‹ La Revision Des Dommages De GuerreChapitre 6 sur 42 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La pratique de la loi du 17 avril 1919.

La France a remporté la victoire de haute lutte mais au prix de quels sacrifices ; lors de l’armistice lPAllemagne laissait dans la désolation et le dénuement le plus complet les dix départements les plus riches, la Nation se devait de panser ses blessures et reléver les ruines, faire renaître la vie où pendant quatre ans la mort avait régné. Cette œuvre de reconstitution, l'Etat comprit de suite qu'il devait l’entreprendre au plus vite, de la célérité dépendait en effet la reprise presque entière de la vie économique du pays. Quelques chiffres suffiront à montrer l'étendue du désastre : les dix départements du Nord comprenaient une popu-

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lation en 1914 de 4.690.183 habitants, en 1918 au 197 novémbre cette dernière était tombée à 2.075.067; 289.147 maisons avaient été détruites, 164.317 irès endommagées, 258.119 endommagées, 22.900 usines détruites ; 3 millions 306 hectares de terres bouleversées élaient à remettre en état, sans parler des quelques 333 millions de mètres cubes de tranchées à combler et des 373 millions de mètres carrés de réseaux de fils de fer barbelés à enlever. Au point de vue du cheptel, en 1914 ce dernier se décomposait comme suit :

Bovins 890 084, chevaux 412.720, ovins 958.308, porcs 357.013 en 1918 il ne restait que :

Bovins 55.101, chevaux 37.116, ovins 82.490, porcs 24.600.

En ce qui concerne l’état des routes après guerre, 53.380 terres étaient à refaire ainsi que 4.677 ouvrages d’art, 2 260 kilomètres de voies ferrées d'intérêt local à reconstruire. L'ensemble des dommages causés aux particuliers a pu être évalué environ de 80 à 90 milliards de francs. Devant un tel désastre et confiant dans le recouvrement de sa créance sur l'Allemagne, l'Etat se mit en devoir de faire face provisoirement à l’œuvre de reconstitution, dès 14920 le budget spécial des dépenses recouvrables alteignait le chiffre quasi astronomique pour l’époque, de 45 milliards 288.296 francs. On ne pouvait certes pas attendre les versements dus au titre des répärations pour loger les courageux sinistrés qui par amour du sol nala! étaient retournés en grand nombre parmi les ruines ; cette politique dont le but n'est pas critiquable devait compromettre gravement nos finances publiques. De conférence en conférence, la France abandonna une partie de sa créance évaluée à 218 milliards de francs à la commission des réparations en 4921 ; la thèse du forfait triompha et il fut convenu que l'on ne réclamerait pas à l'Allemagne les frais de guerre ni l'intégralité des créances ; de fait notre créance fut réduite de 218 milliards à 68 milliards 640 Sur un total de 1432 milliards réclamés ; la nation entière devait donc en définitive supporter la quasi intégralité des frais de reconstruction. Mais les avances faites par le pays si lourdes qu'elles aient été ne tardèrent pas à porter leur fruit, peu à peu dans les campagnes désolées, la vie renaissait, l'herbe avait repoussé, dès 1923 29 000 usines étaient ouvertes à nouveau, 3 millions d’heclares remis en état, 588.000 maisons reconsiruiles, les impôts

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