Solution du Problème social, p. 211 (article du 23 mai
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leur, adoicttons que votre prétendu crédit gratuit se réalise paur des gens qui peuvent compenser leurs intérêts, c'est-à-dire le prix du transport de leurs produits. P producteur échange avec P' autre producteur Acontre A' produits par nous supposés égaux ; la gpiluité du transport a pu s'effectuer, première face de la question, sans encombre parce que P était détenteur de A au moment précis ou P' disposait en toute propriété de A\ On vous demande à présent mutuelliste ! si P livrera sa marchandise contre une promesse de livraison d'un produit que P' n'a pas encore en sa possession ? Doit-on faire gratuitement crédit à quelqu'un qui ne peut réaliser l'échange immédiat? Et, corollaire de cet énoncé, doit-on assurer conformément à la justice si souvent invoquée en muluellisme, aux échanges différés et d mégale durée les mêmes avantages ? Ou pour condenser ces deux questions en une seule : le Temps^ qui est de Targent, ne doit-il pas se payer à la longueur de l'attente ? Telle est le véritable problème à résoudre.
— Autre volte face, répondra le mutuelliste. Après avoir d'abord objecté que l'intérêt était la juste rémunération du transport de la valeur — vous ne nous opposiez là, sans vous en douter, qu'un argument mutuelliste qui s'est retourné contre vous, ô économiste — changeant brusquement de position et démasquant de nouvelles batteries, vous vous écriez maintenant : c'est le temps, c'est la durée du sacrifice fait par le livreur vis-à-vis de celui qui n'a pas livré qui rend l'intérêt légitime, le crédit gratuit utopique et votre Banque impossible !
Cette objection dangereuse, traîtresse, si elle ne pouvait se ruiner, ramènerait la discussion à son
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point de départ, ferait de l'ordre actuel une * réalité inévitable, puisqu'elle maintient la division de la société en deux classes bien tranchées : les capitalistes d'un côté, échangeant leurs produits et prêtant à intérêt à ceux d'entre eux qui ont moins d'avance et les prolétaires de l'autre, qui ne pouvant faire d^échange immédiat, ayant besoin de temps pour en fournir la contre-valeur, ne pourront emprunter à intérêt et resteront prolétaires. Evidemment, dans l'ordre de choses qui nous régit, faire crédit, c'est accorder du temps et ce sacrifice ne peut être gratuit. Mais le Mutuellisme change tout cela et le temps ne peut être invoqué comme facteur d'intérêt, parce que « ce qui fait qu'on a besoin de temps, c'est la difficulté de se procurer de l'argent » (or le numéraire est écarté, nous l'avons vu, il ne s'agit que de réchange des produits) « que cette difficulté tient surtout à l'intérêt exigé par les détenteurs d'argent ; en sorte que si l'intérêt exigé était zéro, la durée du crédit serait aussi zéro » (i). La probabilité même d'un intérêt fondé sur le temps est donc écartée, l'éventualité ne s'en présentera pas, ce qui n'est * possible que par la création d'une Banque dont le peuple serait à la fois client et commanditaire au lieu de payer des intérêts à la Banque de France privilégiée, qui, avec un capital réduit, opère avec le commerce comme si le chiffre en était considérable ; en effet l'énorme différence relevée entre le capital réel de cette dernière entreprise et la cote en bourse de ses actions (a) -— augmentation fictive —