Solut, du Problème social, p. 2i5 (article du 23 mai
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que la nature ne vit que par et pour elle-même, que tout ce qu'elle produit :
Rien ne se perd dans la nature
a dit le poète, sert à son entretien, est intégralement absorbé, de môme dans la société, dans le bloc naturel formé par Thumanité, tout ce que produit rhomme est fait pour Thomme seul. Il n'est rien du fruit de son labeur, quine proQte àThumanité, qui ne soit en un mot sans utilité^ parce que s'il en était autrement, il y aurait dépense d'énergie perdue ; l'ef fort humain frappé de stérilité, l'humanité décimée, à tout moment rejetée par la fatalité vers ses origines, serait éternellement condamnée à se refaire en de perpétuels recommencements. Un travail comme on ne peut en concevoir, stérile, illogique, antinaturel, ferait place ou plutôt s'identifierait avec le non-travail^ ce non-travail que le bénéfice net, en l'état actuel des choses commandite, si l'on peut ainsi dire, par le trop fertile travail d'autrui. Si Ton pouvait dès lors légitimement vivre sans travailler au moyen du produit net, les nations, entités économiques, devraient s arrêter dans leur fiévreuse et interminable lutte pour les débouchés ! Et Proudhon, avec sa verve mordante, évaluant à ]3!2 milliards le capital de notre pays, disait que, s'il en était ainsi, avec 5 o/o par an d'intérêt, la moitié au moins du peuple français pourrait vivre sans rien faire ; qu'en Angleterre, où le capital accumulé est beaucoup plus considérable qu'en France et la population beaucoup moindre, a il ne tiendrait qu'à la nation tout entière, depuis la reine Victoria jusqu'au dernier attacheur de fils de Liverpool, de
iTTvre en rentier, se promenant la canne à la main ou grognant dans les meetings. Ce qui conduit à cette proposition évidemment absurde que grâce à son capital^ telle nation a plus de revenu que son travail n'en peut produire » (i).
Le non travail général reconnu impossible ne justifie donc pas lui aussi le produit net, V intérêt ^ qui reste toujours entaché d'illégitimité.
L'intérêt illégitime ! Puisqu'il est cela, comment se fait-il qu'il se soit établi, disait en substance Bastiat ? Vous reconnaissez qu'il a été légitime en un temps (3), vous prétendez qu'il ne l'est plus. Pourquoi ? Parce que, répondait Proudhon, parle Mutuellisme, le prêt peut se faire dès maintenant gratuitement.
Cest arriver, par cette réponse, au point de contact des deux faces de la simultanéité plus haut signalée : suppression de t intérêt, côté négatif ; gratuité du Crédit, côté positif de l'Egal Echange que nous allons maintenant aborder.