‹ La revanche de ProudhonChapitre 74 sur 140 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

BANQUE MUTUELLISTE

Elle ne peut pratiquement pas s'établir sans capital . — A ses billets gagés par les produits, la garantie de soUdaire responsabilité des adhérents ne suffit pas. — Il ne faudrait rien moins, pour rendre ce papier acceptable, que d'en faire décréter par l'Etat, le cours forcé. — Contradiction de la théorie et de la pratique .

Comment se forme la Banque ? Quel est son capital ? Comment se fait l'émission de ses billets ? Puis, quelles sont les conséquences résultant d'un pareil établissement ? — Telle fut, sous la même rubrique, l'économie adoptée dans le chapitre correspondant

r. Article du 4 niai : Aux patriotes {Mélanges, i^ vol.).

de la deuxième partie (Exposition du Mutuellisme) que nous allons encore suivre pas à pas pour sa critique. Abordons la Constitution de la Banque.

A cette première question : Comment la Banque va-t-elle se créer (i)? nous avons trouvé deux réponses. Elle se crée :

i^ Par intervention de TEtat

Ou bien 20 par convention passée entre producteurs intéressés à une pareille entreprise.

Proudhon veut bien que par décret, la Banque de France devienne Banque d'Echange nationale/tnais restant d'accord avec ses théories antiétatistes, il n'admet pas que l'autorité intervienne ni directement ni indirectement dans son fonctionnement. Cette entreprise doit être indépendante (i) (art. 54 et 55 du Projet de Banque d'Echange) laissant toute liberté aux soussignés adhérents aux statuts de l'Acte de Constitution. C'est donc revenir à la simple convention entre intéressés.

Toute association économique se créant en vue d'un profit, ce dernier facteur apparaît dans la Banque mutuelliste sous la forme d'échange direct qui, supprimant l'intermédiarité, augmente la consommation et assure ainsi de plus gros bénéfices aux producteurs associés. Jusqu'ici, rien à redire à un simple acte de volonté, de liberté. Dès que des gens s'associent pour un but qu'ils croient réalisable, on ne peut leur ôter les moyens d'expérimenter leurs illusions et de reconnaître leur erreur. Reste à examiner maintenant sur quelles assises s'élève l'entreprise mutuelliste.

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