REVISION DE LA CONCEPTION ANCIENNE
L'étude résumée que nous venons de faire des phénomènes rassemblés par les anciens dans la dénomination commune d’encéphalopathie,nous frappe, malgré les efforts de classification et de simplification apportés par Tanquerel des Planches, par le grand luxe de symptômes et de formes parmi lesquels il est facile aujourd’hui de faire une discrimination. Parmi les troubles groupés par Tanquerel, il en est qui doivent être rapportés à l'alcoolisme, à l’hystérie, à l’urémie, enfin aux hémorragies cérébro-méningées.
L’alcoolisme
Rechercher les signes cérébraux de l'alcoolisme chronique dans l’encéphalopathie, c’est faire le procès de la forme délirante.
Nous ne reprendrons pas la description de ce délire,
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mais nous rappellerons qu'il se présente sous deux formes : le délire tranquille et le délire furieux ; et si nous analysons leurs signes nous voyons que le premier est un délire onirique sans suite et sans cohésion, avec les phénomènes d’excitation ou de pression, à de prédominance hypocondriaque.
Les facultés intellectuelles sont touchées, cependant on peut fixer l'attention des malades par une insistance énergique et les sortir de leur délire, ce qui est encore un signe du délire de rêve. Désorientés dans le temps et l’espace, ils reconnaissent mal leur entourage.
Dans la description nous notons encore de l’automatisme somnambulique, des hallucinations visuelles effrayantes, auditives confuses, un léger tremblement.
Or tous ces signes appartiennent au délire alcoolique subaigu, aucun signe n'est spécial au saturnisme.
Plus grande est la ressemblance dans le délire fu: rieux, où nous constatons la grande excitation du délire hallucinatoire aigu, rappelant uneexcitation maniaque intense avec cris, jurons, menaces, agitation fu: rieuse etdiscours interrompus el incohérents, avec parfois quelques intervalles lucides. Les membres mal assurés, agités de tremblement, la face agitée de contractions spasmodiques, nous rappellent étrangement l’alcoolisme. De même les hallucinations effrayantes multiples (dont les anciens, n’ont malheureusement pas analysé les caractères) les illusions, d’anesthésie cutanée.
Il va donc une analogie complète eñtre les délires saturnins tels que les classiques nous les décrivent et
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les délires alcooliques : le délire tranquille correspond à la psychose alcoolique subaiguë, le délire furieux à la psychose alcoolique aiguë. Et l’on est fortement tenté de croire non à une ressemblance mais à une similitude complète lorsqu'on considère la fréquence de l’alcoolisme chez les ouvriers travaillant le plomb. Ceci n'a d'ailleurs échappé à aucun observateur consciencieux et Tanquerel des Planches lui-même disait : «Le deli- » rium tremens offre la plus grande ressemblance avec » le délire produit par le plomb . La difficulté du dia- » gnostic est d'autant plus grande que dans certains » cas les ouvriers qui travaillent les préparations sa- » turnines, surtout les peintres et les cérusiers sont » adonnés à l’ivrognerie ».
Si cette observation est à l'honneur du médecin qui l’a faite, elle affaiblit singulièrement la conception qui fait du délire chez les saturnins, une forme, et la principale, de l’encéphalopathie. Et nous concluons à ceci : Etant donné d’une part la fréquence de l'alcoolisme chez les saturnins “et d'autre part l’absence de tout signe distinctif, il ne faudra conclure à délire saturnin, délire d’origine toxique, qu'après recherche soigneuse et en l'absence des antécédents et des stigmates alcooliques.
L'Hystérie
Au cours de notre rapide étude historique, nous avons vu qu’à l’époque de Debove et de Charcot, l’hystérie envahissante menaçait de faire disparaître l’encéphalopathie, et que ces deux grands cliniciens englo-