‹ La revanche de ProudhonChapitre 55 sur 140 · Mélanges, i»' vol., p. i85 (article 8-i5 nov. i · texte numérisé non relu

Mélanges, i»' vol., p. i85 (article 8-i5 nov. i

3. Plaidoyer devant la Cour d*assises {Œuçres complèieà)y tome II» p. 98.

leur doit recevoir rintégralité du prix de sa nmÎHd'œuvre,.

« Si un ouvrier fait pour trois francs d'ouvragei en un jour, il est juste de lui donner trois francs ». Il les aura s'il est libre et il le i^era, grâce au Syndicat de production qui lui permettra, contrairement à l'économie actuelle où les intermédiaires parasites faussent celte égalité, de racheter avec son salaire son propre produit » (i), puisque, dorénavant propriétaire du fruit de son travail, le prix de vente s'identifiera avec son salaire. Et cette théorie mutuelliste-coopératiste, Proudhon la rend plus raide, plus absolue, plus intransigeante, il la pose comme un dogme nécessaire au nouvel ordre social dans une polémique engagée avec qui ? avec Considérant, chef des phalanstériens, disciples de Fourier, regardé par certains comme le père du coopératisme(2).

« Pour que le producteur vive, il faut que son salaire puisse racheter son produit», pose-t-il comme principe et puis développant cette idée, il prouve aux fouriéristes qu'ils ne peuvent mettre dans leur programme la jouissance intégrale du produit, s'ils réservent au talent et au génie une inégalité de rémunération, alors que d'après la formule d'Adam Smith : Chaque produit vaut ce qu'il a coûté de temps

I. Œuvres complètes, tome II, p, gS. Plaidoyer devant la Cour d'assises de Besançon.

n. On attribue la paternité du coopératisme tantôt à Fourier, tantôt à Bûchez qui essaya d'en faire des essais pratiques vers i832. Nous disons, nous, c'est Proudhon qui, théoricien éminent, la rend possible par le MutucUisme. Il est toutefois plus juste de dire qu'avant eux tous, fidée coopérative était déjà infiltrée dans la masse, qu il ne restait plus qu à la systématiser.

et de dépenses (i), le talent^ cVst-à-dire, d'après le même auteur: la durée du travail, son intensité, la consommation qu'il entraîne, les frais d'éducation du travailleur, l'habileté qu'il déploie, est compris dans ces mêmes dépenses ou frais de production : puis, par le fait même que cette capacité spéciale provoque une division du travail et l'inégalité naturelle qui en résulte devenant fonction, il démontre qu'elle se neutralise par sa spécialisation même ; quant à la quantité du produit par les conditions mêmes de la fonction (2) : k Que parlez-vous maintenant de talent et de génie? leur crie-t-il. Ce prélèvement réclamé avec de si ridicules instances par vos soi-disant capacités, est ime rapine exercée sur le produit du travailleur, que, sous prétexte d'infériorité fonctionnelle, vous retenez en servitude » (3), Donc, que ce soit contre les économistes défenseurs du statu quo capitaliste, que ce soit contre ks phalanstériens proclamant l'inégalité dans la capacité de production, c'est le Mutuellisme qui maintient, rigide, la condition linale du coopéralisme : la propriété du produit que Proudhon veut pratiquement réaliser avec l'aide du Syndicat de production pour obtenir, par la suppression des intermédiaires, l'équation fondamentale : A = A.

Et pour qu'en coopéra tisme A = A, il faut, cela se conçoit après tout ce qui a été dit, faire application de la doctrine entière du mutuellisme : suppression d'intermédiaire, échange direct, égal échange, etc.

1. Açertissements aux propriétaires (Œuvres complètes, tome II), p. 129.

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