialisation mutuelliste qui la fait jaillir et ce ne peut être que lui, parce que, pour s'unir en vue du travail, le prolétariat s'isolant, question de dignité^ ne peut se procurer le capital que par luimême, c'est-à-dire par un service spécialisé. S'il ne peut l'espérer de la classe capitaliste, puisqu'il s'isole, il ne doit pas non plus l'attendre de l'Etat qui subventionnait à cette époque les coopératives devenues mandiantes attitrées du gouvernement de la deuxième République (2). « Nous repoussons, s'écriait Proudhon, le crédit de l'Etat... parce que nous, producteurs associés ou en voie d'association, nous n'avons besoin ni de l'Etat ni du cours forcé pour organiser nos échanges, parce qu'enfin le crédit de l'Etat est toujours le crédit par le capital, non

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