oir supra, p. 281 et
2. Il y a une très belle page de Bastiat sur le loisir. Voyez : Mélanges (3« Vol..) o? Lettre, p. 211.
du Mutuellisme : Tintérët est illégitime parce que dans la nature il y a identité du produit net et du produit brut.
Le développement de cette idée, plus haut exposé (i), se réduisait en substance au raisonnement suivant : la nature e^t riche par la force créatrice qui est en elle ; en un mot parce qu'elle produit tout du néant, de rien. En produisant, elle ne bénéficie pas. Sur quoi bénéficierait-elle ? Sur elle-même? Bénéficier serait donc pour la nature synonyme de repos, d'arrêt dans la production, d'appauvrissement. Il en est de même pour la société qui, si elle bénéficiait, devrait prendre au delà de son travail ce qui ne peut être produit que par le travail, conclusion absurde. Comme la nature, la société ne vit que par et pour elle-même ; et l'individu qui est à la société comme la partie est au tout, doit encore comme elles présenter la même identité du produit brut et du produit net, ne jamais réaliser de bénéfices, sa puissance de travail ne dépassant pas les bornes de ses besoins et ne satisfaisant qu eux. S'il en était autrement, le non-travail deviendrait un droit à la fois monstrueux et respectable d'où sortirait l'extraordinaire conclusion que tel individu, tel groupe, a telle nation a plus de revenu que son travail n'en peut produire » (2).
Pour réfuter un pareil raisonnement, la critique orthodoxe appuyée sur les faits, reprendra, usant toujours de la même tactique, l'argument de Proudhon, le fera sien et aboutira, grâce à lui, à la conclusion contraire : la légitimité de l'intérêt.