Mélanges (ne vol.) p, 4i (Article du Peuple
2. Une cinquantaine de coopératives surgirent à Paris sous la deuxième République. On leur accorda une subvention de 5 millions. Toutes périclitèrent et s éteignirent au plus tard vers le début du Second Empire sauf deux qui existent encore aujourd'hui : la Société des Lunetiers et celle des Ouvriers en Limes.
le crédit par le travail... Dans le système qu'on nous propose et que nous repoussons de toute l'énergie de nos convictions, TEtat, pour donner crédit, doit au préalable se procurer des capitaux. Ces capitaux, il faut qu'il les demande à la propriété par la voie de rimpôt. C'est donc toujours revenir au principe, alors qu'il s'agit de le détruire » (i). Bref, c'est l'autonomie mutuelliste qui, comme dans la Banque d'Echange et par le Syndicat de production supprimant l'intermédiaire, se retrouve dans le coopératisme et s'étend à toute la classe ouvrière n'entendant désormais relever que d'elle-même, et crée le parti du travail en face du parti du capital (2).
b. Le prolétariat veut être indépendant çis-à-vis du capital: question de liberté.
Qui ne voit que cette deuxième condition du coopératisme est la conséquence immédiate de la précédente pour ne pas dire simultanée. Qui s'isole est indépendant. Qui produit par son propre eflFort n'a point besoin du secours des autres, il se suffit à lui* même. Si on lui fait crédit c'est qu'il offre un crédit correspondant. C'est un individu H qui en trouve devant lui un autre H' dont il est déjà Yégal en dignité et qui, par réciprocité, c'est-à-dire égalité de besoins et de capacité, lui offre A' contre A parce que A' = A — nouvelle coïncidence d'égalité — en valeur. Ayant mêmes appétits et mêmes facultés, il$ sont égaux, ils sont donc libres. Puisque l'homme n'est plus à la discrétion d'autrui, que d'autre part
1. Mélanges (i«r vol. Articles du Peuple, 8-i5 nov. i848)> p. 186.