Mélanges (3« vol.). Intérêt et Principcd^ S^Réponse
p. iki.
• 3 . Pi*oudhoii reconnait que, jusqu'à Tépoque où la théorie muluelUste doit trouver son application pratique, l'intérêt est légitime {Mélanges. 3^ réponse à Bastiat^. p. 334) et il donne comme raison d'origine de cette légitimité le contrat à la grosse ou de pacotille en usage chez les premiers peuples commerçants, tous navigateurs, où, par suite de Tincertitude primitive, de Tincommensurabilité des valeurs, le gain obtenu contre le risque d'une mauvaise navigation était comme une juste assurance. Plus tard une nouvelle cause d'aggravation de Fintérêt surgit par les exigences de la comptabilité, la nécessité de presse, les rentrées ou recouvrements, etc., (p. a35).
3o Gratuitâ du GnéDiT
Le crédit gratuit, c'est le but final, le couronnement de toute l'œuvre mutuelliste, le moyen définitif de faire régaer la justice par la réciprocité économique entraînant Tégalité, Tindépendance, la dignité, Télévation morale de tous les individus. Par lui, un service rendu n'asservira pas le bénéfictatre, mais lui permettra d'être réellement libre en en rendant réciproquement à sa contre*partie un autre d'égale importance. Et pour entrer tout de suite dans le vif de la discussion, reproduisons d'abord la question de Bastiat : Le prêt est-il un service ? d'où cet auteur arguait que si l'affirmative était admise en Mutuellisme, le principe de rémunération restait acquis, l'intérêt demeurait pour toujours légitime et le crédit gratuit impossible. Proudhon, non sans provoquer Tétonnement •de ses adversaires, y répondait catégoriquement en quatre lignes : Oui « le prêt est un service. Et comme tout service est une valeur, conséquemment comme il est de la nature de tout service d'être rémunéré, il s ensuit que le prêt doit avoir son prix ou, pour employer le mot technique, qu'il doit porter intérêt )» (i).
Voilà, semble-t-il, une réponse péremptoire tout au plus bonneià ruiner le Mutuellisme dans son fondement. Si l'intérêt subsiste, comment provoquer la suppression de la monnaie et des intermédiaires, et l'établissement de l'échange direct et de l'égal échange? Mais c'est encore là une de ces phrases que Proudhon lançait dans un tourbillon d'idées et qui, détachées de leur CQntexte, donnaient lieu à ces quipro-
^ MUMnge$(9^^vol.). Première réponse à BwUnt,-^* 197.
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quos tant exploités par ses adversaires, ce qui n'empêche que, malgré ce, Tinlérêt est, par lui, toujours nié, tant qu'il manque dans le prêt, à côté de l'élément service. Vêlement privation.
« Et celte vérité subsiste, ajoute le mutuelliste, à côté de la précédente, que celui qui prêle, dans les conditions ordinaires du métier de prêteur /le se prive pas » comme le soutenait Bastiat, a du capital qu'il prête. Il le prête,au contraire, précisément parce que ce prêt ne constilue pas pour lui une privation ; il le prête parce qu il n'en a que faire par lui-même, étant suffisamment d'ailleurs pourvu de capitaux ; il le prête enfin parce qu'il n'est ni dans son intention, ni dans sa puissance de le faire personnellement valoir, parce qu'en le gardant entre ses mains ce capital stérile de sa nature resterait stérile tandis que pour le prêt et par l'intérêt qui en résulte, il produit un bénéfice qui permet au capitaliste de vivre sans travailler. Or, vivre sans travailler, c'est en économie politique aussi bien qu'en morale, une proposition conlradictoire, une chose impossible » (i). Comme le prolétaire, l'homme qui se prive le plus, ne prête jamais, que le capitaliste qui ne se prive jamais, prête toujours, que le prêt entaché de privation n'existe pas, voilà de nouveau en sous-œuvre le principe de légitimité de l'intérêt ruiné en un tour de main, ce qui revient à poser la nécessité de la gratuité du crédit que Proudhon commence à justifier par la théorie de la Compensation.
« Supposons, écrit-il à Bastiat, que de tout le capital que j'emploie, soit sous la forme d'instru-