‹ La revanche de ProudhonChapitre 90 sur 140 · Mélanges (3* vol.), p. 276, 5« lettre · texte numérisé non relu

Mélanges (3* vol.), p. 276, 5« lettre

a. Mélanges (3* vol.), a* Lettre de Bastiat, p. aïo.

est payé d'un seul coup par son salaire, tandis que le capital, travail passé, ne Test jamais que par parcelles, par tous les individus empruntant directement ou indirectement son secours (i), et CQla pour une durée illimitée, si bien que le capital peut être remboursé plusieurs fois sans que son service arrive jamais à être gratuit.

Et pourquoi cette rémunération du capital estelle fractionnelle et non pas intégrale comme pour le travail actuel ? Parce que c'est pratiquement et matériellement impossible et que de plus ce serait profondément injuste. Interrogeons Bastiat : Il nous fournira l'exemple démonstrateur. « Un laboureur a un champ rendu presque improductif par la surabondance d'humidité. En homme primitif, il prend tous les matins un vase et va épuiser l'eau qui noie ses sillons. Voilà un travail excessif; qui doit le payer ? évidemment l'acquéreur de la récolle. Si l'homme n'avait jamais imaginé d'autre procédé de dessèchement, le blé serait si cher, quoiqu'il n'y eût pas de capital à rémunérer (ou plutôt parce que) que l'on n'en produirait pas ; et tel a été le sort de l'humanité pendant des siècles.

Mais notre laboureur s'avise de faire une rigole. Voilà le capital qui paraît. Qui doit payer les frais de cet ouvrage? Ce n'est pas l'acquéreur de la première récolte. Gela serait injuste puisque la rigole doit favoriser un nombre indéterminé de récoltes successives » (2). En effet, si le prix de la rigole ou

1 . On i)eut dire que tous les consommateurs d'un même produit paient dans leur prix d'achat l'intérêt du capital mis en œuvre j)ar le fabricant.

Page 1