‹ La revanche de ProudhonChapitre 66 sur 140 · Mélanges (3c vol.). i^ Réponse à Bastiat, p. 197 et · texte numérisé non relu

Mélanges (3c vol.). i^ Réponse à Bastiat, p. 197 et

2. Mélanges (3« vol.). a« Lettre de Bastiat, p. 208. On n a pas assez insisté sur la défaite théorique de Bastiat que des gens intéressés — permettons-nous de jouer sur les mots — ont à tort considéré comme le vainqueur du tournoi, alors qu*il ne Test qu'au point de la démonstration d'impossibilité d'application pratique de la Banque mutuelliste, tandis que Proudhon dans sa théorie reste toujours d'accord avec luimême.

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lisme, le principe de non-productivité de l'argent étant admis, que c'est le prix du transport de la valeur qui constitue Fintérêt, de quel droit dirat-on,Proudhon vient-il le supprimer, puisqu'il a déjà reconnu, adoptant les conclusions de J.-B. Say, que ce même ti*ansport constituait un produit aussi réel que le blé et le vin et partant rémunérable en toute justice (i). Mais ce n'est là que reculer la question et revenir toujours au principe de compensation, car si j'échange produit contre produit, il y a, en même temps que deux objets, deux transports d'objets qui s'annulent par leur égalité. Du reste, en émettant une pareille objection on fait la part belle au Mutuellisme, on réduit la question de l'intérêt, formule résumée du problème social, à une simple question de circulation ; on reprend sans s'en douter le principe mutuelliste lui-même : que ce n'est pas le capital qui produit, mais la circulation du capital (3).

C'est ce que disait à Bastiat l'auteur de Y Organisation du Crédit et de la Circulation. Tout économiste que vous soyez, ajoutait-il en substance, vous êtes mutuelliste dans votre principe théorique. Et pourquoi ne le suiveriez-vous pas dans toutes ses conséquences ; n'ayez point peur de vous égarer, la logique vous suivra jusqu'au bout. Puisque vous admettez et la possibilité théorique de la compensation et l'improductivité du capital par la preuve a contrario de la productivité de son transport, de sa

I. Voir sapra, p. aîiSet 339 et Mélanges^ 2^ Réponse à Basliaty p. 318.

a.[Mélange8, a'' Réponse àBastiat^i^, 318.

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circulation, il est évident que celte dernière augmentant, la richesse croîtra d'autant, la faculté d'achat du producteur sera en raison directe de la proportion de ses ventes ; si bien que Iç^ produits ne s'échangéant plus que contre des produits, réchange direct, une fois établi, le prix de transport des valeurs^ actuellement dénomme intérêt, se compensant, voua l'avez admis, par une circulation pleine et active, il ne reste plus que le juste prix, Tégal échange des valeurs exactement appréciées Tune par l'autre .

Puisqu'il n'y a plus d'intérêt, de péage, de prélèvement sur les capitaux que Ton prête sans privation, ces réserves jusque-là demeurées stagnantes se prêteront d'autant plus facilement que le transport en sera gratuit, c'est.à-dire qu'un capital sera prêté, non pas pour rien, mais contre un produit d'égale importance, sans que le second échangiste ait rien à payer au premier en sus de sa marchandise. La simple faculté reconnue de donner produit contre capital (on sait déjà que ces deux termes sont identiques) fera prêter capital en vue du produit, on créditera contre un débit certain. L'échange étant égal, le prêt étant gratuit, le crédit se fond dans l'échange, créditer c'est échanger, crédit c'est encore circulation.

Et ne dites pas que, posant des principes irréalisables, prenant des causes pour justifier des effets et des etfets pour établir des causes, raisonnant seulement in abstracto, nous ne puissions pratiquement établir toutes les conditions dont le Crédit gratuit est la résultante soit : augmentation de production, de consommation amenées par l'échange direct, d'où par répercussion, la compensation des intérêts éta-

bUt régal échange. Ces conditions, il est vrai, ne f^MtaJbliront pas toutes seules, Timpulsion première, |è* eoiqp^ dft fouet donné à la circulation partira d'une institution à véw^ imbue des principes énumérés, liis^ant, s'il le faitt> par nécessité de transition, subsister des pratiques attéaiiéi^s de Tétat de choses actuel, ipais amenées à dispanAtjre le jour où Tinstitution évoluera dans toute la véfilè de son fonctionnement ; ce sei^ la Banque Mutuettisteu

Etudions le Créait gratuit dans la Baiiqpid«

Le Projet de Constitution de la Banque ct^S)(^ange pose dans ses « Principes Constitutifs » :

Art. 8. — Créditer c'e^t échanger (i).

Et l'Acte de Société de ^ Banque du Peuple porte :

Art. 9. — •.. Que toutç opération de crédit se résolvant en un échange, la prestation des capitaux et l'escompte des valeurs ne peuvent et ne doivent donner lieu à aucun intérêt (a).

Ainsi donc en société muluelliste, crédit n'a plus même signification, ce n'est plus prêt comme dans la mensongère organisation actuelle, mais échange j sa seule et véridique expression.

En effet le crédit comme l'échange ne suppose-t-il pas deux parties ? Ne provoque-t-il pas un engagement réciproque, un contrat bilatéral ? Le Mutuellisme en posant la rectification de bilatéralité amenée par la réciprocité de l'égal échange reste juste et logique en face de l'économie actuelle qui, par déviation, fait que « sous la tyrannie de l'or » le détenteur du métal « peut seul donner crédit ; lui-même

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