‹ La revanche de ProudhonChapitre 71 sur 140 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Antithèse

(afi terme de la Gontràdictioa).

CRITIQUE DU MUTUELLISME

Nous sortons du domaine de la théorie pour entrer dans celui de la pratique, terrains absolument opposés, manifestations contraires de l'élaboration humaine, Tune toute idéale, Tautre toute réelle, sMnfligeant constamment des démentis auxquels notre pauvre raison ne peut croire parce qu'elle cherche toujours à accrocher la légitimité d'un imprévu à une cause jusqu'alors inaperçue, et ne veut jamais avouer sa faiblesse, alors qu'il est de toute raison que la raison se reconnaisse et avec elle la contradiction immanente en toutes choses, comme par exemple, dans le cas qui nous occupe, l'antinomie fondamentale de la théorie et de la pratique lance à corps perdu la première dans Vabsolu^ tout en retenant la seconde en deç!i des bornes du relatif. — Vous raisonnez imperturbablement, vous êtes un dialecticien merveilleux, disait en substance Bastiat

à Proudhon, mais à quoi peut servir votre discussion si dans les Jaits elle ne peut avoir aucun résultat. Vous vous enfermez, sans jamais vouloir en sortir, dans « ce cercle vicieux qui consiste à supposer la gratuité pour la réaliser » (i) En deux mots, cet économiste, qui n'était pourtant pas un hégélien, établissait Topposition entre la supposition ou hypothèse théorique et la réalisation ou application pratique et mettait à découvert le vice fondamental des spéculations proudhoniennes. Hélas ! oui, dans les faits, le Mutuellisme s'est montré, malgré sa séduction, peu réalisateur devant les obstacles accumulés de l'économie actuelle et de la tradition. Parler de cette résistance, sera faire la critique de la théorie mutuelliste^ nous réservant de montrer plus tard dans la partie réservée à la Balance de Vabsolu et du Relatijy qu'on peut faire à l'application de la théorie, par un système d'adaptations mieux comprises, une plus gronde place que celle qui lui est actuellement parcimonieusement mesurée.

Nous n'avons plus qu'à reprendre un par un tous les articles développés dans l'exposition du Mutuellisme et en faire la critique au point de vue pratique (2).

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